‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 61 sur 390 · Zach. 11, 8. Bossuet, partie II, c · texte numérisé non relu

Zach. 11, 8. Bossuet, partie II, c

,';. Rom. 11, 28.

C. 12 pêcheurs auraient converti l*unîvcrs. En fait, ils convertirent de petits

Sa venue

Réj action

des Juifs.

Adoption

des Gentils

^•iA.«r.4iu--<«k<>*iw4i>t tat!**-

jr'^-<»ï»'!»«»MM"li*=**'^-**'^' ■»«"

BHngHHpi

>«MMk«*i

':^Aé3èik^Sèâ^Êiiimâ

'*Ssf?S^

l'âge d'or de l'apologétique classique

non, cette extension rapide est surnaturelle, particulièrement dans la seconde hypothèse. La jeune église où fleurissaient les saints résiste à 300 ans de persécution, et tôt après aux hérésies (1). '

Bossuet, arrivé au cœur de sa démonstration, s'arrête avec complaisance aux deux épisodes dont l'opposition dramatique fait le centre de son tableau : la réjection des Juifs, l'adoption des Gentils.

De leur propre aveu, enregistré dans le Talmud, les juifs n'ont jamais été plus cruellement frappés que dans leur dernière désolation. Elle fut annoncée par les prodiges qui éclatèrent dans le Temple après la mort de Jésus, par un paysan qui cria sept ans dans les rues : « Malheur à Jérusalem ». La seconde chute du Temple prit comme la première les juifs au dépourvu : le feu fut mis malgré Titus. Les juifs s'entredéchiraient. En sept mois, il en périt 1.100.000. Jésus-Christ avait prédit tout cela peu avant sa passion, « afin qu'ils connussent mieux la cause de tous leurs maux » (2). Dans une double prophétie, il avait annoncé des pestes, des famines, des guerres, — et, en eff'et, les guerres recommencent vers la fin du règne de Néron, quatre empereurs luttent pour lui succéder ; — de faux prophètes, et Josèphe dit que sous le règne de Néron il y eut un peu partout quantité d'imposteurs. Or, ceci n'était pas facile à prévoir, puisqu'on n'avait pas vu de prophètes depuis 500 ans. Ce redoublement des efforts de l'enfer fut un signe de la colère de Dieu. Jésus donnait aux fidèles le moyen de se sauver quand ils verraient les armées entourer Jérusalem, et, en eff'et, le siège de Titus (an 72), qui ne permettait pas la fuite, fut précédé d'un siège moins étroit, celui de Cestius (68), pendant lequel les chrétiens se retirèrent à Pella, dans les montagnes (3).

Depuis, les juifs sont plus abattus que leur temple. Ils n'ont plus de prophètes et les promesses sont éteintes. La prédiction de J.-C. : « Un autre viendra en ^on nom et vous le recevrez » se vérifie tous les jours. Les juifs sont toujours prêts à se laisser entraîner par de faux messies. Toute leur erreur vient de ce qu'ils

groupes de petites gens. Il fallut des savants ensuite, des Origène et des Augustin pour persuader les lettrés. Ce qu'on peut dire, c'est que tous les grands missionnaires (Colomban, le moine Augustin, etc.) n'ont usé que des procédés des apôtres et non de la sagesse humaine. V. Harnack': La propagande et l'extension du chrislianismc dnns les trois premiers siècles. « Die Mission nnd Ausbreituny des Christentums in den ersten 3 Jahrhunderten », Leipzig, 1906, 2 v. 8«.

Page 1