Paris, de Bresche
4. « In quo quœ potissimum faciunt ad fldei confirmationem et conversionem atheorum et quorumvis inûdelium sincère exhibentur. » Paris, Langlois, 8*». L'auteur est le prêtre qui visita Pascal mourant et qui crut un moment que le grand homme reniait la doctrine janséniste de la grâce.
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dules, Beurrier se préoccupe de les prendre chacun selon sa qua- . lité: politiques, philosophes, libertins. Il donne une brève methode de discussion avec les athées, les idolâtres, les juifs et les mahométans. Avec les athées et les politiques, il faut détruire d'abord l'orgueil et la sensualité, partir d'idées admises par tou le monde : la mort inévitable, l'incertitude de la destinée, et, avant tout, émouvoir la conscience.
Il n'est pas impossible que Pascal ait connu ce manue^ car il eut du succès. L'auteur en fit vers 1673 une deuxième édition augmentée, puis en tira 200 homélies en français. Il eut le bonheur de ramener par elles plusieurs douteurs de sa paroisse et d ailleurs qui gâtaient les catholiques faibles. Aussi en publia-t-il une édition française en 1680, sous le titre de « La perpétuité de la foi et de la religion chrétienne » (1).
Le trait commun de ces diverses apologies est un intellectualisme confiant et étroit. La religion se démontre par des arguments rationnels, auxquels les méchants seuls résistent. Belin lui-même qui fait parfois appel à des arguments d'ordre moral, veut « contraindre tous les hommes par la force de la raison a suivre et embrasser le christianisme » (Préface). N'est-il pas en parfait accord avec la raison et la clarté ne lui est-elle pas essentielle ? Des trois mystères chrétiens : Trinité, Incarnation, Eucharistie, le premier est presque démontré, les deux autres prouvés possibles. En tout cas, s'il arrive à la foi d'être obscure en son objet, que l'on admet par témoignage, elle est claire en son motif, parce que ce témoignage est évidemment authentique.
L'apologète commence par démontrer du point de vue philosophique la possibilité et la nécessité d'une révélation surnaturelle, il en montre ensuite, au point de vue historique, la réalité. A priori, étant données l'existence et la puissance de Dieu, les faits de la révélation sont possibles ; étant donnée sa honte, ils sont vrais. A posteriori, l'Ecriture est authentique et la tradition fidèle ; leur contenu est donc certain. Peu importe qu'il ne soit pas entièrement intelligible, l'origine du contenant garantit la mérité et la bonté du contenu. Je suis un malade à qui un n>édecin sûr ou un ami fidèle envoie un remède dont on discerne mal la composition. Je l'accepte les yeux fermés. Dieu a-t-il parlé ? Tout le problème est là. S'il a parlé, quoi qu'il ait dit, écoutons-le. Et les apologies classiques insisteront davantage, les unes, comme celle de Malebranche, sur la démonstration philosophique de la révélation, les autres, à l'exemple de Grotius, sur la démonstration historique.