‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 181 sur 390 · Ed. de 1713, t. II, c · texte numérisé non relu

Ed. de 1713, t. II, c

f). Sermons, Genève 1708, 12, serm. 3, Bayle avait inauguré les Nouvelles de la république des lettres par un article en faveur de Van Dale. 1684, art. 1.

7. V. sur cette agitation : Lanson, R. des cours, 3 déc. 1908, p. 151, Le document essentiel est la correspondance de l'abbé Renaudot avec le maréchal de Noailies, où il demande des mesures répressives ; pp. Léon Pélissier, R. h. l. 1899, dern. fascicule.

8. 1067-1713 ; fut recteur de divers collèges et bibliothécaire à Reims. Il y

à l'Histoire des oracles, publiée en 1707, rétablit les deux points contestés : les oracles sont l'œuvre des démons, ils ont cesse par le pouvoir de J.-C. et non par les édits des empereurs.

L'auteur, très déférent dans sa préface, devient vite mordant, soit par l'effet de son tempérament fougueux, soit qu'il sente chez Fontenelle la sournoise incrédulité (1). Il discerne fort bien la connexion du mépris des anciens et du mépris de la tradition

sacrée.

Lisant le grec, il se donne le plaisir de relever les petits contresens de son adversaire, qui dit par exemple d'après Eusèbe : « 600 personnes entre les païens avaient écrit contre les oracles » sans voir que le sexcenti de la traduction latine rend le auptoiv de l'original, c'est-à-dire un grand nombre. Un point faible de la démonstration de Fontenelle est qu'au lieu d'expliquer la cessation des oracles par le déclin général du paganisme, il invoque la ruine matérielle des temples. Baltus le convainc d'inexactitude : Plutarque dit que Delphes était plus magnifique que jamais (2).

Mais sa critique est dans l'ensemble bien infirme. Il avance sans sourciller qu' « en matière d'autorité le plus grand nombre doit toujours l'emporter », et pense que l'homme incline à l'incrédulité parce qu'il y a de la peine à croire. Il garde une confiance antique dans le secret des demandes posées à l'oracle par billets cachetés et admire que les consultants eussent des songes en rapport avec leurs soucis. Sa démonstration procède volontiers de l'inconnu à l'inconnu : les oracles sont bien une production des démons puisqu'ils s'accompagnaient de magie, qui est proprement l'œuvre démoniaque. L'activité présente des esprits malins et la puissance de l'église contre eux permet de raisonner par analogie dans le passé. Pour affirmer leur intervention, les Pères avaient le témoignage de l'Ecriture, de leurs sens, des oracles mêmes. Fontenelle se prévaut de leur longue durée après J.-C. Mais leur disparition suivait la prédication graduelle de l'évangile (3) ; ils

avait eu une réfutation de Van Baie par le théologien allemand Georg Mœbius dans la 3- édition de son Tractatiis théologiens de oracuiorum origine, propaqatione et dûratione, 1685 ; une autre anonyme à Amsterdam en 1699.

1. « Donnez-moi, dites-vous, une demi-douzaine de personnes à qui je « puisse persuader que ce n'est pas le soleil qui fait le jour, je ne désespère- « rai pas que des nations entières n'embrassent cette opinion, — Je ne sais « pas trop. Monsieur, ce que vous prétendez par là ni si c'est aux oracles « seuls à qui vous en voulez. Ce qui est de vrai, c?est que je connais W « personne très habile et très éclairée qui, ayant vu cet endroit de votre livre, « y a trouvé je ne sais quel venin caché qui lui a déplu infiniment >>. P. 169.

Page 1