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L*AGE d'or de L*AP0L0GÉTIQUE CLASSIQUE
gie » (1). Comédie ou artifice du malin cet ange qui apparaît à Moïse et Abraham et prétend être Dieu lui-même. On peut en dire autant de J.-C. que les juifs voulaient lapider parce qu'étant homme il se faisait Dieu (2). Les apôtres ne cherchent pas à le disculper. Au contraire, « il semble qu'ils n'écrivent ensuite que « pour confirmer cette accusation. Car, sachant ce qui se passe, « ils lui donnent après sa mort des titres qu'il n'a jamais pris <i pendant sa vie » (3). A l'égalité avec Dieu ils ajoutent l'identité. Passons aux objections. Elles sont tirées de trois sources, la raison, l'analogie de la foi, l'Ecriture. Smalcius (4) dit : si nous trouvions clairement dans l'Ecriture que Dieu a été fait homme, il faudrait « inventer quelque façon de parler qui fît qu'on pût dire cela de Dieu plutôt que de l'entendre au pied de la lettre ». Car notre raison y répugne. Mais la raison de l'homme, naturellement bornée, est de plus corrompue par « le commerce nécessaire qui est entre ses pensées et ses passions » (5). Au lieu de dire : je ne croirai pas une absurdité, même dans l'Ecriture, il faut dire : je croirai ce qui est dans l'Ecriture, même absurde.
La plus considérable objection est prise du silence de l'Ecriture touchant la Trinité. Les choses nécessaires au salut y sont, dit-on, souvent et clairement expliquées. Or, Luc, par exemple, ne dit pas un mot de l'union hypostatique des deux natures en Christ. Pierre, dans son premier sermon qui convertit 3.000 hommes, ne dit pas un mot de l'Incarnation. Pas davantage Paul à Athènes et devant Félix. — Mais il suffit qu'on puisse tirer une doctrine de l'Ecriture par voie de conséquence naturelle. Ainsi la parfaite sainteté de J.-C. ne se trouve nulle part formellement déclarée. Il entre dans le plan de Dieu de ne pas révéler d'abord tous les mystères : la vie future, obscure chez Moïse, est manifestée par J.-C. Enfin, Pierre parlant à des non convertis devait leur apprendre les faits avant les mystères.
Au 17*' chapitre de l'évangile selon St-Jean, Jésus dit : « C'est ici la vie éternelle de te connaître seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ». — Notre auteur a recours au distinguo qui fournit à l'orthodoxie sa réponse passe-partout : Jésus-Christ peut être considéré dans deux états difi"érents, l'état d'humiliation et l'état de gloire. Dans le premier il prend des noms qui expriment son abaissement, dans le second des noms qui marquent son