VI. — Apologies particulières
En dehors de ces apologies générales, d'autres défendent un seul point plus particulièrement menacé, soit un fort avancé dont la possession n'est pas essentielle, soit un des gros ouvrages qui commandent la place elle-même.
Parmi les arguments subsidiaires tirés des Pères, celui de la Le silence cessation des oracles païens était en honneur dans l'Eglise, des oracles Hollin, dans son Histoire ancienne (1), parle encore comme Cyprien. UHistoire des oracles (2) de Fontenelle, sans jamais aborder la polémique directe, ôte à l'apologétique un de ses appuis, insinue que la religion chrétienne s'est établie sans miracle à l'aide du bras séculier, rend suspecte l'action et par suite l'existence des démons que l'Eglise exorcise encore, ébranle l'autorité des Pères, très haute aux yeux des catholiques, inspire un mépris général de la tradition, suggère l'identité fondamentale des religions établies sur le merveilleux et sur des témoignages incontrôlés, assimile les prêtres à des charlatans et les fidèles à des dupes, — et par-dessus tout cultive chez le lecteur l'esprit d'exactitude et de critique.
Les protestants admirent assez facilement l'explication « humaine » des oracles. Jaquelot dans « l'Existence de Dieu » (3), La Placette dans son « Traité de la foi divine » (4) renoncent à l'argument qu'on en tirait. Basnage dans ses « Antiquités judaïques » soutient la thèse de l'imposture (5), le pasteur genevois BiiUni triomphe de cette imposture pour rehausser par contraste les miracles de J.-C. (6). Respectant peu les Pères et ne croyant guère aux démons, leur mérite était mince.
Mais chez les catholiques l'horreur fut grande. Fontenelle, malgré son crédit, faillit être inquiété (7). Le réfuter, c'était une autre affaire. Le P. Baltus S. J. (8) s'y essaya 20 ans après. La Réponse
1. 1730-38, 13 v. 12. « Dieu pour punir l'aveuglement des païens permit quelquefois que les démons rendissent des réponses conformes à la vérité ». I, 387. V. Cyprien : « De idolorum vanitate ».