Tome III, p
l'âge d'or de l'apologétique classique
c( son père la religion mahométane est préférable à la religion « chrétienne et Jésus-Christ est moindre que Mahomet » (1), car en adorant J.-C. nous adorons une créature, tandis que Mahomet sauvegarde la souveraineté de Dieu. Après Mahomet, les hommes ne sont pas retombés comme après Jésus dans la superstition. Il est plus véritable que Jésus puisqu'il se donne comme un simple envoyé, plus sage puisqu'il travaille ainsi au rétablissement r'e la vraie religion, tandis que J.-C. rabaisse Dieu en se confondant avec lui, plus charitable puisqu'il préserve les hommes de l'idolâtrie (2).
En second lieu, si Jésus-Christ n'était pas le vrai Dieu, « le « sanhédrin aurait fait un acte de justice en le faisant mourir ou « du moins les juifs auraient bfen fait ensuite de s'en tenir à cette « sentence » (3). En effet, Jésus a pris le nom de Dieu alors que l'article essentiel de la Loi est : tu n'auras point d'autres dieux devant ma face. Ses disciples lui en attribuaient les titres : « Tu sais toutes choses » (4) ; « il n'a point réputé à rapine d'être égal à Dieu » (5). « Si J.-C. n'est point égal à Dieu et si c'est un crime de le penser, pourquoi le dire ? » (6). Cette expression ne sert ni à la gloire de Dieu qu'elle ravale, ni à élever J.-C. qui peut être grand sans égaler l'être parfait, ni à édifier les hommes puisque c'est un blasphème. — Ils lui appliquaient les oracles de TA. T. en le nommant le saint des saints, le roi des siècles. Lui-même s'est fait adorer par les bergers et les mages, par les anges mêmes, à en croire les évangélistes, or il disait : « tu adoreras le Seigneur ton Dieu et à lui seul tu serviras » (7).
Si donc le Christ n'est pas vrai Dieu, lui et les apôtres « nous ont eux-mêmes engagés dans l'erreur » (8), et cela détruit les idées que l'Ecriture nous donne de la charité de Dieu. Car Dieu n'a plus fait un grand sacrifice : il a procuré notre salut à bon marché. Si Jésus est un simple homme. Dieu fait plus pour lui en lui donnant la vie éternelle et la royauté sur les âmes en échange d^une vie misérable, qu'il ne fait pour le monde. Et il ne faut plus dire: Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, mais Dieu a tant aimé son Fils qu'il lui a donné le monde.