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je À mesure que nous avançons, le réveil de la végéta. " tion se montre de plus en plns prononcé. À Beaugency, le les amandiers commencent à montrer quelques fleurs, à de Blois ils sont en pleine floraison.
4 Il était 8 heures passées lorsque nous sommes arrivés
+18 à Tours, de sorte que nous ne pûmes visiter cette ville qu'à
la clarté de la Lune. Sa cathédrale nous parut assez remarquable, bien que ses tours s'annoncent comme étant trop lourdes.
10 mars.—Dès les 5,45 h. a, m., nous étions installés dans le convoi en route pour Bordeaux, Une pluie assez abondante semblait s’'annoncer comme devant persévérer tonte la journée, cependant vers les 7 h. les nuages se dissipèrent tellement que le soleil brilla dans tout son éclat.
À 7.56 h. nous mettons pied à terre à Poitiers pour prendre le déjeüner ; les quelques minutes seulement qui nous sont données ne nous laissent pas le temps de faire même la plus petite excursion dans la ville, dont le nom #4 hous est devenu familier par les savants écrits de son der- | à |
hier évêque, Mgr Parisis, Nous poursuivons de suite notre eRoute jusqu'après 11 heures, lorsqu'on nous arrête à Angoume pour y prendre le diner.
L'administration des chemins de fer ne vise pas seule. ie ent ici au confort des voyageurs, mais elle s'occupe encore it delle leur agrément. A chaqne station, surtout lorsqu'il s'y Ci LrEd
trouve un buffet, nous avons un joli parterre à notre disposition, où s’étalent des fleurs en profusion et souvent
des plus rares; et parfois nous ne savons ce qu’il faut ad- }
mirer davantage, ou de l'éclat des fleurs qu’on cultive, ou de l’art avec lequel on les dispose. Je trouve ici, à Angoulême, de magnifiques fuchsias dans le parterre, tout couverts de fleurs, avec de superbes ribes ornementales, à fleurs jaunes du plus bel effet, Les magnolias ont les bourgeons un peu plus développés qu’au jardin du Luxembourg, mais ne montrent pas encore leurs fleurs.
Sur presque tout le continent européen, les voitures de chemins de fer ont: une disposition toute différente de celles de l'Amérique. Les chars, au lieu d’une grande salle unique où se rangent les bancs à la suite les uns des autres de chaque côté d'une allée médiane, sont divisés itransversalement en compartiments pouvant loger 10 personnes, 5 de de chaque côté se faisant face. Les portes sont toutes latérales, et une fois renfermé dans votre compartiment, vous n’en pouvez plus sortir qu’à la station suiaante. Ce système a ses avantages et ses inconvénients, Malheur à vous, par exemple, si vous vous trouvez pressé de soulager la nature, il vous faudra endurer votre coliqne jusqu’à la prochaine station, et encore ne vous donnerat-on là que quelques minutes, que vous ayiez été retardé ou non par d’autres qui occupaient les places avant vous, La propreté de ces cabinets laisse souvent aussi à désirer. Pas moyen non plus d’étancher votre soif sur la route, à moins que vous n’ayiez en la précaution de renfermer une bouteille de vin dans votre porte-manteau. Il arrive souvent aussi que la société de ceux qui viennent partager votre compartiment n’est rien moins qu’agréable ; pas moyen de l'éviter. D'un autre côté, n'êtes-vous que 2, 8 ou 4 en semble, vous pouvez tout à votre aise vous étendre sur les bancs et vous y livrer au sommeil.
On voyage généralement ici, et même les personne de bon ton, dans les voitures de 2de classe, qui sont tri confortables, bien rembourrées et très propres. Il n’y ‘pour ainsi dire que les princes et les grands seigneurs qu se rangent dans la 1ère classe, aussi ces compartiment sont-ils presque constamment vides,
Ajoutons en jamais parler ici même s'étonner appellent tout :
qu'on prononce le cri qui reten partir. Que l’ac appellations, il m dedésignercomn de forme particu çais de qualifier ] nous semble une rien de rationnel que ; cependant :
français que notre France, à force d
qualités, en sont ; ment le monopole ous les autres per ce qui leur manq que le premier ve la leçon, s’il vous usage chez eux, vagon que vous dans un entretien prononcer le mot 1 répartit mon je nous sommes tell troyions que les f plus haut degré, m destie et de savoir-
En partant d’ ment trois dans M. Bolduc, et un 1 à Ja boutonnière, e Ce monsieur parais tion ne tarda pas ques questions s vins à lui parler
Ajoutons encore une autre particularité. On n'entend jamais parler ici de chars de chemins de fer, et on parait même s'étonner de nous entendre désigner ainsi ce qu'ils appellent tout simplement voitures, ou pariois wagons, qu'on prononce vagons, “ En voiture, messieurs,” tel est le cri qui retentit dans toutes les gares au moment de partir. Que l'académie se prononce pour ou contre nos appellations, il me semble que nous sommes bien libres dedésigner comme nous le jugerons convenable des voitures de forme particulière qui nous sont propres, libre aux fran-
® K çais de qualifier les leurs suivant qu’il leur plaira. Vagon 8 K nous semble une corruption du mot anglais wagon qui n’a € L'rien de rationnel et qu’on doit trouver fort peu euphoni- $ Rque ; cependant n'allez pas entreprendre de persuader aux 8 E français que notre mot vaut bien le leur. Nos frères de TE France, à force de se vanter et d’exalter outre mesure leurs 8 qualités, en sont venus à croire qu'ils possèdent exclusire- DE ment le monopole des connaissances en tont genre, et qne ï tous les autres peuples doivent aller emprunter chez eux s,
* ce qui leur manque. Ce sentiment est si gééral chez enx, "que le premier venu ne se gène nullement pour vous faire la leçon, s’il vous arrive d'employer une expression peu en usage chez eux, ‘“ Un char, dites-vous ? mais c'est un vagon que vous vouiez dire?” Il m'arriva, un jour, dans un entretien avec un tout jeune prêtre français, de prononcer le mot piquet. “ Mais c’est piqué qu'il faut dire,” repartit mon jeune suffisant. — Monsieur, reqliquai-je, nous sommes tellement attachés à la France, que nous croyions que les français avaient toutes les qualités au plus haut degré, mais je vois qu’une certaine dose de m2 Bdestie et de savoir-vivre ne leur siérait pas mal.
En partant d'Angoulême nous nous trouvâmes seulement trois dans notre compartiment: mon compagnon M. Bolduc, et un monsieur fort bien mis, portant le ruban à la boutonnière, et pouvant avoir la soixantaine environ, Ce monsieur paraissant d’un fort bon commerce, la convertion ne tarda pas de s'engager entre nous. Après quelques questions sur le pays que nous traversions, j'en vins à lui parler du gouvernement de la France. M'6
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tant enquis préalablement s'il n'était pas un étranger comme nous, il me répondit qu'il était dn pays, un mili. taire en retraite, qu’il avait fait la campagne de Crimée, et que maintenant il se livrait à la culture dans le voisinage de Tours. Après diverses autres questior ‘me hazatdai à lui demander :
—Que pensez-vous de votre République? Croyezvous qu'elle vive ?
—Mais pourquoi pas? Certainement qu'elle vivre. Est-ce que vous pensaz, vous, qu'elle ne vivra pas ?
—Nouns sommes des étrangers, et nous ne jugeons des choses que par ce que mous en avons vu dans les journaux. Or j'en suis venus à la conclusion que votre Répu:blique ne peut durer longtemps.
—Mais pourquoi ?
—Parce qu’elle recèle des germes de mort qui doivent nécessairement amener sa perte.
— Mais que voulez-vous dire? Expli,. vous. Quels sont ces germes de mort ?
—Les voici : les principes qui servent de base à la stabilité des gouvernements sont méconnus chez vous; les règles qui garantissent la sécurité ne sont pas respectées ; la liberté qu’on fait sonner si haut n'est plus qu'un mot, elle n’a plus de valeur que pour opprimer les faibles, violenter les consciences, violer la propriété individuelle.
—Mais où ? mais quand ? mais comment ces choses sont-elles arrivées. Expliquez-vous, reprit mon homme avec vivacité.
—Fort bien, N’ai-je pas vu que tout dernièrement on avait expulsé des propriétaires de leurs demeures, contre toutes les règles de la justice et du droit ?
— Où ça? Jamais.
—Tout récemment, je lisais dans les journaux que
par un guichet français, né en ] je tiens ici dans ton de moi ?
—Que vous —Je ne cèd c'était un Père J —Oh ! un J.
Jésuites en ont t bien de la sociét.
Uns ont eu à sou dans tous les état
—Les Jésuit plait, racontez-m fort aise de l’ente moi aussi, ce qu’o ce que vous pouv j'en connais.
— Mais l'histo a été obligé. de le
—C'est vrai :
familles tant soit } quelques mauvais des mécontenteme qui est une très g bles et ces divisior siècle dernier, que dirent pour dema les représentant c
peuples. L'Eglise, de ses enfants, cru et supprima l’ord sa liberté d'action
rétablir, et aujourc
dans une certaine ville non loin d'ici, les agents de l'autorité frouve encore des
se présentèrent devant la maison d’un certain propriétaire
et qu'on l’invita à sortir. Le propriétaire, qui s’attendaif
à cette visite, avait barricadé sa porte, et il dit aux agent
ésuites un obstac sseins pervers €
société,
DB QUEBEC A JERUSALSM 43
par un guichet: Que me voulez-vous ? Je suis citoyen français, né en France, j'observe les lois de mon pays, et je tiens ici dans ma main l'acte de ma propriété, qu'exigeton de moi ?
—Que vous sortiez de cette maison.
—Je ne cèderai qu'à la force, répondit le Père, car c'était un Père Jésuite.
—Oh ! un Jésuite! voila la clef de l'énigme. Mais les Jésuites en ont tant fait qu'il a fallu, pour le plus grand bien de la société, des mesures générales dont quelques uns ont eu à souffrir. On rencontre des cas semblables dans tous les états.
—Les Jésuites en ont tant fait, dites-vous ; s’il vous plait, racontez-moi donc ce qu'ils ont fait, Je serais fort aise de l'entendre de votre bouche; je sais un peu, moi aussi, ce qu'ont fait les Jésuites, mais je parierais que ce que vous pouvez m'en dire sera tout différent de ce que jen connais.
— Mais l’histoire est là ; ils en ont tant fait que l'Eglise a été obligé. de les supprimer.
—C'est vrai; mais vous savez que dans toutes les familles tant soit peu nombreuses, il se rencontre toujours quelques mauvaises têtes qui viennent à bout de soulever des mécontentements et de troubler l'harmonie, Or l'Eglise qui est une très grande famille, a parfois à subir ces troubles et ces divisions. Ilarriva un moment, vers la fin du siècle dernier, que presque tous les gouvernements s'entendirent pour demander la suppression des Jésuites, l'impiété les représentant comme un obstacle à la prospérité des peuples. L'Eglise, en mère compâtissante pour la faiblesse de ses enfants, crut devoir, pour le moment, céder à l'orage, et supprima l’ordre de St Ignace. Mais du moment que sa liberté d'action lui fut rendne, l'Eglise ne tarda pas à les rétablir, et aujourd’hui, de même qu'il y a un siècle, il se Krouve encore des mauvaises têtes qui trouvent dans les
. ésuites un obstacle formidable pour l'exécution de leurs
desseins pervers et qui veulent les mettre au ban de la société,
Mais revenons à la question de propriété et de sécurité personnelle. Nur le refus du Père Jésuite de sortir de sa demeure, sa véritable propriété, l'agent ordonna de crocheter la serrure ; puis on saisit le propriétaire et on le traîna brutalement dans la rue. Or je vous le demande, en quoi la qualité, la condition ou la profession d’un citoyen peut-elle affecter son droit de posséder ? Si aujourd'hui, au nom de la légalité, on peut arracher Pierre de sa demeure et le lancer dans la rue, parce qu'il prie Dieu trop longtemps et qu'on l’appelle Jésuite, ne ponrra-t-on pas demain aller traiter de la même manière Paul, parce que
—Mais bedaine de :
rait encore a c'est que si v vous trouve aider ; faire jusqu’à oblig:
semble une s bienfaiteur « l'ennemi de |:
: re À —Oh!; ce sera, par exemple, un ancien militaire et que peut-être Oh ! je il ne priera pas assez ?...... Et ne voyez-vous pas de suite la 41° Vous ne F
ouvertement |
tyrannie, l'arbitraire, l'anarchie dans la communauté ? Non, un gouvernement qui ne sait pas respecter le droit et la justice, ne peut subsister, il a en lui-même un germe de mort
ayec vous, 1 sont assez rusi
qui tôt on tard produira son effet ! — Vous pe ee , Bent? | Mon homme ne dissimula pas, en entendant ces ré. Et b À é L compagnon et flexions, de vifs sentiments d’impatience; cependant il se contint ; mais bientôt changeant un peu de ton, il poursuivit, ni d es nôtres.
—Tenez, entre nous, le prêtre a un regard faux; c’est Vons
un ennemi de la société qui cache son jeu. comme les vôt
reconnaitre, q sommes en tou de la société, 1 cherche consts
—Mais que voulez-vous dire par ce regard faux ?
Mais oui! vous le rencontrez, il feint de ne pas vous remarquer ; puis avec son air humbleet piteux, il vous regarde en dessous, en méditant les trames qu’il mettra en
jeu pour vous dominer et vous asservir, —Mais qu — Vous prétendez que le prêtre a le regard faux; mail. —Nous 80
n'est-ce pas vous plutôt qui, avec vos préventions, le re: ANS Oh! il a In
gardez le premier de travers ? Voila ce qu'il importerait
d'éclaircir. ‘des frères d’out
ls mêmes opin Mon homrn répliques, et sa
qui quelquefois
ègles des convé gnées de mains d'aller le voir, à 1
—Oh! je connais mon monde. Quand j'étais enfant, nous rencontrions souvent notre curé ; c'était toujours ut plaisir pour nous : il nous accueillait avec bonté, nous lui frappions sur la bedaine, il prenait part à nos jeux, se mon trait familier avec tout le monde; c'était là l’ami de sel semblables, le citoyen vraiment recommandable,
écu- —Mais pourquoi n’allez-vous plus frapper ainsi sur la r de M bedaine de votre curé ? Je parierais qu'il vous accueillea de M rait encore avec plaisir. Mais ce dont je n’ai pas de doute, n le D c'est que si vous allez lui demander un service quelconque, nde, Æ vous trouverez toujours en lui un homme prêt à vous oyen Æ aider ; faire du bien à tous, se dévouer pour ses frères l’hui, Æ jusqu'à obliger ceux qui le méprisent, qui le persécutent, a de- D semble une seconde nature chez le prêtre, Et c'est ce trop Æ bienfaiteur de ses semblables que vous accusez d’être n PA l'ennemi de la société ?
> que j ea Sur t a —Oh! je ne me fais pas illusion. Tenez, je vois bien ito la que vous ne partagez pas mes opinions ; mais vous dites
Non ouvertement ce que vous pensez, et il y a plaisir à discuter Mayec vous. Mais il n’en est pas ainsi avec les prêtres ; ils
a jus- k : :
iéui sont assez rusés pour ne pas découvrir leur jeu. — Vous pensez que le prêtre ne parle pas ainsi ouverte- , Bment? Et bien, je vais vous surprendre, c'est que mon ) re- , Ÿ A dr compagnon et moi nous sommes tous deux des prêtres. il se ï :
se ER — Vous des prêtres ? Mais vous n'êtes pas comme les nôtres.
; c'est
—Vous vous trompez; nous sommes absolument comme les vôtres. Nous avons à peine le temps de nous ? reconnaitre, que de suite nous sommes des frères, nous sommes en tout d'accord. Mêmes opinions, mêmes vues dela société, mêmes tendances, mêmes aspirations, recherche constante du juste et du vrai.
vous 1 vous tra en RUE j ;
—Mais qui êtes vous dunc si vous n'êtes pas français ?
— Nous sommes des canadiens, des français de l'Amé rique.
—0h ! il me fait plaisir de pouvoir serrer la main à (des frères d'outre mer, bien que nous n’ayons pas en tout les mêmes opinions, enfant,
Mon homme, bien que vivement piqué parfcis de mes Ars UEépliques, et sans dissimuler les mouvements d'impatience us lu qui quelquefois s’emparaient de lui, ne s'écarta jamais des > MO Eples des convenances et de la politesse, et après des poide Shn6es de mains et l'échange de nos cartes, il nous pressa d'aller Le voir, à notre retour, dans ses terres de la Tourainne.
; mai le rerterait
46 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
—Mais n’y aurait-il pas risque de nc’ faire regarder me rends,
da travers ? dis-je en riant, faire la conna —Oh!js vous promets la plus franche hospitalité, Bien versité, avec plus, j'ai un fils qui s'occupe d’histoire naturelle, et qui sera quelques ann enchanté de faire votre connaissance, Venez passer chez me diérent moi au moins quelques jours, et vous pourrez tout à votreMeulier pour ! aise faire des chasses, examiner ses collections ct vousi tamologie, s'é reposer dans la solitude des fatigues de votre long voyage de l'ordre des Le sava Amais très faib de ma visit versé l’Atla courtoisie, m instances pou dûs décliner,
Mais déjà, sans que pour ainsi d' aous eussions re marqué les nombreuses stations que nous avions passées, nous étions engagés sur le superbe pont qui coupe la Ga. ronne en face de Bordeaux; nous n’eûmes que le temps de remercier notre compagnon de sa cordiale invitation et de hui serrer de nouveau la main en prenant congé de lui, que nons entrions dans la gare. L'horloge de la station indi-
k vous à notre QATAR EN conversation
Bordeaux est une bien jolie ville, sur la rive gauche, quelques de la Garonne, Les nombreux vaisseaux d'outre mer que, pus q nous voyons accostés aux quais nous rappellent le port de. crécentés notre ville de Québec ; mais contrairement à notre capitale, dec dés étu Bordeaux est en pleine rasé, ne présentant ni caps ni col lines, Sa population est évaluée à environ 200,000 âmes, Distante de 363 milles de Paris, la capitale de la Gironde en compte 66 jusqu'à son embouchure dans l'océan, Lol; ja cat Garonne qui a ici une apparence magnifique, nous parut églises que po un peu moius large que le St-Laurent en face de Québec, déjà assez anc A part le pont du chemin de fer, un autre pont en pierre, de ste encore à 17 arches, relie ses rives l’une à l’autre. Bordeaux quilpour sa longt s'énorguillit d'avoir vu naitre dans son sein le moralistéÆtombeau du c: Berquin et le peintre Oarie Vernet, se distingue encoréneur de comp aujourd'hui par le commerce, l’industrie, les sciences et les 11 Mars. arts, Bordeaux était déjà une ville importante lors de la conquête de ce pays par les Romains ; on y voit encore aujourd'hui les restes du palais de Galien.
le moment.
Comme 1:
gé de mon an
nous fait pré:
remarquer sur légère gelée bl
Nous prenons une chambre à l'hôtel le plus voisidus à la gare ] pour refaire notre toilette, et nous nous mettons do suite à A peine & la visite de la ville. Pendantque mon compagnon psrEnous trouvons court les places publiques, le port, visite les églises, ete. j‘lque nous avon
me rends, moi, directement à la rue Lamouroux, pour faire la connaissance personnelle d’un professeur de l’université, avec lequel j'étais en correspondance depuis quelques années déjà ; car M. Pérez, à de longues études sur différentes branches des sciences, joint un goût parti. culier pour l’histoire naturelle, et spécialement pour l’en- Htomologie, s'étant attaché surtout à la famille des Apides de l’ordre des Hyménoptères.
Le savant professeur, qui me parut jeune encore,
Amais très faible de santé, se montra on ne peut plr: surpris
de ma visite, ne sachant pas même que j'eusse traversé l'Atlantique. Il m'accueillit avec une extrôme courtoisie, me présenta à sa dame, et fit de très vives instances pour me retenir à diner, invitation que je dûs décliner, pour ne pas manquer l'heure du rendezvous à notre hôtel, arrêtée avec M. Bolduc. L’intéressante conversation de mon ami me fit trouver bien trop courts les quelques quarts d'heure que je passai avec lui Je ne pus que jeter un coup d'œil rapide sur des dessins exécutés par lui comme démonstrations en rapport avec des études embryologiques qu’il poursuivait dans le moment.
Comme il se faisait déjà tard lorsque je pris congé de mon ami, je ne voulus pas manquer de visiter au moins la cathédrale $, André, parmi les nombreuses églises que possède Bordeaux. Cette cathédrale, quoique déjà assez ancienne, n’est pas encore terminée, le portail reste encore à construire. Le temple me parut très large pour sa longueur; entre autre choses j'y remarquai le tombeau du cardinal de Cheverus, que Boston aeu l’honneur de compter parmi ses évêques.
11 Mars.—1l fait ce matin un soleil magnifique et tont nous fait présager une superbe journée. Nous croyons remarquer sur les pièces de bois et ie gazon des traces d’une légère gelée blanche. Dès les 6 heures nous sommes rendus à la gare pour continuer notre route vers le midi.
À peine sommes-nous sortis de Bordeaux, que nous nous trouvons dans une campagne tout différente de celles que nous avons traversées depuis Paris, Ce sont partout
nappe entire en mie aber met nique mr iquéh ms pis ie ia A raies Somalia gens as
area rage in cen cn qn pioneer Sam ninés mene
des landes sablonneuses, à sol pauvre et peu propre à la culture ; aussi les habitations se montrent-elles assez rares et d'apparence fort humble, La voie ferrée est presque partout bordée de forêts de pins d’assez chétive apparence, A plus d’un endroit j'ai trouvé des points de res semblance avec la Virginie orientale, moins toutefois la belle venue des pins de cette dernière contrée, Observons aussi que ces pins, bien que fort ressemblants en appa: rence, ‘ partiennent à deux espèces différentes ; c’est le Pinus resinosa que nous avons en Virginie, tandis que c’est le Pinus maritima qui se montre dans les landes au midi de Bordeaux.
On nous arrête une demi-heure à Morcenx pour le déjeûner. Nous sommes encore ici en pleines landes, forêts de pins très pauvres. Nous rencontrons des filles qui vont pieds-nus et nous voyons dans les champs des petits bergers gardant les troupeaux ; c’est la première fois qne nous en remarquons, et la chose nous parait d'autant plus digne de notre attention, que jusqu'ici nous ne connaissions les bergers que pour les avoir vus mentionnés dans des livres, car on sait qu'en Amérique, avec nos champs clôturés, la garde des troupeaux devient inutile.
Je m'éloigne quelque peu de la gare en attendant le départ du train, dans l'espoir de faire quelques cap: tures d'insectes et pour cueillir quelques fleurs de bruyère qui commençaient à se montrer. Mais partout le sol est mélangé de cendres ou saturé d'huile échappée des loco: motives, deux conditions qui permettent à peine la vie aur insectes ; et pour les fleurs, elles se trouvent de l’autre côté d'une clôture en til de fer qu'il m'est impossible de franchir. Toutes mes chasses se bornent à 2 Bembidiun un Ntaphylin et une Coccinelle que je prends sur unt plante.
Plus nous pénétrons vers le midi, plus la végétation st montre avancée. À Grenade, nous remarquons un champ de colza en pleine floraison. À Pont-de-Marsant les pr niers commencent aussi à montrer leurs fleurs; de sorti que pour cette année, ce n’est plus le printemps qui vient à nous, mais c'est nous qui allons au devant de lui,
Je ne fus] regards à not la chaleur d’é près de nous C'était un pa car on sait q\ jamais à la cl Pyrénées, dor montrent ains raissent de for mes, pouvant !
Dès notre dé nous chanxion:
bords de l’Atla Pyrénées qui s
À 2h. p.1 nest qu'à que nous tarde tan ment des Haut viron 14,000 à me parait fort propres, et les avons plus d faire une chas tout-à fait désé chênes et Lo prends une Si sur les herbes « sont toutes de à livrée noire son nom. Je au- dessus du prendre aucu précautions s
veux pas me
bordure paraiss
qui, sans aucui en ce lieu, com endroits et le
à la Je ne fus pas peu surpris, en tournant par hasard mes ares D regards à notre droite, de voir, malgré le beau soleil et que M la chaleur d'été qu’il faisait, la chaîne des Pyrénées tout nee, D près de nous avec ses cimes toutes couvertes de neige. res M C'était un paysage d’un aspect tout nouveau pour moi, is la D car on sait qu'ici la neige de nos montagnes ne s'allie vons M jamais à la chaleur estivale des plaines, Les cîmes des pps: Pyrénées, dont nous cotoyons presque la base, et qui se st le monirent ainsi revêtues d’un manteau de neige, me pac'est raissent de formes très variées et à cnntours assez unifordi de M mes, pouvant mesurer en hauteur de 2,900 à 8,000 pieds. Dès notre départ de Morcenx, j'avais remarqué que ur le nous changions de direction, que nous nous éloignions des lorêts & bords de l'Atlantique pour suivre à peu près la chaîne des vont Pyrénées qui séparent la France de l'Espagne.
s ber- À 2h. p. m. nous entrons dans la gare de Tarbes, qui now D n'est qu’à quelques lieues seulement de Lourdes, où il digne Æ nous tarde tant d'arriver. Tarbes, chef-lieu du départeis ls ment des Hautes-Pyrénées, est une ville épiscopale d’enivres. Æ viron 14,000 âmes, Cette ville n’a rien de remarquabie et rés, hË me parait fort pauvre. Les rucs sont irrégulières et malpropres, et les habitations fort modestes. Comme nous ndantBavons plus d’une heure à passer ici, j'en profite pour S CAP’ faire une chasse aux insectes dans une place publique, uyèreM tout-à fait déserte dans le moment, ornée de rangées de le solBchènes et Lordée d’un côté par un fossé ouvert. Je slocol prends une Sialis iufumata, et des hémiptères en quantité je aut@ sur les herbes et le tronc des arbres. Mais ces punaises l'autre sont toutes de la même espèce, c’est la Pyrrhocoris apteris, ble del à livrée noire et rouge et privée d'ailes comme l'indique idiumMson nom. Je vois aussi quelques Libellules voltiger r untau- dessus du fossé, mais je ne puis réussir à en prendre aucune, car il me fant avancer avec d’extrêmes tionsMprécautions sur le gazon qui borde ce fossé, si je ne chamyMveux pas me souiiler les pieds à chaque instant, cette s prob bordure paraissant servir de latrine publique aux visiteurs e sorti qui, sans aucun doute, doivent à certaines heures, se réunir i vientMen ce lieu, comme l'indiquent les bancs fixés en certains endroits et le piétinement du sol tout autonr des arbres:
À al à 1
50 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
Après avoir visité la vieille cathédrale que je trs.
ve fort pauvre et assez petite, je reviens à la gare en suivant d’autres rues, et bientôt le train se remet en marche en se dirigeant vers les Pyrénées mêmes, pour s'arrêter à 5 heures dans la gare de Lourdes. Nous pre. nons de suite une voiture pour nous conduire à un hôtel plus rapproché de la basilique, qui se montre sur la han: teur dominant toute la ville. Nous traversons le Grave qui roule ses eaux rapides sur les cailloux qui le tapissent, ce Grave que j'ai vu sisouvent mentionné dans les récits de M, de Lasserre, et tournant un peu à gauche, la voiture hous arrête à l'hôtel Soubirous, tenu par une cousine même de Bernadette, l’heureuse jeune fille à qui la Reine du Ciel a bien voulu se montrer. Nous ne voyons des deut côtés de la rue que Ces magasins d'objets de piété, chape: lets, médailles, images, statues, cierges, etc., et l'hôtel même où nous descendons en contient un des mieux assortis,
Lourdes ; la basili insectes, —" Oiiviers.— vin: moll drale; un c N. D, de la
Vendredi, croire, je suis à qui m'émeut qd sépare du pays esprit ce coin c ment, Je me centre, un foye tion, à l'esprit, couronnée de elles pas l’ima, brillant que le verdure qu'ém:
Ces montagnes gorge profonde pas les bras de
Roour étreindre
viennent ici im sur eux ses béi
ment ses eaux lit, n'est-il pas que des hommes truer par les cai Ces couvents st pas des sentine
DE QUÉBEO À JÉRUSALEM
Lourdes ; la basilique, la Grotte, le Gave ; paysage ; le mont Calvaire, insectes. —Toulouse ; S. Sernin, ses précieuses reliques. —Vignes ; Oïiviers.—Castelnaudary.— Ségala.— Béziers, —Cette ; tonneaux de vin: mollusques. — Lunel. — Marseille ; la Cannebière ; la cuthédrale; un correspondant ; rencontre des pèlerins; visite à l’Evêque; N. D. de la Garde ; la croix de pèlerin,
Vendredi, 11 Mars.— Lourdes ! Lourdes ! j'ai peine à le croire, je suis à Lourdes, à 1394 lieues de Québec ! Mais ce qui m'émeut d'avantage n'est pas tant la distance qui me sépare du pays natal, que les souvenir qu'éveille dans mon esprit ce coin de terre que je foule de mes pieds en ce moment, Je me vois dans un lieu qui semble devenu un centre, un foyer de merveilles, Tout parle ici à l'imagination, à l'esprit, et au cœur. Ces fières Pyrénées, à cime couronnée de neige et à kase couverte de fleurs, ne sontelles pas l’image de cette Reine dont le diadême est plus brillant que le soleil, et dont les pieds sont cuuverts d’une verdure qu'émaillent des fleurs de vertus sans nombre ? Ces montagnes abruptes, qui semblent se resserrer sur la gorge profonde que s’est creusée le Gave, ne figurent-elles pas les bras de cette Reine de toutes grâces se rapprochant pour étreindré ses enfants soumis et respectueux qui Bviennent ici implorer sc: secours et concentrer davantage sur eux ses bénédictions ? Et ce Gave qui roule constamment ses eaux limpides sur les cailloux qui tapissent son lit, n'est-il pas l’inage de ce courant de faveurs célestes, que des hommes pervers, au cœur endurci, s'efforcent d’obstruer par les cailloux de leur impiété et de leur libertinage ? Ces couvents sur toutes les hauteurs d’alentour, ne sont-ils pas des sentinelles toujours en faction, le jour et la nuit,
aussi satisfait des Pères qui cristies latéra mes accueillis gieux, qui nou sur les mervei ces bénis sance:
maculée Conc.
pour honorer Celle qui a bien voulu choisir ce coin de terre pour y semer ses largesses ? Et cette superbe basilique, avec sa flèche perçant les nues, avec ses milliers d’ex-volo qui tapissent ses murs, et ces magnifiques boulevards, et ces riches constructions, tout ne proclame-t-il pas que Celle en qni le Seigneur a fait de grandes choses, veut aussi en faire d’extraordinaires en ces lieux ?
Et la Grotte, donc ? Oh ! c’est surtout la Grotte qui parle au cœur du pieux pèlerin. N'est-ce pas là, en effet, que la Keine du Ciel et de la Terre est venue elle-même proclamer ce que le Père Eternel avait décrété de toute éternité, ce que Pie IX, son enfant dévoué, a donné pour dogme au monde entier, et ce que tous les fidèles s’estiment heureux aujourd'hui de confesser : JE SUIS L'IMMACULÉE CONCEPTION !
Aussi du moment que nous sommes dans la voiture qui doit nous conduire à l'hôtel, mes regards sont-ils cons tamment fixés sur la grande basilique que nous ne voyont pas encore entièrement, pour épier le moment où un acci dent de terrain nous en fera voir davantage. Je remarque à peine le village échelonné sur les rives de ce Gavesi étroitement encaissé dans les montagnes qui le bordent et que nous traversons sur son vieux pont, peu au-dessous de la digue et du moulin qu'occupait le père de Bernadette avec sa famiile. Je jette à peine un regard de curiosité sw les nombreux étalages d'objets de piété qui s'étendent sur la rue aux environs de notre hôtel, tant j'ai hâte de prendre possession de notre logement pour me transporter de suite i la Grotte,
Il passait à peine 6 heures que déjà notre souper étai pris et que nous nous dirigions vers la basilique, par grand boulevard qui y conduit directement. Nous détour nons nos regards des vendeurs et vendeuses d'objets dfkomme dans n piété aux nombreux étalages qui bordent la route, pouMron à forcé n'être pas retardés dans notre marche, et nous pénétronlon jit pour de suite dans la crypte de la basilique, la nef supérieurhecuillent les étant déjà fermée à cette heure. Nous trouvons un bol, :oulant ses 0 nombre de personnes qui prient là devant l'autel de lirs animés, La Ste Vierge, avec une piété qui nous édifie beaucoup. AyaiBecueiliie d'une
Comme «i xrotte par un pic au devant au bas avec le pour aller dire onstruite au € d'environ 200
portail et de Jongs-pans. Ur porte, nous mo
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Le soleil € des Pyrénées :
ied des roch
DE QUÉBEC A JÉRUSALEM 53 terre aussi satisfait notre dévotion, nous nous présentons à l’nn avec des Pères qui desservent le sanctuaire, dans l’une des sao qui risties latérales, pour y faire viser nos celebret, Nous somot cu nes accueillis avec beaucoup de courtoisie par le bon relile en sie ux qui nous donne en outre de fort intéressants détails faire Msur les merveilles dont ils sont si souvent les témoins dans
ces bénis sanctuaires, Ces religieux sont des Pères de PIme qui maculée Conception, qui ont leur couvent tout auprès. effet, Commeon nous l’a enseigné, nons descendons à la
même Grotte par un chemin en zigzag sur le rocher presque à toute pic au devant de lu basilique même; ce sentier se réunit pour Mau bas avec le chemin qui bifurque du grand boulevard iment Mpour aller directement à la Grotte. Car la basilique est JULÉE construite au dessus même de la Grotte, à une élévation d'environ 200 pieds, sur un rocher à paroi inaccessible, oiture presque perpendiculaire, L'édifice est de style gothique, cons Men superbe pierre de taille, avec une tourau milieu du royonsMprtail et de nombreux clochetons aux contreforts des longs-pans. Une superbe mosaïque, au dessus de la grande porte, nous montre Le buste de Pie IX.
n acci Larque rave si Suivant le chemin qui contourne la base du rocher en lent etMlongeant le Grave, nous passons devant les loges de bains à ous défotre gauche, et sommes bientôt en face de la Grotte, La adettektatue est là dans sa niche, entourée de nombreuses luité suBnières ;et dans la Grotte même, que protège une grille en fer nt sütEmaintenant ouverte, mais qu’on peut fermer au besoin, aux rendre pieds de la statue, brûlent des centaines de cierges, dont suite iMquelques uns n’ont pas moins de 4 a 5 pieds de long sur un diamètre de 5 à 6 pouces.
Le soleil est disparu derrière les cîimes neigeuses par Les Pyrénées: les ombres commencent à s’épaissir au détour pied des rochers ; l'atmosphère est douce et tiède, jets difomme dans nos plus belles soirées de juin; le Gave, 2, POUu'on a forcé à s'éloigner un peu en empiétant sur hétronBkon lit pour prolonger les dalles sur lesquelles s'arieurBenouillent les pèlerins, fait entendre son léger murmure n boïlku roulant ses ondes sur ses cailloux : le silence de tous les de Litres animés, la solitude des alentours, l'attitude pieuse et AyatBecueiliie d'une vingtaine de pèlerins qui sont là à prier,
sr était