Partie II, c. 4, p
l'âge d'or de l'apologétique classique
Aristobule pour le sacerdoce provoquent l'intervention de Pompée, qui les assujettit tous deux et détrône Antiochus, l'asiatique roi de Syrie. Ce sont les trois princes dont Zacharie avait prédit qu'ils seraient retranchés en un seul mois (1). La royauté est donnée à Hérode qui brouille la succession des pontifes. Le peuple opprimé et les pharisiens humiliés aspirent après un Messie guerrier ; ils l'attendent fermement à cette époque, justement d'après les prophéties, et ceci est un argument bien fait pour frapper.
Jésus paraît. « Il annonce de hauts mystères, mais il les c confirme par de grands miracles ; il commande de grandes « vertus, mais il donne en même temps de grandes lumières, de « grands exemples et de grandes grâces » (2). Pour la première fois, la vie future est clairement révélée. Moïse s'était contenté de promettre la félicité temporelle aux juifs charnels, parce qu'il est <f dangereux d'expliquer clairement à l'homme tout ce qu'il est avant qu'il ait connu Dieu parfaitement » (3). La croyance à l'immortalité admise prématurément conduisait les peuples à l'adoration des morts, comme les Gaulois, ou à la métempsycose, comme les Hindous.
Il fallait une vertu plus qu'humaine pour répandre et mettre en pratique les hautes vérités de l'évangile dans un monde immense et pervers, et, pour être plus éclatante, cette vertu devait se manifester dans la faiblesse. Aussi le Saint-Esprit descend-il sur douze pêcheurs incultes qui fondent l'église du Christ. Aussitôt s'exécutent les jugements de Dieu sur les juifs et sur les gentils. La dernière désolation des juifs « n'est plus une transmigration comme celle de Babylone, ce n'est pas une suspension du gouvernement et de l'état du peuple de Dieu » (4), ils cessent d'être le peuple de Dieu. Le peuple nouveau se greffe sur l'ancien, hérite de ses destinées. Cependant, alors que les peuples vainqueurs d'Israël, assyriens, grecs, romains ont depuis longtemps disparu, Israël est mystérieusement conservé pour l'enseignement des fidèles, et pour le jour prédit (5) où il viendra au Christ. Les païens adoptent la foi nouvelle ; — notre auteur, tombant dans une illusion un peu forte, admet facilement que le monde entier a été évangélisé peu après J.-C. (6). Appuyée sur des miracles ou