La
preuve interne
sages, leurs lacunes intellectuelles, la stérilité de leur doctrine. Ce fut en vain.
Cinq ans plus tard, le P. Desmonts bénédictin de S. Vanne dédiait au prince de Condé 4 volumes intitulés : « le Libertinage combattu par le témoignage des auteurs profanes » (1). Il y rassemblait « les principes magnifiques de morale et de discipline G que leurs auteurs soit philosophes, soit poètes ou législateurs « nous ont laissés » (2). « Car bien que les maximes renfermées « dans les Ecritures et dans les Pères suffisent pour nous sauver, « celles qui se rencontrent dans les écrits des payens ne contri- « buent pas peu.., à nous sanctifier et conspirent par conséquent i< avec les premières à nous faire opérer notre salut ». Cette voie est « beaucoup plus proportionnée à la malice, à Tendurcisse- « ment et à la délicatesse de certains libertins à qui les paroles « de TEcriture et des Pères sont devenues... une nourriture trop i( forte et même un sujet de scandale » (3).
Formeij renchérit encore (4), et pour absoudre Dieu du reproche d'avoir donné aux hommes une révélation tardive, incomplète et connue d'un fort petit nombre, il admet que tout le monde peut être sauvé par la lumière naturelle. La révélation ne confère aucun bien essentiel, mais seulement des secours accessoires et une félicité de luxe (5). C'est dire qu'elle est superflue. Voilà où aboutit logiquement l'enthousiasme du bon Rollin (6).
La preuve de Dieu par les causes finales est toujours en honneur, et cela tient sans doute à la ferveur que tout le monde apporte à l'étude de la nature (7).
La preuve interne se fait rare, mais elle atteint chez Dom Prudent Maran, le bénédictin janséniste persécuté, la forme la plus nette qu'elle ait prise chez les apologètes catholiques (8).