V. « Demonstratio evangelica », propos
2. Sans entrer dans le détail de Ses controverses avec R. Simon, où sa science est sur tant de points en défaut, on peut s'en convaincre en lisant son ExZicaZndela prophétie d'Isaïe sur l'enfantement de la Samte^^ierge. Pans XSfsson Î704. 12.^^ Il n'est cependant pas crédule. Dans le « Discours », U rejette comme inventés les oracles cités par Porphyre touchant J.-C.
3 On sait qu'il a constamment présente à l'esprit « la Cite de Dieu . d'Augustin. Nous n'insistons pas sur ce rapprochement souvent signale. J ofnf* dit de sa conception de l'histoire : « Il serait curieux de la suivre depu s l'auteur du livre de Daniel et les plus anciens Sibyllistes jusqu'à S. Augustin, Salvien et Paul Orose, et, depuis cette époque, au travers du moven-âge » Mém. de VAcad. de Caen, 1895, p. 83. Bossuet se faisait illusion Tur la nouveauté de certains arguments de son discours. V. les Mémoires de
l'abbé Ledieu, c. p. Denis, ib. 107. ...,*- «i,k<«5
4 Ministre de l'église française de Londres. Esprit d'une subtilité rabbinique *et assez mal équilibré, il cherchait avec prédilection dans la chronologie
^ sacrée les rapports mystiques des nombres. Il publia en 1668 à Londres un
Orchestration magnifique d'un petit nombre de thèmes
Et '
Analyse
de la foi sous le règne de la nature, de la loi et de la grâce, rappelle l'ouvrage du P. Beurrier réimprimé en 1673 (1) et dont Tadaptation française venait de paraître en 1680. Pour ce qui concerne les discussions chronologiques, l'interprétation des semaines de Daniel, le conflit entre l'Ecriture et l'histoire profane touchant le second empire assyrien et Cyrus, Bossuet suit Ferrand{2).
Mais quelle clarté son génie projette à travers le fatras des obscurs travailleurs I
Son œil d'aigle a tôt fait de choisir un petit nombre de prophéties frappantes, Jacob, Daniel, Zacharie, Aggée, Malachie lui fourniront ses principaux repères. Et leurs oracles ont trait à des événements frappants, étranges même, dont deux se déroulent à nos regards : l'apparition de Jésus-Christ, la ruine des juifs, la conversion des gentils. Cette concentration de la lumière redonne à des idées banales un air de verte nouveauté. Un art tout proche de l'art du Poussin préside à l'ordonnance de ce chef-d'œuvre, où il y a moins de profondeur que dans la plus informe page des Pensées, Il y avait une habileté de dialecticien psychologue (3) à partir de faits actuels palpables et déconcertants, propres à arrêter le passant le moins attentif : les contrées jadis païennes où régnait la douceur de vivre et la religion la plus indulgente à la nature sont aujourd'hui chrétiennes, c'est dire qu'elles ont adopté en quelques siècles la loi la plus dure aux passions. Les juifs, peuple singulier, sont, sous nos yeux, maudits et cruellement exercés. Ils n'ont plus ni Temple ni patrie, et cependant ils se conservent, pourquoi persécutés, pourquoi sauvegardés ? Le Livre de Dieu et l'Eglise répondent à ces questions.
La composition du Discours est bien connue! Bossuet veut dresser une carte d'ensemble où son élève situera les cartes particulières, soit les histoires des divers peuples qui pourraient se brouiller dans son esprit. « Vous voyez tous les siècles précédents « se développer pour ainsi dire en peu d'heures devant vous ;
« Essai des merveilles de Dieu en r harmonie des temps qui ont précédé les jours de Chrisi ». ^
2. Il y a bien d'autres sources possibles ou probables qu'on pourrait indiquer. On ne peut pas les assigner avec certitude ; d'abord parce (Jue les apologètes, quand ils n'étaient pas Pascal, se sont copiés à l'infini, — ensuite parce que Bossuet ne plagie jamais, à notre connaissance. Il n'est pas de l'école des Molière et des Chateaubriand.
3. M. Lanson remarque, dans son cours sur les Origines de l'esprit philosophique au xviie siècle, que le dogme de la Providence sur lequel Bossuet insiste tant est un dogme déiste, auquel les philosophes arrivent d'eux-mêmes. Il a choisi pour présenter le catholicisme la manière qui peut donner le plus de satisfaction à la raison. (R. des cours, 1907-08, 2« leçon).
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LAGE DOR DE L APOLOGETIQUE CLASSIQUE
« vous voyez comme les empires se succèdent les uns aux autres, « et comme la religion dans ses différents états se soutient depuis « le commencement du monde jusqu'à notre temps » (1). Pour lui faire admirer « la suite des conseils de Dieu dans les affaires « de la religion », il exposera d'abord d'ensemble les événements de l'histoire sacrée et profane, ce sont les Epoques ; puis il reprendra ces deux séries parallèles sous les titres de la Suite de la religion, les Empires,
La première partie est le monceau des faits en vrac, si l'on Les faits de peut dire. On peut contester l'intérêt de ce fouillis sans idée, l'histoire simple mémorandum chronologique de choses déjà connues. Du i\^ au IX* siècle, l'auteur, pour tout mener de front, saute sans cesse d'un bout à l'autre du monde ancien (2). Cette période, en apparence chaotique, laisse une impression de trépidante confusion. Mais, voulue ou non, cette confusion sert le dessein du pédagogue. Anarchique paraît l'agitation humaine quand on n'en possède pas le sens. Dans les livres suivants, tout va s'éclairer d'une illumination soudaine, comme ces dessins d'abord inintelligibles dont le sujet vous obsède dès qu'ils vous est indiqué.
Ou attendu ou donné Jésus-Christ a toujours été l'espérance des Leur sens : enfants de Dieu, voilà donc la religion uniforme dès l'origine du le plan monde. La préparation et les conséquences de sa venue font du salut l'unité de notre histoire. A peine. Dieu a-t-il fait éclater sa sagesse et sa bonté dans la création harmonieuse du monde et de l'homme, que celui-ci trouble l'ordre par sa chute. Dieu promet aussitôt un Rédempteur, mais il fallait « que le genre humain connût par une longue expérience le besoin qu'il avait d'un tel secours » (3). De là le Déluge, les maladies, la guerre. Ces commencements du monde nous montrent « l'univers et le genre humain toujours « sous la main du Créateur, tiré du néant par sa parole, conservé « par sa bonté, gouverné par sa sagesse, puni par sa justice, i( délivré par sa miséricorde et toujours assujetti à sa puisce sance » (4).
Abraham est suscité pour conserver la religion au milieu de l'idolâtrie grandissante. La prophétie de son petit-fils Jacob sur Juda « marque toute la suite du peuple de Dieu et l'effet en dure encore » (5). Moïse sépare les Hébreux des autres peuples pour
Le Christ annoncé