‹ De Pascal à Chateaubriand [microform]. Les défenseurs français du christianisme de 1670 à 1802Chapitre 10 sur 390 · V. Bil)liographîe · texte numérisé non relu

V. Bil)liographîe

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VUE d'ensemble. — LES PRÉCURSEURS

Mais historiens ou métaphysiciens, en autorisant les mystères, proposent à notre esprit une vérité extérieure, qui. suivant un Lt de Leibniz, peut bien être apprise, mais non pas comprise (1). En matière de vérité, le contenu n'est pas acceptable s il n est pas assimilable, et il n'est pas assimilable s'il n'est pas conforme aux lois de la pensée ou aux exigences d'une conscience donnée. J ai beau accepter le contenant pour des raisons historiques, je repousse le contenu pour des raisons logiques ou morales. La vente offerte reste un corps étranger dans mon esprit.

Toutes les démonstrations rationnelles du christianisme dogmatique vont se heurter pendant un siècle à cette fondamentale objection.

11 n'est pas dimcile de retrouver dans les Pensée* les pierres P""*^" -■ d' t^nL d'une démonstration de ce genre. C'est l'apologie que Une apoU>- PASCAL aurait pu écrire après sa première conversion. Ma il y a &«'^ l'ébauche d'une autre, qu'il ne pouvait écrire qu'après la totale nouvel ^ ) renonciation. De même que, dans cette seconde crise, la lutte ne s'est pas engagée sur le terrain de la pensée qui était convaincue, .nais sur le terrain de la vie : « Je m'en suis sépare, je 1 «' Ju'' renoncé, crucifié », l'apologie nouvelle vise moins a la tête qu au coeur. Elle veut atteindre dans l'homme le fond de 1 être et la source de la vie, non pas seulement la raison, qui, faculté essentielle de l'espèce, est bien ce qu'il y a de plus impersonnel dans l'individu. L'apologétique n'est plus une science théorique, c est un art pratique. Pascal a fait une expérience ; il veut amener les autres à la faire aussi, en parcourant les étapes qu'il a lui-même

''"orco'ii^ait sa tactique. La première démarche consiste à révéler l'homme à lui-même, à lui faire sentir sa misère. Son état que les philosophes jugeaient normal, est un intolérable malaise. Avide de vérité, de vertu, de bonheur, l'homme livré à sa faiblesse en est à jamais incapable. Mais Pascal dresse en face du pécheur la personne de Jésus-Christ, modèle et Sauveur à la fois. Homme normal, il fait mesurer au pécheur son infirmité ; homme-Dieu, il

1 Œuvres philosophiques, é.i. Paul Janel, Paris. Ladrange. 1860, 2 v. 8» ;

'• '2 on r"rrcher^"''pas dans ces quelques pages une é,ude proprement di.e su "Ipolo^ie pasoalienne, sujet inépuisable ^'^'^^'"^"^J^^^J^ ^^X volumes, entent articles par les penseurs les Pl"\P^™*^^"«^:„„f ^^ fX,

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fempUràr plusieurs tomes, e, nous avons tan. d'oubliés à rappeler du fond des brumes cimmériennes !

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VUE D*ENSEMBLE. — LES PRÉCURSEURS

dules, Beurrier se préoccupe de les prendre chacun selon sa qua- . lité : politiques, philosophes, libertins. Il donne une brève méthode de discussion avec les athées, les idolâtres, les juifs et les mahométans. Avec les athées et les politiques, il faut détruire d'abord l'orgueil et la sensualité, partir d'idées admises par tout le monde : la mort inévitable, l'incertitude de la destinée, et, avant tout, émouvoir la conscience.

Il n'est pas impossible que Pascal ait connu ce manuel car il eut du succès. L'auteur en fit vers 1073 une deuxième édition augmentée, puis en tira 200 homélies en français. Il eut le bonheur de ramener par elles plusieurs douleurs de sa paroisse et d ailleurs, qui gâtaient les catholiques faibles. Aussi en publia-t-il une édition française en 1680, sous le titre de « La perpétuité de la foi et de la religion chrétienne » (1).

Le trait commun de ces diverses apologies est un intellectualisme confiant et étroit. La religion se démontre par des arguments rationnels, auxquels les méchants seuls résistent. Behn lui-même qui fait parfois appel à des arguments d'ordre moral, veut . contraindre tous les hommes par la force de la raison à suivre et embrasser le christianisme » (Préface). N'est-il pas en parfait accord avec la raison et la clarté ne lui est-elle pas essentielle ? Des trois mystères chrétiens : Trinité, Incarnation, Eucharistie, le premier est presque démontré, les deux autres prouvés possibles En tout cas, s'il arrive à la foi d'être obscure en son objet, que l'on admet par témoignage, elle est claire en son motif, parce que ce témoignage est évidemment authentique.

L'apologète commence par démontrer du point de vue philosophique la possibilité et la nécessité d'une révélation surnaturelle, il en montre ensuite, au point de vue historique, la réalité. A priori, étant données l'existence et la puissance de Dieu, les faits de la révélation sont possibles ; étant donnée sa honte, ils sont vrais. A posteriori, l'Ecriture est authentique et la tradition fidèle ; leur contenu est donc certain. Peu importe qu'il ne soit pas entièrement intelligible, l'origine du contenant garantit la vérité et la bonté du contenu. Je suis un malade à qui un n>édecin sûr ou un ami fidèle envoie un remède dont on discerne mal la composition. Je l'accepte les yeux fermés. Dieu a-t-il parlé ? Tout le problème est là. S'il a parlé, quoi qu'il ait dit, écoutons-le. Et les apologies classiques insisteront davantage, les unes, comme celle de Malebranche, sur la démonstration philosophique de la révélation, les autres, à l'exemple de Grotius, sur la démonstration historique.

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