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« pays et par la crainte des Romains, ne voulaient pas non plus « qu'on parlât d'un Messie roi » (1).
Reste l'argument de la propagation du christianisme, que Vernet défend contre Voltaire en essayant d'apporter sur ce fait, qui était resté un thème oratoire, des précisions entièrement nouvelles.
L'auteur de VËssai sur les mœurs avait écrit : « Le berceau de l'Eglise naissante est couvert d'une obscurité impénétrable que l'érudition même n'a fait que redoubler » (2). Il présentait les progrès de la foi comme « un événement casuel et purement humain ». Vernet montre qu'il ne s'agit pas de déterrer l'origine des Druides ou des Brachmanes. Le procès de Jésus fut un procès de religion et un procès d'état. Ses disciples font parler d'eux, comme on le voit par les rapports de Paul et de Festus. La secte n'est pas aussi souterraine qu'on le dit, puisque dès sa naissance elle se répand, comme le prouvent ces frères qui attendent Paul en Italie ; elle est contredite, comme en témoignent Tacite et Pline. 4 histoires contemporaines nous renseignent sur ses origines. Dans le même siècle nous avons des épîtres de Barnabe, de Clément, en langue commune. Le Nouveau Testament achevé sous Trajan est bientôt traduit en syriaque et en latin. Le grand nombre des écrivains ecclésiastiques des premiers siècles nous est connu par le catalogue de Jérôme, par Eusèbe,
Voltaire récuse tous les écrivains chrétiens comme « intéressés ». « Voudrait-on qu'un homme qui a examiné à fond une « affaire ou un point de science n'osât pas témoigner ce qu'il en « pense, et cela de peur de passer pour partial ? » (3). Si un païen parlait de J.-C. comme nos chrétiens, il serait chrétien et vous le récuseriez. Récuserons-nous aussi les profanes hostiles au christianisme ? Il ne faut pourtant pas agir en enfants chicaneurs
et fantasques.
Partant de l'état présent de la chrétienté, Vernet remonte jusqu'au vir siècle pour en marquer historiquement les progrès. Il utilise tout ce que la science de son temps lui fournit pour établir l'extension réelle du christianisme à chaque époque (4). Puis il refait le tableau de cette expansion tel que le ferait un historien impartial. Il se flatte que sa relation est au moins fidèle ; « elle