PRÉFACE IX
siner, en toute tranquillité, à l'abri des difficultés qu'Autrichiens et Hongrois ne manqueraient pas de leur susciter. On pourrait donc aller de Prague à l'Adriatique, sans quitter le rail slave. Le bon voisinage de ces deux nations actives et industrieuses serait profitable à tout le monde. Cette voie de communication inter slave occuperait la majeure partie du bassin de la Raab, correspondant aux Comitats Hongrois de Moson, Sopron, Vas et Zala. Elle aura environ 100 kilomètres de largeur (E.-O.) sur 200 kilomètres de longueur (N.-S.).
La Marche slave est donc destinée, d'une part, à faire communiquer les Slaves du Nord avec ceux du Sud et, d'autre part, à empêcher l'union territoriale, la fusion intime de la Hongrie avec les groupes des provinces allemandes (Haute et Basse Autriche, Salzbourg, Styrie, Carinthie, Tyrol allemand et Vorarlberg), qui survivront forcément à la disparition de l'Empire, et formeront une masse compacte de cinq millions et demi d'Allemands. Ces provinces constituent la nouvelle Autriche allemande, et, comme elles possèdent une certaine cohésion, elles sont certainement appelées à jouer un rôle. Déjà une Assemblée Nationale Constituante provisoire s'est réunie à Vienne, le 21 octobre 1918, sous la présidence du député socialiste Seitz. Qu'adviendra-t-il finalement de tout cela? Je ne sais. Mais, ce que je sais bien, et ce dont je suis absolument convaincu, c'est qu'il faut