Nouvelles observations sur les abeilles, 1792, 2 v
3. S<^n premieî- écrit « sur le Jeu et les Plaisirs « (1736) était d'édification pure. Nous résumons ici la partie biographique de la thèse de G. A. Metzger : « Marie Huber iî695-1753) sa vie, ses œuvres, sa théologie », Genève 1887, 8®. V. E, Ritter : « La jeunesse et la famille de Marie Huber », 9* vol. des Edrennes chrétiennes, Genève 1882. et un) intéressant article dui même sur les lecture» de Marie : Pope, Addison etc.. dans l'Alliance libérale, n^ du 21 juil. 188.3. Genève Fuog. L'auteur a bien voulu ;ious le communiquer.
4. Londres, 2 t. 12. V. la 4" lettre du t- II, sur la Religion naturelle, p. 113- 62. P. M. Masson a résumé les idées de Murait dans « La religion de J.-J, Rousseau », t. I. 211, 226. 276. , « ^ * » „
5. Né à Ribeauvillé (1635), Spener étudia la théologie à Strasbourg, fut pasteur à Strasbourg, à Francfort sur le Medn, à la cour de Dresde, puis à Berlin où il mourut en 1705. Il fut chargé par l'électeur de Brandebourg d'organiser la faculté de théologie de Halle, qui devint le principal foyer du piétisme. Spener fondait dans les églises où il passait des collegia pietaiis, réunions d'édification mutuelle réservées aux fidèles vraiment convertis. La piété ésotérique de ces conventicules fit accuser les piétistes de pharisaïsme et les discrédita.
6. Berne persécuta les piétistes dès 1698. Sur le piétisme romand v. Rttter : « Magny et le piétisme romand (Mémoires et documents publiés par la Soc. d'histoire de la Suisse romande, 2» série t. III, Lausanne Bridel, 1891^ 8"). J. Chavannes : « Jean-Philippe Dutoit », Lausanne Bndel, 1865, 12. ^
DES LETTRES PHILOSOPHIQUES A l'eNCYCLOPÉDIE
avec la piété intérieure individuelle. Faisant bon marché du sacerdoce et des sacrements, il favorisait le mysticisme. Peu attentif à la théologie, c'est-à-dire aux idées, et déprisant l'ancienne dogmatique sans édifier un système nouveau, il ouvrait la porte au rationalisme. L'orthodoxe Spener compte dans sa descendance authentique Rousseau, Kant, et avant eux Marie Huber.
Et en efi*et, individualisme radical, dédain de la théologie, primat de l'action, nous trouvons tout cela chez celle qu'on peut considérer comme la mère spirituelle du Vicaire savoyard (1).
Son premier livre était destiné à adoucir le christianisme ; il ne dépasse pas ce qu'aurait pu écrire un Jean Leclerc. C'est Le Sijstème des anciens et des modernes concilié par l'exposition des sentiments différents de quelques théologiens sur l'état des âmes séparées des corps (2). Il établit qu' « il y a des degrés à l'infini du comble de la sainteté au comble de la dépravation » (3) et par suite une échelle des peines futures. Combattue par Rachat (4), Marie Huber maintint la non éternité des peines, l'existence d'une sorte de Purgatoire qui indignait fort les protestants, et la guérison finale de l'âme.
La même année parut le premier exposé de son christianisme raisonnable : Le monde fou préféré au monde sage en 24 promenades de trois amis, Criton, Philon, Eraste (5). Le monde sage est celui des gens graves et pieux, le monde fou celui des autres. L'un et l'autre sont mus par l'amour-propre, à découvert chez les uns, dissimulé chez les autres. Echappons aux deux pour entrer dans le monde sincère.
Nous ne le pourrons qu'en suivant scrupuleusement la Conscience. C'est elle qui a désabusé le piétiste Eraste du monde sage. Elle est la seule lumière ; l'Ecriture en est ui) reflet qui lui rend
1. V. les rapprochements par lesquels Ritter établit que Rousseau a lu notre auteur. (Annales J.-J. Rousseau 1907, Notes diverses p. 207 sq.) et la preuve matérielle tirée par Masson d'un exemplaire de Marie Huber annoté nar Rousseau (o. c. I, 208).