‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 57 sur 390 · V. livre 7, art · texte numérisé non relu

V. livre 7, art

L'AGE d'or de l'apologétique CLASSIQUE

ment fortuit ou spontané dans lequel aucun agent surnaturel n'interviendrait, car un livre renferme les intentions de Dieu, palpables dans des oracles. La Bible est la clé de l'histoire humaine. L'histoire accomplit pas à pas les desseins divins annoncés au début, sans cesse rappelés au cours des âges et perceptibles aux âmes droites. La correspondance est si exacte entre les faits et le livre, que seul put écrire le livre celui qui suscita les faits.

Bossuet va donc, après Malebranche, tracer le plan de Dieu, en utilisant comme Huet les prophéties. Mais là s'arrête la ressemblance entre les deux précepteurs. Celui qu'on appela le dernier Père de l'église n'a pas d'inquiétude touchant la certitude rationnelle. Il a en la raison la confiance des thomistes et des cartésiens. Et surtout, au lieu d'un catalogue énorme et indigeste de toutes les prophéties mises sur le même plan avec leur réalisation en regard (1), Bossuet va construire une des plus merveilleuses œuvres d'art du grand siècle. Comme d'autres classiques, ses contemporains, il ne dira rien de nouveau peut-être, mais il placera mieux la balle. Le choix et la disposition des arguments font l'originalité grandiose du Discours.

Ce n'est pas qu'il fût incapable de recherches personnelles et de critique en histoire profane, il a fait ses preuves dans les « Variations ». Il paraissait moins apte à l'exégèse et à la critique sacrée, enchaîné qu'il était par le respect des opinions traditionnelles et le souci constant de l'édification (2). Aussi utilise-t-il largement les ouvrages particuliers des derniers apologistes (3). Ainsi sa division en sept périodes du temps qui s'écoule d'Adam à la naissance de Jésus-Christ fait penser aux six périodes que le pasteur Jean d'Espagne (4) intercalait entre la création et la mort du Sauveur. L'idée de fonder son apologie sur la perpétuité

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