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Il y a deux parties dans son œuvre, comme il l'indique luimême : « L'Impiété convaincue en deux traités, dont le premier établit clairement l'existence de Dieu comme la première et la plus certaine de toutes les vérités, et le second contient la défense de l'Ecriture sainte par l'entière réfutation du livre impie de Spinoza nommé Traité théologique-politique » (1).
La première partie, qui ne porte pas spécialement contre Spinoza, découvre Dieu avec une clarté grandissante dans la nature, dans l'homme naturel, dans l'homme chrétien, dans la révélation. Yvon tire de l'examen de l'homme moral, esprit, volonté, amour, c'est-à-dire de l'analyse psychologique, sa preuve la plus forte, et l'on sent qu'ici Pascal l'a aidé à voir clair en lui-même et à discerner la vraie source de sa certitude. L'homme constate que son entendement n'est pas satisfait par la connaissance des êtres et des choses matérielles, qu'il est fait pour Dieu en qui seul il se repose. « Que notre esprit trouve bien en lui ce qu'il lui faut et qu'il est important à l'homme qu'il y ait un être souverain ! » (2).
Si nous passons au cœur et à la volonté, qui sont le siège principal de la vie spirituelle et le foyer supérieur de l'être, puisque la charité est supérieure à la connaissance, notre expérience se confirme. L'être infini et saint est le seul bien adéquat à notre faculté d'aimer. « Quand on n'a pas Dieu, on est dans de conti- « nuelles recherches de son propre contentement. Car on ne le <r trouve qu'en Dieu seul. Aussi quand nous renonçons à notre « propre plaisir pour le sien, il nous rend tellement satisfait de « ce qu'il est, de ce qu'il veut et de ce qu'il fait... que notre âme « est portée pleinement à dire : c'est assez, je ne veux que cela « seul ; c'est là toute ma joie... Voi7à comme tout ce qui est en '( Dieu répond à tout ce qui est dans nous. Et voilà comme notre « cœur nous mène nécessairement à lui » (3).
Il est aussi seul capable de plier notre liberté par la grâce. « Ceux qui l'ont éprouvée savent bien qu'ils ont trouvé un être <' plus fort qu'eux qui a été victorieux de leur cœur et a triomphé « hautement de toute la rébellion de leurs propres volontés. Cette « preuve n'est pas universelle, mais ceux à qui elle est propre i' savent combien elle est forte et tout à fait indubitable » (4).
Et dans son chapitre III, qui serait, tout entier à citer, Yvon développe avec la plus grande netteté cet ordre de « preuves