‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 238 sur 390 · Ib · texte numérisé non relu

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6. Montauban 12. Nous citons Tédition de 1827, Paris pet. 12.

DES LETTRES PHILOSOPHIQUES A l'ENCYCLOPÉDIE

« jamais tolérer le crime ni les abus » (1). — Mais « que désire « après tout et que cherche la dévotion ? le plus grand bien. Si « donc elle le trouve dans les ménagements... pourquoi ne les « garderait-elle pas ? » (2). Elle peut comprendre les motifs qui font dissimuler parfois les crimes des grands. Inexorable aux abus contre la loi divine, elle peut tolérer ceux qui ne dérogent qu'aux lois humaines, car — délicieux sophisme, — elle préfère nettoyer le cœur que laver le dehors. Il est faux que la confiance en Dieu dédaigne la prudence humaine : « il y a des moyens na- « turels dont Dieu a voulu faire dépendre dans le cours ordinaire « de sa providence le succès et l'utilité du gouvernement. Les « rejeter ce serait tenter Dieu et lui demander sans nécessité des Cl miracles » (3).

Dans les aff*aires il faut savoir mentir, mais Dieu admet « qu'il u est quelquefois nécessaire de ne pas dire la vérité à ceux qui « n'ont pas droit de la savoir » (4). Au reste la sincérité est la plus fine politique.

Lefranc ne voit pas la raison de l'opposition irréductible des sciences à la religion. Elles prennent le temps, dit-il, dessèchent l'esprit, nourrissent l'orgueil. Sans doute, mais elles sont surtout avides d'évidence et inculquent à l'esprit avec une force souveraine la notion de loi. Il est exact qu'un savant judicieux distingue les objets et les méthodes, mais il est une méthode qu'il n'admettra jamais, celle d'autorité (5). C'est une « réconciliation normande » disaient Voltaire et d'Alembert (6). « Ne se raccommode pas qui veut », ajoutait Grimm{l), Quoi qu'il en soit, ce livre, comme les précédents, marque un progrès dans la discussion du paradoxe de Bayle. La discussion sort de la spéculation d'école pour chercher ses ai guments dans l'histoire et dans la vie.

D'autres apologistes reprennent l'argument de Thomassin. Un esprit avisé, le libraire André Joseph Panckoucke, en avait senti le danger, et dans des Essais sur les philosophes .ou les égarements de la raison sans la foi (1743) (8) il avait rassemblé sans critique tout ce qui décelait les faiblesses morales des anciens

5. Lefranc est mal informé, croyant que la physique raconte forcément la gloire de Dieu et que les mathématiques démontrent la faiblesse de l'esprit humain, quand elles supposent tantôt possible et tantôt impossible la divisibilité à l'infini.

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