‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 334 sur 390 · Ib · texte numérisé non relu

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« OU de Passy quelques coquillages, il nous démontra que les « huîtres avaient digéré les tours de Notre-Dame, le Louvre, le « Pont-Neuf et toute la ville de Paris et que, sans les effets de « cette digestion, jamais nos architectes n'auraient pu bâtir à « chaux et à sable » (1).

La physique moderne est tellement insensée que Champion de Pontaillier, ex-jésuite, conseille aux savants de chercher des simples au lieu de reconstruire runivers(2).

L*audace de Buffon a-t-elle fait école ? La fin du siècle voit une floraison de vastes ouvrages sur les origines, essais d'explication qui précèdent la quête des faits : Origines du monde, des peuples, des religions, des langues, tout est élucidé avec une confiance juvénile. D'un côté, ce sont les livres de Boulanger-Holbach, V « Histoire philosophique du monde primitif » de Delisle de Sales (3), « le Monde primitif » de GébelinU), V « Essai sur la religion des anciens Grecs » de Septchênesi^), V « Origine de tous les cultes » de Dapuis{6), V « Histoire générale et particulière des religions et du culte de tous les peuples du monde » de Delaunaye (7) ; d'autre part, le « Tableau historique et philosophique de la religion depuis l'origine des temps » de Para du Phanjas (8), 1' « Histoire des premiers temps du monde » (9) du P. Bertier, etc..

La question qui se pose est celle de savoir si Moïse restera le grand instituteur de l'histoire des origines, la Source par excellence pour les débuts de l'humanité. On a ruiné son autorité en physique, on la sape aujourd'hui en anthropologie, en ethnographie, en linguistique, si l'on peut employer les noms de sciences encore à naître. Selon qu'ils sont ouverts ou fermés aux idées modernes, ces auteurs, qu'il est difiicile de classer en chrétiens et antichrétiens, se passent de Moïse où le défendent.

L'abbé Le Gros observe que Rousseau, les Economistes, Gébe-

1. Ib. 21. Richard trouve aussi fort plaisante cette digestion des bêtes marines dans son Exposition de la doctrine des philosophes modernes (an.) Malines 1785, 12. Gerdil est plus sérieux dans ses Observations sur les Epoques de la nature. Parme 1789.

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