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esp%J'fort% rln^r''' ^^'v'' ^^' ^'^'''''' ^^"^ ^' Catalogue raisonné des esprits forts. Il réduit sa religion au « pur théisme, tel que les Noachides le pratiquèrent avant que Dieu eût daigné de faire un peuple^héH ». .J. c est le cas de Lacroze par exemple.
le vol des oiseaux de proie (1), — et tante du naturaliste François Huber, l'observateur des abeilles (2). Sa famille était piétiste : de Lyon où elle s'établit en 1711, elle entretenait des relations avec les mystiques allemands, suisses et anglais. Un grand oncle de Marie, le mathématicien Nicolas Fatio, ami de Newton, fréquentait à Londres les cénacles d'inspirés cévenols et entretenait par ses lettres, chez ses neveux, l'exaltation religieuse. A l'instigation d'un de ces inspirés, Pages, Marie part à 22 ans pour aller convertir Genève, pendant que deux de ses petites sœurs ont des extases. Elle est fort mal reçue par le clergé et commence à douter de l'autorité ecclésiastique. Entre 1722 et 1731 elle se détache par degrés de l'orthodoxie, puis elle publie ses apologies rationalistes qui n'ont plus de piétiste que le ton (3). Elle semble avoir subi l'influence de Béat de Murait l'auteur de l'Instinct divin recommandé aux hommes (1727) et des Lettres fanatiques (1739) (4).
On sait que le piétisme, renaissance de la vie religieuse qui se fit sentir en Allemagne à la fin du xvir siècle, à l'instigation de l'alsacien 5pener(5), avait trouvé un terrain particulièrement favorable en Souabe. Il s'était répandu de là à Bâle, à Zurich et à Berne et n'avait pas tardé à gagner la Suisse romande, où Mme Guyon comptait des disciples fervents (6).
C'était une protestation de la foi vivante et pratique contre le dogmatisme théologique stérile et froid. Le piétisme distinguait l£) religion de la théologie et de l'église ; il tendait à l'identifier
1 Note sur la manière de diriger les ballons et sur le vol des oiseaux de proie. Mercure de France, 13 déc. 1783. Observations sur le vol des oiseaux de
proie, Genève 1784, 4«.