IV VI
4 V.'par exemple le parti qu'en tire l'ajiteur inconnu des « Sentiments des philosophes sur la nature de Vâme », dans le recueil intitulé : Nouvelles libertés de penser, AmsL 1743, 16. Dangeau, Lamy (Connaissance de soi-même), Bayle (art. Leucippe) avaient déjà montré que l'idée de maUère pensante est contradictoire. „ , T, 1.J
5 S. l. 1733. 8«>. L'auteur. Fr. Mich. Chrétien Deschamps, d'après Barbier, répond à la satire « ayant noyé les pères. Dieu veut mourir pour les enfants », que nous ne sommes pas les fils des noyés du Déluge. Son meilleur argument est que la religion donne le bien suprême à Pâme et rétablit l'ordre en soumettant la chair à l'esprit et l'esprit à l'Eternel.
Le CoqiDy polygraphe rouennais, défend Huet en invoquant Philon et Josèphe. Il ne justifie pas l'argument du pari, la parousie du Christ, le double sens des prophéties. Tout au plus montre-t-il que Voltaire n'a rien compris à l'angoisse de Pascal et aux 3 ordres de grandeur qualifiés de galimatias. Mais il gémit de voir le penseur qui a confondu les plus beaux génies de son temps en butte au « panégyriste de la Le Couvreur » (2) et d'entendre un poète de théâtre « vomir » sur le Crucifié des blasphèmes dignes des Japonais.
Molinier (3) répond sur le sujet de la matière pensante que toutes les combinaisons de la matière ne font que du mouvement. Il reproche au déiste, qui cherche l'origine du mal dans la nature, de faire Dieu auteur direct du péché. Voltaire se contredit quand il affirme d'une part que nous dépendons de l'air et des aliments, de l'autre que la raison nous gouverne.
Boullier (4) fut un critique moins superficiel.
Fils d'un pasteur réfugié, pasteur lui-même à Amsterdam puis à Londres, David Renaud Boullier était le type du protestant conservateur. Il devait pendant 40 ans lutter contre l'esprit philosophique dans son église et au dehors, par des ouvrages laborieux où l'on sent beaucoup de conscience et pas mal de candeur. Au moment où il s'attaque à Voltaire, il avait déjà publié une dissertation latine sur VExistence de Dieu (1716) et un Essai philosophique sur Vâme des bêtes (1728). Quand paraissent les Lettres anglaises il court au plus pressé, c'est-à-dire à la réfutation de Locke, car si la matière peut penser c'en est fait de la religion. Il publie dans la Bibliothèque française (5) des Réflexions sur quelques principes de la philosophie de M. Locke à Voccasion des Lettres philosophiques de M. de Voltaire, où il exprime son étonnement de voir le poète français se ranger « dans la classe
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1. « Réponse on critique des Lettres philosophiques de M. de V. *** par le R. P. D. P. B. **, Basle (Paris) 1735, 12. V^ sur l'attribution Quérard : « bibliographie voltairienne » p. 121, n® 578, Desnoireterres II, p. 41 n. Une réplique à cette réponse parut dans la Bibliothèque française 1735, t. 22 pi. 38. L'auteur> de Bonneval, y défend surtout Locke. Le Coq écrivit depuis des ouvrages d'histoire.
3. Lettres servant de réponse aux Lettres philosophiques sur les Anglais (an.) s. 1. 1735, 12. L'abbé Jean Baptiste Molinier se fit jin nom comme prédicateur sous la régence. On a de lui 14 volumes de Senmons (Paris 12, 1730 sq.) où l'on relève 10 discours apologétiques sans grande originalité. V. Bernard : « Le Sermon au xviir siècle » p. 54 et| 575. En 1734 il en publia 2 à part : 11^ ei i2« Discours contre les impies du temps et les fondements de l'impiété moderne. Paris 12. V. Mém. Trév. mai 1735. 882^ Lanson R. h. 1. avr,-juin 1912,
4. Né à Utrecht en 1699. mort en 1759. V. la liste de ses, ouvrages dans la France protesitante.