‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 316 sur 390 · Sect · texte numérisé non relu

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7. Histoire de Jenni c. 11 (1775). Il est piquant de voir Voltaire se rapprocher, sans le faire exprès, de Pascal et démontrer dans cett« histoire que « le meilleur parti ). à prendre est de vivre comme s'il existait un Dieu et une âme immortelle.

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Nature

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44g DE PASCAL A CHATEAUBRIAND

Frédéric // dit aussi son mot(l). D'autres déploraient l'imprudlnce de l'ouvrage. « C'est un charlatan qui dit son secret », écrivait Grimm sept ans plus tard (2) et Duclos avait peur qu on

le fit aller à la messe. . ., j t.. •

Chez les chrétiens on retissait activement cette toile de Pénélope qu'est la réfutation du matérialisme et que, depuis Helvetius, on n'avait plus abandonnée. Mais l'enthousiasme manque et le Pénie. Que dire après Rousseau qui n'ait été mieux dit ? Un decouragement croissant pèse sur les apologistes (3) et la décadence de la littérature chrétienne va désormais s'accélérer. L un pousse un cri d'effroi et s'accroche au vieil argument de Bossue* : l'athée oppose à nos mystères un mystère plus ténébreux (4). L'autre remonte à Malebranche : nous avons l'idée de lin""»' donc il est (5). Un autre, qui doit avoir lu Mendelssohn, réhabilite la religion en montrant qu'elle agit sur les sentiments ; or les hommes sont conduits par le sentiment et l'enthousiasme Cet homme ouvre à l'apologétique épuisée une perspective d avenir (6). Un quatrième, le philosophe allemand Holland, oppose, dans un ouvrage serré, au fatalisme l'expérience (7).

1 Examen critlqae du livre tntmli : Système de la Nature.

l '•/uJo~ûr;"e Itpi^/a f'ai."un dernier effor.. aujourd'hui qu'un . auteur ëZrdi par' nmpunUé et ayant perdu toute pudeur «"a^^e t°us les

. voiles, même transparents, eomme s'exprime »>••* '«,';l'"»'<'^,,i'rre .langer . lesquels elle s'était jusqu'ici cachée... on sent peut être *™P Jf ™ '^^^^ «„„

^::ZTlîprLes ,«e Moi.e e,r a«»e„r <»" ^^7,^ af^i^u ' <e P^nt-iû,- — « Quelles sont les objections contre le sentiment qui atmoue

" r-lLuT: V^on^^re-pntlo,o,.ted..oaéeet .Utnemen^ ""v^rp^s lise majesté dipine et humaine. '""VlifrXent l'u"' apràs rrut^d'incom,

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Nature », Paris 1771, 12. L'auteur, professeur «"/f .*8* *^.»;;;^f,'„t^" „ corps des Pen.ée, an(.pM«.«ophi,ue, contre »/''«"' /V'^; .''^^^"«"ur 1. théisme, humains ou le matériallmie réfuté] par les sens (1782) , Penje« sur

contre Clootx (1785). ..«--,. •nt'ipn commis des fermes

6. C'est Guillaume de Rochefort. homme de lettres, »""™ «""^J ^ j.^^a-

à Cette, dans se. Pensées diverses con<re '« 'f «"'«^",„7„'^^'''j ' mp„L lui sfon d'un écrit in<i<ulé .• SastimeJ.. P»"» ""' ""i^i^p^eT . que des preuves reproche de n'opposer k l'inconséquence des principes impies qu

de sentiment » mai 1771, p. 248. Va(urc Lond. (Neuchâtel)

, '^^VÀTréT^ltT".. r-auuuf rsUt.;.:. 'eîr; des fl.s^u prince L\tteXîr.Mrrot ParroU sa a.aieeHque pour s'^^^V^^ -s -«éra^^ tions d'Holbach : « A entendre parler ce philosophe, en airan qi

Bergier entre en lice à son tour avec un Examen du matéria- Bergier //«/ne (1), inférieur à ses autres œuvres parce qu'il suit pas à pas contaminé le « Système », prolixe et mal composé. Le roi venait de l'en- par le courager en le nommant confesseur de Mesdames, à la place de « Vicaire » l'abbé Clément.

Il voit bien comment le « Système » est l'aboutissement du mouvement philosophique auquel « l'Esprit » avait donné une direction nouvelle, mais il est déconcerté par le langage nouveau d'une philosophie qui n'est ni le mécanisme extérieur de Descartes, ni le panthéisme mathématique de Spinoza, ni le monadisme de Leibniz. Enfermé dans la vieille notion du mouvement non inhérent à la matière, il ne comprend pas cette ébauche de l'évolutionnisme moderne. Il reprend alors les développements tant de fois faits sur les horribles conséquences du matérialisme, sur son mépris de l'expérience interne.

La seule originalité du livre est l'importance donnée aux preuves de sentiment, qui, à défaut de toute autre preuve, suffisent à démontrer Dieu. La victoire de Rousseau est grande, puisque même ceux qui l'ont combattu en viennent à parler sa langue et cèdent au courant qui éloigne les générations nouvelles de l'intellectualisme orthodoxe ou antichrétien.

L'homme « se sent sous la main d'une Providence attentive et prodigue de « ses dons : un moment de retour vers l'Etre suprême répand en lui une « douce émotion, lui fait oublier les maux inséparables de sa nature... Quand « la reconnaissance parle la philosophie doit se taire ; la religion entre « d'elle-même et sans effort dans l'homme sensible. Celui qui croit en Dieu « par sentiment n'a rien à redouter de l'athéisme. Quand ce monstre par- « viendrait à étonner la raison, l'humanité réclamerait toujours ; accablée « du poids de 20 sophismes, elle dirait encore : je sens qu'il y a un Dieu (2) ».

« nuits sont des S. Barthélemfi, que les Anglais, les Hollandais, les Danois, les « Suédois, les Suisses etc.. ne font autre chose que s-e détruire et s'égorger, que « pour ne pas être athées nous sommes tous des cannibales pleins de rage et « de fureur » éd. de 1775 p. 363. Grimm éterit que cet ouvrage « s'est fait remarquer. On dit que ce M. Holland est un homme de beaucoup de mérite ». X, 194. Riballier fit réimprimer l'ouvrage à Paris avec une magnifique approbation, mais en retranchant, — du point de vue catholique, — certaines hérésies. L'auteur protesta dans les journaux. Ib. V. aussi Masson [166] , in, 133 et passim.

1. « ou Réfutation du Système de la Nature », Paris 1771, 2 v. 12. « C'est un champion infatigable de la foi ». (Bachaumont, 1 avr. 1771). « Il fait obser- « ver que loin de favoriser les progrès de l'incrédulité^ cet écrit (le Système) « est peut être le coup décisif qui doit déconcerter ses projets, que les erreurs « monstrueuses qui y sont rassemblées sont un des plus beaux trophées que la « philosophie ait pu élever à la religion ». Tréu. mal 1771, p. 231. Cette vue était juste.

2. 2« part., p. 241. Au moment où le cœur reprend ses droits, un abbé a l'idée de recueillir les discours et les pensées de St Augustin les plus propres à prémunir les fidèles contre l'incrédulité. « S'il faUait, dit-il, parler k l'esprit et en même temps au cœufj.. qui pouvait mieux le faire que S. Augustin ? » Abbé d'A... — « Traité contre l'incrédulité », Paris 1769, 2 v 12, p. III.

Cette influence du Vicaire savoyard va plus loin : Bergier recule sur la question du miracle physique. Nous ne demandons pas de miracles'à Dieu dans nos prières, mais ^-P'^»-» ^"^.^«'^^^ sur nos esprits, non que le feu cesse de brûler, mais qu II nous nsp.re de n'en pas approcher (1). Enfin l'abbé jette par-dessus bord l'exégèse imbécile qui cherchait sur les lèvres du Christ Tordre de persécuter (2).

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