I. — Dernières attaques. — Dernières ripostes
A vrai dire, pendant la Révolution, en dehors des pamphlets qui ne sont plus de la pensée mais de l'action forcenée, la violence de l'esclave libéré, digne de compassion quand on pense à ses souffrances passées et à la responsabilité de ceux qui l'ont avili, la production philosophique est mince.
A part les réimpressions d*Holbach (3), on ne peut guère noter que le Catéchisme de la nature (4) du même, à peu près expurgé de satire antireligieuse ; dans « l'Encyclopédie méthodique », le Dictionnaire de philosophie ancienne et moderne de Naigeon (1791-94), où l'auteur, commentant le vœu de Meslier « Puissé-je voir le dernier des rois étranglé avec les boyaux du dernier des prêtres ! » ajoute : « C'est le vœu d'un vrai philosophe... On « écrira dix mille ans si l'on veut sur ce sujet, mais on ne pro- <i duira jamais une pensée plus profonde, plus profondément « conçue, et dont le tour et l'expression aient plus de vivacité, « de précision et d'énergie » (5). Il dit ailleurs qu' « il faut emmuseler les prêtres ». Ce ne serait au reste que de justes représailles, car, comme le dit un autre : « Lel^ religions, depuis « l'origine des sociétés, n'ont servi dans tous les temps qu'à « museler les hommes afin qa'il fût plus facile de les soumettre « au joug du despotisme et de la superstition » (6).
1. Origine de tous les cultes ou Religion universelle, 1795, 3 v. 4« ; t. III, 115.
2. Voir les ouvrages caractéristiques de Chaumont-Quitry : « De la persécution suscitée par J. Fr. Laharpe contre la philosophie et ses partisans », Paris 1800, 8» et Cubières de Palmezeaux : « Le défenseur de la philosophie » id.
3. Essai sur les préjugés, en 1792 et 97 ; /e Bon sens, en 1793.
4. « ou Eléments de la morale universelle » (posthume) Paris 1790.