‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 211 sur 390 · Locke · texte numérisé non relu

Locke

et Tempi-

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pas encore que le sensualisme à la Locke, le pyrrhonisme à la Bayle, l'optimisme à la Bolingbroke sont aux mains de Voltaire des armes, non des principes. Il se rit des coups qui n'atteignent pas chez lui des convictions (1). L'abbé Duhamel essaiera bien vainement de le mettre en contradiction avec lui-même (2).

D'autres apologistes ne virent dans les Lettres anglaises que l'amorce du matérialisme, et Locke seul fut en butte à leurs coups.

Le P. Tournemine, directeur des Mémoires de Trévoux, publia dans son journal une Lettre sur l'immatérialité de Vâme et les sources de l'incrédulité {3). L. Racine, répondant en vers à une lettre élogieuse de J.-B. Rousseau sur son poème de la Religion (4), rangeait le dévot Locke parmi les fauteurs d'impiété, avec l'optimiste Pope et le sceptique Bayle. En 1754 le janséniste Troyat d'Assigny (5), publiant une anthologie apologétique tirée de S. Augustin, la faisait précéder d'un discours contre Spinoza, Leibniz et Locke, tous trois négateurs du péché. L'hypothèse de Locke, dit-il, apporte un nouveau renfort au panthéisme : la pensée n'est plus un être à part, c'est une modification de l'être universel, la Matière. Mais comment la matière divisible aurait-elle pu inventer les arts et les sciences qui impliquent l'unité de conception, les mathématiques qui exercent la faculté de comparaison, l'idée de l'infini ?

En 1757 encore, Hayer démontrant la spiritualité de l'âme (6) considérera Locke comme le père du matérialisme. Le philosophe anglais ne méritait pas cet excès d'honneur. Nous devons croire cependant, puisque les contemporains l'affirment, qu'il eut sa part

1. Dans les Pièces philosophiques et littéraires (1759) Boullier réfutera quelques nouvelles critiques de Voltaire contre Pascal, On trouvera l'indication des autres o,uvrages ou des articles de journaux que les Lettres philosophiques suscitèrent dans l'édition critique de Lansow : Introd. t. I, p. XXIV, ou dans notre Bibliographie. Ils ne disent rien de plus que ceux qui nous ont arrêté.

2. Dans les Lettres flamandes ou histoire des variations et contradictions de la prétendue religion naturelle, Lille (Auxerre) 1752-53, 2 pet. 12 ; 2" part. Mons 1754, 12 ; éd. complète Lille 1755, 12. Il y a 14 lettres contre Pope et Voltaire, el 14 contre l'abbé de Prades.

3. Oct. 1735. L'auteur avait précédemment donné des Réflexions sur l'athéisme, à la suite du Traité de l'existence dé Dieu, de Fénelon,

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