V. Strowski: « Les Provinciales et les Pensées », 221 sq
L'ennemi
Etat de la défense.
Apologies intellectualistes
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DE l'ASCAI, A r.HATKArUKIANl)
VUE D ENSEMBLE. — LES PRÉCURSEURS
verve «rossière et pittoresque, MersenneW a démontré la ProviiZejZph de Voisin (2) a mis à la disposition des théologiens rhrPtiens une partie de la science talmudique. Turtout Tro^L. suivant l'exemple de Duplessis Mo-naj, a donnéle modèle de l'apologie sérieuse destinée au g-nd pubhc Son traité « de la Vérité de la religion chrétienne » (3) est 1 ou vrage capital avant les « Pensées ... On peut considérer ce pet. Hvre populaire et d'une lecture aimable comme le sommaire de la plupart des apologies qui verront le jour pendant ^e- cenU ans^ Plusieurs auteurs tireront même plusieurs tomes de t*» «hapare de l'écrivain hollandais sur le témoignage des païens enj^aveu du christianisme ou sur les objections des jui s. C est le manuel classique, où l'on établit contre les athées l^. .«---♦«. f^J, religion qui honore infiniment Dieu, contre les déistes « nécessite d'unTreHgion qui sauve les hommes. Après une médiocre démon tratio'n de Dieu, de la Providence et de 7— ^alite 7^ les développements désormais de rigueur sur les emprunts faits par tous les peuples anciens à Moïse, sur les miracles, les prophéties la valeur intrinsèque de la religion chrétienne parfaite en ses 'préceptes, relevée en sa récompense, admirable dans sa propagation, sur l'authenticité des livres du Nouveau Testament, sur les imperfections du paganisme et du mahometisme. sur J.-C consommateur non destructeur de l'ancienne Loi. Quelques tra, s archaïques datent l'ouvrage, tels que l'utilisation des miracles et des prédictions rapportés par les historiens profanes pour prouver la Providence ; les songes et les ordalies concourent a la même fin. La notion de loi physique est encore mal élaborée et rotre auteur ne comprend pas l'objection : Dieu ne s'occupe que de l'ensemble de l'Univers. Mais il excelle dans les démonstrations populaires : l'arrangement du monde, l'excellence de la morale chrétienne. C'est nourri, précis, plein de verve. Et, d autre part, son explication du passage de l'ancienne a la nouvelle alliance et de la révélation progressive, par laquelle Dieu a
Lejeune, 1692 et 1728, de l'abbé Goujet, 1/24 et l/o4.
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, « départi à un peuple nouveau une plus grande abondance de son esprit » (1), n'a guère été mieux présentée.
Malgré Tallure familière du traité, la grande érudition de l'auteur perce par endroits (2) : Ténumération des rapports des traditions païennes avec la tradition mosaïque fait déjà pressentir le trouble torrent de Huet.
En 1666, Messire Jean Belin, évéque et seigneur de Belley, publiait : « Les preuves convaincantes du christianisme où le christianisme est exposé de telle sorte qu'on ne peut jamais douter de sa vérité et l'on connaît évidemment qu'il faut l'embrasser » (3). C'est un cours scolastique en 13 leçons fait au collège de Cluny, pesant, pédant, ratiocinant, où les syllogismes se rangent sous « 3 objections, 6 chefs principaux, 10 articles ». Toute la suffisance du docteur de Navarre s'y étale. Convaincu de la valeur souveraine de sa démonstration, il estime qu'aucun adversaire ne doit subsister après elle. Et cependant l'idée centrale de ce monument illisible est l'idée forte et féconde que seul le christianisme conduit parfaitement l'homme à sa fin, qui est la claire vision de Dieu par la sagesse et la sainteté. C'est par un côté l'idée de Pascal, mais elle reste ici dans l'abstrait, jamais vivifiée par le drame de l'expérience personnelle et des ailes brisées.
La même année, le P. Paul Beurrier, curé de St-Etienne-du- Mont, mettait au jour un Spéculum christianœ religionis, in triplici lege naturali, mosaïca, et evangelicaH), « carquois plein de traits variés » à l'usage des prêtres et des missionnaires. Il y établissait la perpétuité de la foi et de la religion chrétienne, progressivement révélée depuis l'origine du monde et développée dans la loi naturelle, la loi écrite et la loi de grâce. Mais son 4' livre, plus directement apologétique, montrait qu'il n'y a pas de vie meilleure que la vie chrétienne, le christianisme étant la religion la plus propre à donner le bonheur pendant la vie et à la mort. L'ouvrage n'est qu'un assez bon sommaire des arguments anciens, dressé par un homme d'esprit médiocre, très pieux et sans haine. Mais, tout en signalant la multiplication des incré-