‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 331 sur 390 · Ib. 1777. 2 V · texte numérisé non relu

Ib. 1777. 2 V

3. La Genèse expliquée d'après les textes primitifs avec des réponses aux difficultés des incrédules (Voltaire), 1777, 3 v. 12. L'Exode expliqué 1780 3 v 12 Les Psaumes 1781. Le Lévitique 1785.

4. Duvoisin (1744-1813) professeur de Sorbonne, censeur royal, grand vicaire de Laon, fut déporté en septembre 1792. Rentré en France en 1801, il fut nommé évéque de Nantes et attaché au pape pendant son séjour à Fontainebleau. Outre ses défenses de l'Ecriture, il a publié un Essai polémique sur la religion naturelle, Paris 1780, 12 ; De vera religione, 2 v. 12 id., qu'on retrouve dans sa Démonstration évangélique, Brunswick 1800 et Paris 1802 et 1805 ; Migne, Dém. év, t. 13. Duvoisin est un des représentants les moins indignes de l'apologétique classique.

5. L'autorité des livtes de Moïse établie et défendue contre les incrédules Paris 1778, 12. (Surtout contre Voltaire).

6. L'autorité des livres du N, T., contre les incrédules Paris 1775, 12 (réfutation de Burigny). V. /. hist. [43] oct. 1775, p. 488, 490. Un livre analogue de l'abbé Clémence développe les mêmes idées : Uamthenticité des livres tant du Nouveau que de l'Ancien Testament démontrée, ou Réfutation de la Bible enfin expliquée, Paris 1782. 8« ; rééd. 1826. Muyart de Vouglans limite avec netteté le débat : nos évangiles ont-ils été fabriqués après coup, par d'autres que les auteurs nommés ? mais il n'apporte rien de nouveau' : Preuves de l'authenticité de nos évan^iles contre les assertions de certains critiques modernes. Liège et Paris 1785, 12. L'auteur fut avocat au Parlement de Paris, puis membre du Parlement Maupeou. Il a aussi écrit : Motifs de ma foi en J.-C., ou Points fondamentaux de la religion chrétienne discutés suivant les principes de l'ordre judiciaire. Paris 1776, 12.

DU « SYSTÈME DE LA NATURE )) A LA RÉVOLUTION

des Lydiens, des Mèdes, des Perses et des Grecs. Il n'a publié que 3 tomes sur les Egyptiens (1). Il se flatte de procéder plus scientifiquement que révèque d'Avranches. En fait il s'appuie comme lui sur des analogies de mots et des rapprochements arbitraires de faits. Les 330 rois d'Egypte sont les 3 fils de Noé car on obtient 330 en multipliant 3 par 10 et par cent.

Cette fantaisie ne passa pas aussi facilement que celle de Huet. Non seulement Laharpe et Voltaire, mais l'orientaliste de Guignes, Anquetil, Duvoisin crièrent haro (2).

Le moins mauvais des critiques de cette période est le digne Ballet, professeur de théologie, puis doyen de l'Université de Besançon et correspondant de l'Académie des Inscriptions (3), qui publia 3 volumes de Réponses critiques à plusieurs difficultés proposées par les nouveaux incrédules sur divers endroits des livres saints. L'abbé Moïse, professeur au collège de Dôle, y ajouta un 4' tome (4).

Bullet est un érudit, ce n'est pas un savant.

Il vise « cet habile homme qui sans savoir d'hébreu a enfin expliqué la Bible » (5). Cet homme ne veut y voir qu'un livre comme les autres. Qu'il ne soit pas alors plus exigeant pour lui que pour les autres. Bullet ne comprend pas que l'indulgence est moins aisément accordée aux défauts d'un livre divin. — Il abandonne la Vulgate, réduit des incrédules. La polémique voltairienne aura eu cet avantage de contraindre l'Eglise à remonter aux originaux de ses livres sacrés. Car la voici cruellement punie d'avoir substitué aux textes une fautive traduction. Les Bullet ne peuvent recourir aux sources pour rectifier les contresens de St-Jérôme sans blesser l'Eglise qui les a authentiqués. On ne sait pas ou l'on sait mal l'hébreu et le grec dont elle n'a jamais encouragé l'étude. Où sont maintenant les hommes capables de contrôler d'indigestes

1. Histoire véritable des temps fabuleux, Paris 1776-77, 3 v. S®.

2. V. J. hist. 15 oct. 1777, 15 août 1780, 1 déc. 1790 ; — J. de polit, et de lit. 25 mai 1777 ; — J. sau. juin 1779 ; — Bibl. du nord juin 1778. Deux auteurs défendirent Guérin âpremcnt L'abbé Bonnaud, dans une Lettre à M. de La Harpe, folliculaire des philosophistes, Amst. 1777. 12, où il appelle le journal de Laharpe un « opuscule menstruel », et dans Hérodote historien du peuple hébreu sans le savoir (an.) La Haye 1786. 8», simple abrégé de l'ouvrage de Guérin. L*abbé Chapelle, dans l'Histoire véritable des temps fabuleux confirmée par les critiques qu'on en a faites^. Liège et Paris 1779, 8».

3. Bullet (1699-1775) avait déjà écrit une Histoire de l'établissement du christianisme 1764. et L'exisience de Dieu prouvée par les merveilles de la nature 1768 et 1773, où il développe cette idée que l'être organisé étant ,un cycle ne peut être réalisé par des jets successifs d'atomes.

4. Les 4 volumes parurent successivement à Paris in-12. en 1773, 74, 75, 83. L'abbé Moïse devint évêque constitutionnel du Jura en 1791.

discussions philologiques ? Aucun des philosophes ne le peut, moins encore le grand public où ils exercent leurs ravages.

Bullet est plus heureux quand iL reproche à « la Bible expliquée » un littéralisme imbécile. Et de fait, quand Voltaire prend à la lettre des mots tels que « celui qui croit en moi ne mourra jamais » (1), déclare qu'il faut être fou pour semer sur des pierres ou des épines et qu'on ne peut tirer instruction d'une action folle (2), reproche à J.-C. d'injurier les pharisiens parce qu'ils détestent les crimes de leurs ancêtres et bâtissent des tombeaux aux prophètes (3), — Voltaire serait bien ignare s'il ne jouait l'idiot à bon escient.

Mais la critique de nos érudits n'est pas sûre. Ils adoptent la leçon des manuscrits la plus satisfaisante pour l'idée, sans rechercher si elle est philologiquement préférable (4). Et la plus satisfaisante est pour eux la plus propre à esquiver l'objection de l'incrédule, celle qui rehausse le plus les choses et les gens de la Bible, sans aucun souci de l'histoire (5). Ils ont ainsi le tort de suivre l'adversaire sur le terrain rationaliste. Quand ils justifient Dieu, par exemple, de punir les pères sur les enfants, ils acceptent le principe de la morale moderne que chacun ne doit être puni que pour ses fautes.

Leur tentative montre, en somme, que l'apologétique par l'exégèse était mal adaptée au temps. Dans l'universelle ignorance des langues, la plus mince plaisanterie prévaut sur une « réponse critique ». Il fallait désormais toucher le cœur pour dissiper sur les lèvres le sourire de l'ironie, — ou faire l'éducation du public par des savants d'une autre trempe. La critique historique seule renverra dos à dos rationalisme et autorité.

Cette ignorance des méthodes scientifiques s'étale aussi dans la réfutation de Buffon, que la publication des Epoques de la nature

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