‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 266 sur 390 · II. — Voltaire · texte numérisé non relu

II. — Voltaire

Pendant qu'Helvétius et les Encyclopédistes préparent l'avenir en posant les fondements nouveaux de la morale et de la politique Voltaire continue à déblayer le passé. Sa lutte contre les erreurs malfaisantes se poursuit dans l'Histoire, faussée jusqu'alors par la partialité chrétienne. Il met en lumière soit dans l'histoire universelle soit dans son plus beau siècle (1) le mal fait par les hommes religieux et voile celui qu'ils ont souffert.

En même temps il attaque à coups redoublés la racine du mal, la religion révélée '; il discrédite les documents de la révélation manifestement humains, et très humains, comme le Cantique ou contradictoires comme VEcclésiaste (2) qui, à l'inverse des écrits de la nouvelle alliance, enseigne la mortalité de l'âme. D'autre part il exalte la religion naturelle, rétrécie maintenant, puisque son pessimisme croissant exclut la Providence ; ses nerfs n'ont pas résisté à l'horreur du désastre de Lisbonne.

Les réfutations historiques n'entrent qu'indirectement dans notre plan. Mais puisque Voltaire tourne contre le christianisme 1 histoire qu on exploitait jadis en sa faveur, ceux qui l'ont accusé de mensonge ou d'erreur faisaient aussi de l'apologétique

Un anonyme (3) critiqua les éloges que Voltaire donnait à Mahomet dans son. Histoire universelle, alors qu'il se taisait sur quelques-uns de ses défauts. Dire que sa définition de Dieu est sublime parce qu'elle exclut la Trinité est d'une partialité suspet^te. Ses succès ne sont pas un prodige, car des ignorants croient sans preuve. — L'anonyme était imprudent.

Le jésuite Nonnotte publia en 1757 un Examen critique du livre des Mœurs, ébauche des Erreurs 'de Voltaire qui parurent en 1/d2(4).

Histoire

sur la chronologie générale de l'Ecriture t. 14. - Léopold de Saussure a montré

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AulalTél vlmZl\n^^- ''f' ~ '"1"'" «m.er.e/ie. nuioire ,es croisade,. Aiinaies ae i empire 1753. — Essai sur les mœurs 1756

. J* ^""'''^"^ f^* cantiques, Paris 1759. go. Précis de ' VEcclésiaste id. • poèmes condamnés par le Parlement le 3 septembre' de la même année. ' ^

3. Critique de l'Histoire universelle de M. de Voltaire au sujet de Mahomet ou du mahométisme, 1755. 4». Gauchat critiqua aussi cette histoire (Let 36) î cZm éTJ 'Tr^'"'' '''^ fait valoir les grands papes, les saint. Mafs Grimm dit du « petit ouvrage en 18 ou 20 volumes » de Gauchat. que « personne n'a jamais pu le lire », t. 14 p. 45. ^

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4. Avignon 2 v. 12. Une 3e partie, l'Esprit de Voltaire dans ses écrits parut 1/.9. L'ouvrage fut traduit en italien et en allemand. On sait que NonnoUe

Il voulait réfuter en détail ses erreurs ; piètre tactiqucty< Voltaire n'est pas un narrateur inexact, c'est un historien tendancieux. S'il donne un léger coup de pouce à l'histoire, ce n'est pas par ce qu'il dit mais par ce qu'il tait ; s'il ne dit rien des bons papes du X* siècle, il omet aussi les cruautés de Tamerlan. Il est encore tendancieux par l'intonation, « ce sérieux plaisant si difficile à attraper » dont parlait un contemporain, l'ironie subtile qui circule entre les lignes, la perfidie d'une épithète, tout cela impondérable, trop ténu pour que la forte main de la censure puisse l'empoigner et l'arracher. Dans l'ensemble les faits sont vrais, les idées justes, un petit nombre de détails exagérés ou erronés. — Nonnotte signale avec hauteur que le nom des Vaudois vient de Valdo, non de Vallées (1), conteste le rapprochement des Vaudois et des Albigeois. Il serait plus habile de montrer, comme il l'a fait quelquefois, que beaucoup d'opinions de Voltaire sont des machines de guerre, ainsi son estime affichée pour Mahomet, brigand religieux qu'il méprise cordialement comme tout fanatique, et sur lequel il exprime sa vraie pensée dans une lettre à Frédéric, son affectation de ravaler les Français sous les Anglais, les catholiques sous les protestants, les chrétiens sous les païens.

Dans son 1"' tome Nonnotte s'attache surtout à VHistoire générale et aux Mélanges de littérature ; il réfutera d'abord les erreurs historiques puis les erreurs dogmatiques. Cette dernière réfutation est une des plus faibles qu'on ait faites. La première est assez rarement fondée. Sans doute, Voltaire, dans son désir de montrer que les règnes des empereurs païens n'avaient pas été une St-Barthélemy continuelle, force un peu la note quand il dit qu'aucun César n'inquiéta les chrétiens jusqu'à Domitien{2), mais c'est manifester une partialité contraire de dire qu'en tuant sa femme et son fils, Constantin « fut plus à plaindre encore qu'à blâmer » (3), de laver à toute force Charlemagne du massacre des Saxons, les

né à Besançon en 1711. mort en 1793. prêcha d'abord avec succès, notamment à Paris, à Versailles et à Turin devant le roi Charles Emmanuel lit. Après la suppression de son ordre il se retira dans sa ville natale, où un bref de Clément XIII (7 avr. 1768) vint récompenser son zèle pour la défense de la foi. C'était un homme d'un commerce aimable.

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