‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 222 sur 390 · II. — L'infiltration du rationalisme dans les églises · texte numérisé non relu

II. — L'infiltration du rationalisme dans les églises

L'esprit de Bayle n'a pas cessé de cheminer dans le protestan- i. Marie tisme. Tandis qu'il s'épanouit hors des églises dans le rationalisme Huber

irréligieux, il donne naissance dans les âmes religieuses à un et le ratiorationahsme chrétien qui peut unir la ferveur piétiste du cœur nalisme a une entière liberté de pensée.

Marie Huber est le principal représentant de cette lignée de rationalistes pieux qui, sous la pression du siècle, achèvent 1 évolution commencée par les Lacroze et les Pictet, rendent la religion de plus en plus intérieure en rejetant tout magistère extérieur, pour reconnaître la seule autorité de la conscience et des expériences de l'âme.

Les chrétiens traditionnels repoussent ces indépendants et les penseurs irréligieux ont une tendance à les tirer à eux (2). Mais Ils sont réfractaires à l'assimilation, le plus souvent par leur mysticisme (3), c'est-à-dire par l'état d'âme qui distingue radicalement les âmes religieuses des autres : la croyance à une relation personnelle avec la divinité ; quelquefois seulement par leur croyance à une mission privilégiée du Christ, par le rôle qu'ils lui attribuent dans l'histoire et dans leur vie, par leur attachement à un culte extérieur.

Marie Huber naquit à Genève en 1695, la deuxième de 14 enfants. Elle était sœur du futur abbé Huber, du peintre Jean Huber, qui fixa quelques scènes de la vie privée de Voltaire et qui fut un des premiers, après l'invention des ballons, à étudier

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