‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 347 sur 390 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

La Révolution

De 1789 à Chateaubriand (1802)

Comme dans toutes les luttes humaines depuis Homère, des

injures on passe aux coups.

Au fait l'un des deux adversaires frappe depuis longtemps seul, mais, depuis une vingtaine d'années, sa vigueur se relâche et les blessures qu'il inflige sont moins cruelles. L'autre va prendre une revanche terrible ; car, s'il est puéril de voir dans la Révolution un mouvement essentiellement antireligieux, c'est mal connaître les hommes et particulièrement ceux de notre pays que d'imaginer les septembriseurs qui « travaillaient la marchandise » à l'Abbaye ou les « déchristianisateurs » de 94 mus exclusivement par le

civisme.

On ne saurait s'attendre à voir, en pleine action, la controverse cesser. Elle se poursuit en se transformant. Le débat d'idées devient la polémique journalière, fragmentée dans les journaux, autour de points précis et de questions pratiques : les vœux, les biens d'Eglise, la Constitution civile surtout. Presque toute la littérature religieuse tournant autour du « serment », rentre dans la controverse entre sectes qui est hors de notre sujet. La foi chrétienne des assermentés et des réfractaires est la même, si leur foi catholique diffère, et, pour l'observateur impartial, les destinées du christianisme multiforme n'étaient pas attachées à telle organisation de l'église.

On peut suivre ces discussions jusqu'à la Terreur dans les Nouvelles ecclésiastiques qui cessèrent en 93, et dans le Journal ecclésiastique de l'abbé Barruel, qui parut de 1787 à 1792(1). Elles reprirent jusqu'au Concordat.

L'apologétique proprement dite comprend aussi deux périodes séparées par une année de silence, — la seule du siècle, — et ce silence est poignant quand on pense à ses causes : l'échafaud, les pontons, l'exil, la proscription de prêtres errants ou traqués dont

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