III. — Marmontel : Bélisaire
Cependant un ouvrage de la force de « l'Examen » eausa moins d'esclandre qu'un chapitre du Bélisaire. de Marmontel (1767 . auquel la Sorbonne et les philosophes firent un succès imprévu (3). Dans cette atmosphère de bataille tout était prétexte a conflit.
Le 15' chapitre de ce fade roman moral et politique est une pâle réplique du Vicaire savoyarde), un « vrai Petit carenie ... disait Grimm : la révélation et la foi en J.-C. déclarées superflues, car « la révélation n'est que le supplément de la conscience ... la tolérance réclamée, le sentiment naturel comparé aux lumières
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rari'nlLHJ.forhrétieû„; 't;;<.„T"a«x conseils rf'O'^'^^^-^^'^Z S ?7B9 71 Nous citons l'édition de Migne [9] : Œuv. compl. 1855 t. VIII, 203. Le IZnal-ieTré^oL estime que l'auteur de cette réponse « imite, surpasse même
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* T\m\m „*-i ron ^ PniM^ 1767 8». V. aussi Masson [166] 111, Ho sq.
Bélisaire de M. Marmontel (an.) Parts I7b/, » • ^ • n:u„nier l'aDProbateur de
« mais ce n'est pas pour les philosophes ». VU, -2»4.
divines, telles sont les erreurs que relève la Censure (1). Collé prétend que la Sorbonne était excitée par la cour, que choquait la partie politique de rouvrage(2), mais le clergé s'émut tout seul. L'archevêque lança un mandement. Voltaire entra dans la mêlée et submergea sous le ridicule ceux qui ne voulaient pas que les païens vertueux fussent sauvés. C'est en effet cette « hérésie fluette » (3) qu'ils reprochaient le plus à Marmontel.
« N'a-t-il pas dû savoir qu'il causait du scandale Quand malgré la Sorbonne il faisait aimer Dieu ? »
dit une épîgramme anonyme (4). Et Voltaire de renchérir : « Vous « êtes une troupe de coquins... qui poussez la méchanceté jusqu'à « vouloir que Dieu soit bon » (5). Il n'y a qu' « une âme atroce et abominable » pour vouloir que ceux qui n'ont pas « demeuré dans le quartier de la Sorbonne » ne soient pas damnés sans miséricorde (6).
Un « déiste converti », tout plein de fiel ecclésiastique, répondit que la bonté de Dieu dans « l'Incarnation » était bien supérieure à cette mansuétude universelle que réclament les philosophes (7). Un défenseur de l'intolérance la justifia par le fait que les bonnes mœurs sont liées aux bonnes croyances (8). De Legge étala les vices des païens. Aristide était pédéraste et Trajan ivrogne ; il ne sufiit pas, pour être juste, d'avoir fait le bonheur de l'humanité. Le sentiment intérieur a inspiré le mensonge aux Spartiates, le parricide aux Massagètes. — L'état de l'Orient non chrétien prouve que la félicité publique n'est pas indépendante de la révélation. Et De Legge conclut par le plus cynique aveu de scepticisme touchant la force du vrai : la flamme des bûchers éclaire mieux les esprits que celle de la vérité. Ces réfutateurs pensent bassement et tournent le dos à leur siècle.
Un seul, le jésuite de Feller{9), cède aux exigences de la
1. Censure de la Faculté de théoloçfie de Paris contre le livre qui a pour titre Bélisaire, Paris 1767 12. Le P. Bonhomme l'avait rédigéfe. Voir sur cette eflfervescence ; Grimm VII, 293, 341, 439, 501.