T. XV
3. V. par exemple Gauchat, Let. 79, sur la Philosophie du bon sens. Le P. du Halde lui-même, que d'Argens utilise, dit-il, concilie la chronologie chinoise avec celle des Septante,: les Chinois placent Yao en 2357 av. J.-C, — les 70 comptent 3258 ans entre le Déluge et notre ère. Donc en donnant 2 siècles à Fohi et à ses 5 successeurs avant Yao, il s'écoulerait 500 ans de la dispersion des peuples à Fohi. A vrai dire, Gauchat et les autres se satisfont à peu de frais. Voici exactement ce que dit Fréret : « Je me contenterai d'observer en « général que les énormes durées qu'assignent les Chinois modernes aux temps a fabuleux de leur histoire n'ont guère d'autre fondement que des spéculations « cabalistiques sur les propriétés de certains nombres, ou qu'elles marquent « tout au plus des périodes astronomiques imaginées pour donner la conjonc- « tion des planètes dans certaines constellations, conjonctions que les astrono- « mes chinois prenaient volontiers pour l'époque de leurs tables ». (Chronologie des Chinois, Œuv. compl. Paris Moutardier, 20 v. in-24, an 7, t. XIII, 116). Rejetant la chronologie des Annales de Se-ma-couang , qui fait autorité en Chine, Frér&t adopte celle de la Chronique de Tsou Chou qui place Hoang ti (aui règne duquel les Chinois font commencer les temps, historiques), en 2455 av. J.-C. En donnant aux règnes de Fohi et Hoang ti 184 ans de durée, on remonte à 2639 ans av. J.-C, c'est-à-dire avant le Déluge selon le texte hébreu, 258 ans après selon les 70. La vocation d'Abraham est au plus tôt en 2155. — Tout en, disant qu'il concilie les Chinois et Moïse. Fréret insiste longuement sur la difficulté que rencontraient les descendants de Phaleg à traverser rapidement l'Asie montagneuse et déserte. Il ne détruit pas l'impression que l'antiquité des Chinois, si scrupuleux à conserver leurs traditions, rend suspect le récit de la Bible. Essai
DE l'encyclopédie A l'ÉMILE