‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 305 sur 390 · II · texte numérisé non relu

II

7. Ez. 39, 20. Guénée dit vrai. Il fait dans son édition de 1776 les remarques suivantes : dans un N. B. qui suit la !'« édition du Traité de la tolérance. Voltaire dit bien : « on croit s'être trompé dans l'endroit où Ton cite le passage d'Ezéchiîel », mais une nouvelle édition assure que « si quelques commentateurs « appliquent ces 2 versets aux animaux carnassiers, plusieurs les rapportent « aux juifs ». Je n'en connais aucun, ajoute Guénée ; une pareille afflrmaUon est une « calomnie historique ». — Dans la Bible enfin expliquée (1776) Voltaire appuie son exégèse fantaisiste de mauvaises raisons (art. Ezéchiel). Nous ne pouvons expliquer cette résistance que 'car l'obstination sénil«, seul signe de vieillesse qu'ait donné ce vigoureux esprit. Car, si sa passion est évidente,' nous refusons de croire à sa mauvaise foi.

8. Il s'agit d'employer comme combustible des excréments humains au lieu

juive

La Y a-t-il de la justice à appeler le Juif le plus superstitieux de

civilisation tous les peuples ? — Et le Romain « consacrant des statues au dieu Pet », l'Indien « s'enfonçant de grands clous dans les fesses et mourant avec résignation une queue de vache à la main ? »(!). — Le plus barbare ? mais voyez sa douceur envers les esclaves. Alors qu'à Sparte on massacrait les Ilotes sans défense pour les empêcher de multiplier, qu'à Rome tant de maîtres exerçaient sur leurs serviteurs leur débauche ou leur cruauté. Moïse punit du fouet l'adultère avec une esclave mariée, de mort le meurtre d'un serviteur, renvoie libre l'esclave à qui l'on a crevé un œil ou cassé

une dent.

Considérez les prescriptions touchant les vieillards, les infirmes, les voyageurs, le débiteur à qui l'on a prêté gratuitement : on ne prend pas soi-même des gages, on attend dans la rue qu'il vous les apporte, on lui rend son manteau pour la nuit. S'il est réduit en esclavage, il doit être traité comme un simple homme de jourliée. Comparez à cela les lois des 12 Tables qui coupent le débiteur

en morceau^.

Comparez maintenant vos lois.

Beaucoup de peuples modernes n'ont pas de code. « C'est un bienfait qu'ils attendent encore de leurs souverains » (2). Votre clergé est célibataire et possède des terres. Notre justice était gratuite et expéditive, sans torture, ne punissait pas de mort le voleur. Vous envoyez aux galères qui a tué un sanglier. Quand un de vos esclaves « rachetés du sang d'un Dieu mort pour eux comme pour vous » s'enfuit, vous lui coupez la jambe et lui faites tourner le moulin à sucre avec une jambe de bois (3). Vous châtrez des hommes. Les prostituées n'étaient pas admises en Israël, « toutes « vos villes en sont pleines, et si l'on en croyait vos sages, il fau- « drait leur fonder des établissements publics et leur profession « deviendrait honorable » (4). « Vous riez des détails dans les- « quels Moïse entre pour entretenir la salubrité de l'air dans nos « camps et dans nos villes... mais vos villes sont des cloaques et « vos jardins publics des latrines ; mais les lieux les plus fréquence tés de vos capitales offrent le hideux spectacle de cadavres « d'animaux dépecés ; le sang y coule de rues en rues » (5). Vous

des excréments d'animaux dont on se sert couramment en Orient, à défaut de bois. Voltaire ignore cet usage et, trompé par le texte de la Vulgate, il se plaît à imaginer des « confitures » dégoûtantes : « stercore quod egreditur de homme operies illud » . Ez.- 4, 12.

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