‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 203 sur 390 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Des Lettres philosophiques à l'Encyclopédie

Les livres subversifs se multiplient

Si les ouvrages destructeurs du christianisme étaient rares ou restaient manuscrits dans la période précédente, ils vont se multiplier sous le gouvernement peu tyrannique de Fleury, puis avec la complicité de la Pompadour.

En dehors de toute polémique, le médecin Astruc (1) fait faire à la critique biblique un progrès capital. Leclerc, Simon, Tabbé Fleury, Le François s'étaient diversement écartés de la croyance orthodoxe touchant la composition du Pentateuque. Ce laïque, abordant Tétude de la Genèse avec un esprit libre de toute érudition théologique, avait remarqué Talternance des mots Elohim et Jéhovah servant à désigner le Dieu d'Israël. Il en fit le signe distinctif de deux sources parallèles qui se mêlent dans le récit sacré : le document élohiste et le document jéhoviste. Redoutant le danger qu'une telle hypothèse pouvait faire courir à la foi, Astruc différa jusqu'en 1753 la publication de ses Conjectures sur les mémoires originaux dont il paraît que Moïse s'est servi pour composer le livre de la Genèse {2),

Peu importe qu'en faisant Moïse rédacteur de la Genèse et auteur des autres livres du Pentateuque, il marque un recul sur

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1. Fils d*un pasteur de Sauve (Gard) converti après la Révocation, Astruc (1G84-1766) fut professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, puis à celle de Paris. Il étudia surtout les maladies des organes de la génération. Ses préoccupations religieuses et théologiques se firent jour dans des Dissertations sur l'immatérialité et l'immortalité de Vàme (Paris 1755, 12). — Outre les 2 sources principales de la Genèse, il isolait un S" récit parallèle où Dieu n'est pas nonrnié, cl 9 autres documents étrangers à l'histoire du peuple élu et que Moïse aurait empruntés aux traditions des peuples voisins. Astruc croyait, contrairement aux critiques ses prédécesseurs, que Moïse avait juxtaposé, non fondu, ces divers éléments. On avait après lui brouillé Tordre parallèle dans lequyel il les avait disposés, de là des antichronismes choquants.

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