ANNEXE
Comme complément de ce que je viens de dire de la nouvelle Autriche allemande (p. 13), je rappellerai que le Tirol, le Vorarlberg et la minuscule principauté de Liechtenstein n'ont pas manifesté un grand empressement à en faire partie. Il semble même qu'ils préféreraient se rattacher à la Suisse.
Ce serait là, assurément, une très heureuse solution que le Congrès de la Paix devrait envisager dans l'intérêt de protection personnelle de la Suisse et de celle de l'Europe alliée. Ce sont des populations de langue allemande, comme celles des cantons suisses limitrophes; il n'y aurait, de ce côté, nulle difficulté. Je ne vois qu'une seule objection, c'est que ce sont des populations catholiques et que la Suisse n'aime pas à augmenter la minorité catholique, mais j'espère que, à la réflexion, les intérêts politiques de la Suisse l'emporteront sur les préoccupations confessionnelles.
J'ajoute que la ligne de chemin de fer de l'Arlberg a été, pendant la guerre, une arme terrible contre nous entre les mains de l'Autriche et de l'Allemagne. Cette voie ferrée leur a permis de pénétrer directement de la vallée du Danube dans celle du Rhin en
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tournant la Bavière au sud et en avançant directement sur le territoire badois et wurtembergeois. C'est par là que les Autrichiens ont pu arriver facilement et rapidement sur notre front. Il ne faut pas oublier, en effet, que c'est surtout une ligne stratégique; c'est pour cette fin qu'elle a été entreprise et exécutée à double voie sur tout son parcours, malgré le prix énorme de cent millions de couronnes qu'a coûté sa construction.
Il faut donc enlever à l'Autriche cette arme offensive puissante. Il faut encourager le Tirol, le Vorarlberg et la principauté de Liechtenstein à suivre le destin de la Suisse qui sera certainement plus heureux, plus paisible, plus assuré que celui de l'Autriche.
Il n'est pas inutile de faire remarquer, au point de vue de l'utilisation du Corridor et de l'avenir de la Yougoslavie à laquelle je m'intéresse tout particulièrement, que, d'Innsbruck, on atteint rapidement la Carinthie et les pays Slovènes: Sveti-Mohor 21.07 % de Slovènes, Beljak (Villach) 23.93, Celovec (Klagenfurt) 24.21, Velikovec (Volkermarkt) 27.36, Maribor (Marburg) 80.45.
En effet, d'Innsbruck, une ligne de chemin de fer se détache par le Brenner pour atteindre Franzensfeste, Toblach, suit la vallée de la Drava ou Pustertal, arrive à Lienz, Spital (Spittal) et Beljach (Villach) après un parcours de 300 kilomètres seulement où l'on rencontre l'embranchement sur Venise par Pontebba. Puis le chemin de fer atteint bientôt le centre