‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 202 sur 390 · Strasbourg 1719, gr · texte numérisé non relu

Strasbourg 1719, gr

.3. V. VEpttre dédicatoire des Œuvres de Platon traduites par Dacier. 4>. Jugement des Saints Pères, p. 6.

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morale païenne, ne l'ont jamais égalée ni même comparée à l'évangélique. Les Païens, disent-ils, n'en ont pas connu les Vrais principes, car ils concevaient très imparfaitement Dieu, son unité (1), sa toute puissance, sa justice et sa miséricorde difliciles à bien entendre sans la Création et la Chute. Et cela, parce que l'orgueil leur faisait croire que l'homme se sufïit. Leurs préceptes sont identiques aux chrétiens, à trois différences près : 1. ils rapportent les vertus à la vie présente, les chrétiens à la vie éternelle ; 2. ils règlent seulement l'extérieur, les chrétiens : les pensées et les désirs ; 3. leur principal motif est la gloire.

Leur amour du prochain laissait à désirer. Cicéron exclut les pauvres de l'hospitalité et permet la vengeance. Julien veut remédier à l'abandon général des pauvres dans le paganisme. Une lettre de Denys d'Alexandrie oppose la cruauté païenne et la charité chrétienne dans la peste qui éclata sous Gallien.

En politique, « il faut reconnaître la différence infinie des « conjectures des philosophes et d'une doctrine qui a réformé les « mœurs de tous les hommes et changé la face de tout l'univers ».

La morale philosophique est-elle donc de nul usage ? Non, les Pères la faisaient servir de préparation et de repoussoir à la morale chrétienne. Elle nous apprend l'état pitoyable du monde avant J.-C, qui devait selon les prophéties détruire la sagesse païenne. Il ne faut pas, comme certains modernes, appeler vices les vertus des païens ; il ne faut pas non plus les exalter. Si l'on se nourrit d'eux, on peut perdre la foi.

Cet ouvrage est le meilleur que Baltus ait écrit, le plus équitable et le plus modéré. Il n'est pas systématiquement injuste envers les païens ; il voit seulement le danger de leur commerce et des idées qui circulent sur leur valeur.

En fait, ce n'est pas la morale de Platon et de Cicéron telle quelle qui va évincer la morale chrétienne dans beaucoup de libres esprits, c'est la morale de Platon et de Cicéron enrichie des préoccupations sociales que le Christ a mises dans les cœurs, et qui échappe ainsi à quelques-unes des plus solides critiques de Baltus. Selon le mot de Gœthe le progrès se fait en spirale ; il coupe plusieurs fois la même ligne mais non pas au même point.

La supériorité de la morale était la haute retraite des défenseurs de la foi. Il n'y a plus maintenant aucune muraille inviolée (2).

1. Dacier substitue dans sa traduction Dieu à dieux. Si ceux qui font des recueils des beaux sentiments des philosophes les présentent comme des perles trouvées dans le fumier, fort bien ; mais il ne faut pas dissimuler leurs erreurs pour faire croire leurs ouvrages irréprochables. (L. 1).

2. Les mouvements d'idées étaient déjà européens. Deux ans après l'ouvrage de Balltts, en 172t, le philosophe Wolf remettant le rectorat de Halle entre les

DE BAYLE A VOLTAIRE

Tous les efTorts de l'adversaire dans la période que nous venons d étudier tendaient à détruire le privilège de la religion chré- IZT 1 1f ^'H^^ '.''"^ ^""^^"^^ "»"* ''Eg"^«' «^«" hérité, d'un

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et de la damnation, ici celui de la lumière et du salut. Voltaire

i:intTeZZ "■" '" '™" <l- l'attaque est déjà sur tous les De tous les ouvrages que nous venons de passer en revue

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difl^nt r" ' '""î "'""^^ '" productions plus partLlièremen dtti rT,"^ ' '"■'"°"'' **" rt«o/,on(l), qu'achète sans doute la clientèle pieuse, nous ne trouvons que deux auteurs vraiment originaux a qui le public ait fait un succès : Houteville (2) et Leclerc (3). pour son Traité de V incrédulité. Les ouvrages courus sont ceux dont le fond très banal est présenté sous une forme

E 6) Z ""'^f^':, *=-^ ^^ ^«P-(4), Lombard (,). Isaal Jap.n(6). ce médiocre. 11 y a là un signe du temps. Les lecteurs deviennent frivoles ; il ne faut plus les ennuyer. •

TJZL1^V^^\?\V, '^"'l" ^ "'""f"'" «'^* «uP^rteure à toute, était accusé d'fffalii. î '"«"o»* »<»>•««« «» roi des remontrances où Wolf r,hîL t , r les arguments apologétiques les plus importants Le

ce Sr ^Ln'i^r" •"* ''''''" *" "''■ - «"' '" ^o-" <»» débâTrulevé dan: ce dernier chapitre, on peut consulter l'intéressante apologie moderne de Dufourcq : . L avenir du christianisme ., 1~ part., 3» éd. Bloud im.

3.' 1696 17U 1722 1,,,' ? T '" *'?". '^°°*"l*>-«ble pour un gros ouvrage.

3. ib»b, 1714, 1722, 1733, trad. en anglais et hollandais 1697.

1073 1679 7«^^^*''""™L? sont imprimés ou réimprimés séparément en 1672, m/d, ib7», 1683 ; ensemble en 1695, 1709, 1725.

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