‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 330 sur 390 · Les Attardés · texte numérisé non relu

Les Attardés

Regain de Est-ce le sentiment de cette décadence des sciences religieuses,

la critique un effet de la renaissance qui se dessine à l'étranger, ou plus sim-

dans plement la nécessité de répondre aux attaques voltairiennes pres-

TEglise que toutes fondées sur le sens des textes, — on voit paraître a ce

moment plusieurs ouvrages de critique ; mais hélas, le nom même

de leurs auteurs n'a point laissé de trace dans l'histoire de la

philologie sacrée. Au pays de Simon et d'Astrac les prêtres n'ont

aucun sens de la recherche scientifique.

Au moment où Kennicott et Rossi (2) élèvent leurs monuments philologiques, où Ernesti {3) et SemlerU), donnant la mam a Simon par-dessus tout un siècle, fondent définitivement l'exégèse grammaticale et historique, en France on réimprime les Disqmsitiones hihlicœ de Frassenib).

2. Kennicott, d»Oxford, publie en 1776 et 1780 son Vêtus ^^'«'"^"'«"l J,^^^:^'" cum cum variis lecHonWus, Ox. 2 fol. Il contient les ^î^''^^^^^^^^,^ ";^" ^^^^^^^^^ chaldaïques, samaritains. De RossU de Parme, collationna 1700 «^an^^J"*; ^* donna le résultat de son travail dans Variœ lectiones V. T., Parme 4 v. 1784-88 ^""TErnestU professeur de théologie et de littérature ancienne à I-JP-g» «Jfait naraître en 1761 (3« éd. 1770) son Institutio interpretis N. T., ou il récuse ?autoAté de TEglise, e sentiment propre, l'imagination allégorisante, les systènfes phlsophfques! et formule la rè|le appliquée par Simon : « Una eademque ratio interpretandi communis est omnibus libris >>. ^.«^^^ ti^inln-

1 SemUr, professeur de théologie à Halle, est le père de 1^ /^^^^^Çi^, *^f *^ aiaue moderne Dans son Traité sur le libre usage du canon, 4 v. 1771-75 il eZL^it que la Bible n'est pas la norme de la foi mais le catalogue des livres rnSemerdé^signés pour ?tre lus dans l'Eglise. Son autorité est co-entionnelle Est inspiré tout ce qui édifie le lecteur. La Bible contient la venté reii aieùsV elle ne rest pas eUe-même. Il donna une édition critique des Hvres symboHqu;s de ^'Eglise^uthérienne. V. Apparatus ad libros symboUcos ecclesrœ

'"T''Eri78f Ell'efdataiént de 1682. L'abbé de ViUefroy, professeur d'hébreu au CoHège royaV. avait en 1751 annoncé une société de savants hébraïsan s qm devaient réfut'lTr la fausse exégèse, mais nous ne voyons pas que ce projet ait été exécuté. (V. Cwauchat : Let. crit. t. 8, p. IX),

DU « SYSTÈME DE LA NATURE )) A LA RÉVOLUTION

Un vicaire général de Vienne en Dauphiné, Du Contant de la Molette, entreprend de rendre aux ecclésiastiques le goût de rétude des langues.

Son Essai sur l'Ecriture sainte, ou tableau historique des avantages que l'on peut retirer des langues orientales pour la parfaite intelligence des livres saints (1) est un appel : cultiver la philologie et rexégèse c'est s'armer contre l'hérésie et l'incrédulité. — Puis vient un programme, la Nouvelle méthode pour entrer dans le vrai sens de l'Ecriture sainte (2) ; — enfin des applications de la méthode à divers livres de l'A. T. (3). Mais du Contant ne croit pas à la formation graduelle des textes et par amalgame de sources. La position de tous les problèmes en est faussée.

Le même a priori annule l'effort très consciencieux de l'abbé du Voisina) qui repousse l'hypothèse d'Astruc (5) et fonde la vérité des faits évangéliques sur le raisonnement suivant : s'ils ont été acceptés, c'est qu'il y avait des églises, et s'il y avait des églises, elles étaient fondées sur la foi aux miracles, car jamais les peuples ne se seraient attachés à un crucifié (6).

Un fou, Guérin du Rocher, ancien jésuite, reprend la thèse de Huet en l'aggravant : les peuples anciens ont emprunté à la Bible non seulement leur mythologie mais leur histoire. Guérin voulait le démontrer en 10 ou 12 volumes, des Assyriens, des Babyloniens,

- 1. Paris 1775. 12.

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