‹ De Québec à Jérusalem [microforme]Chapitre 27 sur 94 · DE LA · texte numérisé non relu

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7 ° RESURRECTION [IOT Je]

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Vombeau du Sauveur. : 50 Chapelée de 4 Hélène. hapelle de L'Ange. 51 (hapelle de l'invention de la S'* hour des Latins quand ils ofjtoient (roiz.

SE Sepulore. 2 Ændroit où S'* Aélene priait

ambre du gardien Greco 53 7rave de La Frocassion Eyite Sacristie., latine.

Passage conduisant à la Üterne 54 Chapelle de lx Colonne lommune: ; d'opprobres.

terne commune 55 Sancta Sanctorum agasin. 56 7rone du Patriarhe Grec.

hasine. b7 éÀ. de l'Evèque Crec.

efectoire 56 Centre du monde hapelle Latine. Aut.de L'apparition b9 Zone du latriarche (rec. utel des Reliques. 60 #nccen escalier conduisant au td. de la Colonne de La Ælageltation Calpuire Hamére 61 Æreader Grec.

etraite des ÀR‘“peras Franciscains. 62 /terre de L'Unction

aite commune 63 Æntree de da Chapelle d'Adam avrustie. 6% Asondier Latin.

nus . 685 Chambre sous de (hlvaire vdroit ou demeurait S'® Madeisine 66 #utal où se trouve Le trou de nérest où de Christ apparut da oir

Madeleine sous les habits 67 Akssure qua se [be à la

un Jardiruer, Montagne & la mont.

aderie Crecque. Christ tel Grec. 68 #utal du Stabat -Mater ne, Forte des Chanoines 69 Ændroit où Jesus Christ fut loue “son du Christ. a la Cote.

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DE QUÉOEO A JÉRUSALEM 221

était assis l'ange lorsqu'il annonça aux saintes femmes la résurrection du Sauveur,

J'ai dit plus haut que le saint écicule est isolé de tout le reste.

Du temps de N.S, le rocher dans lequel Joseph d’Arimathie avait creusé sa loge sépulcrale, était contigu avec le Golgotha, ou plutôt cette loge était creusée dans la buse même du rocher. L'empereur Adrien, par haine contre le christianisme, fit renverser les constructions que dès lors la piété des fidèles avait érigées sur le saint lieu, combler le S. sépulcre sans le détruire, et niveler tous les décombres pour y ériger une statue de Jupiter. Ste Hélène voulant plus tard rendre au saint lieu l'honneur qui lui est dû, fit déblayer le tout, et pour y asseoir l’église qu’elle y fit construire, dégagea le S. Sépulcre du Calvaire, en en modifiant malheureusement la forme, de sorte que les deux élévations furent totalement séparées l’une de l’autre comme on le voit aujourd’hui.

Je n'entre pas dans de plus grands détails pour le moment, me proposant de m'’étendre plus au long dans leur description dans la suite de ce récit.

Avant de me retirer, je fais le tour de la Basilique, jetant un coup d'œil sur les nombreuses chapelles qui la bordent tout à l’entour,

Je retrouve sur le parvis les nombreux étalages d’objets de piété qu’on y avait vus la veille, et retourne à Casa-Nova par les mêmes rues que j'avais suivies en venant.

Le programme de la caravane porte que ce jour sera un jour de repos, pour nous remettre des fatigues du voyage, Nous n’aurons à faire en commun que les visites de convenance aux principaux dignitaires de la ville.

Ma tasse de café prise, je monte sur la terrasse, en attendant l'heure des visites J’affectionne particulièrement les promenades sur la terrasse; on peut si facilement se familariser avec la distribution de la ville, de ce point élevé ! Je me plais à y aller souvent, réciter mon office, faire un bout de conversation avec des compagnons, et

même à m'y isoler, pour y rêver, pour repasser dans mon

222 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM

esprit les mémorables événements qui se sont accomplis Titus,

ici. âmes Je suis à Jérusalem ! j'ai la ville sainte sons mes yeux! avec V

je me plais à me le répéter à moi-même, tant l'événement pétri

me paraît extraordinaire, Je suis ici dans le lieu le plus coupa

saint de la terre ; le sol que je foule de mes pieds a reçu

l'empreinte des pieds des plus grands personnages qui ont

paru dans le monde. Adam le père du genre humain, Sem le

fils aîné de Noë, Melchisédech, Abraham, David, Salomon | le plus sage et le plus riche des rois, Alexandre le Grand, le À dominateur du monde de son temps, Jean Baptiste le plus grand des enfants des hommes, Marie la pius parfaite des créatures sortie des mains de Dieu, enfin le fils de l’Eternel lui-même, ont passé dans ce lieu, ont traversé ces rues que je parcours, ont gravi ces collines qui s’étalent devant bre moi ! Et dans les temps modernes, Ste Hélène, la mère du pOysid” Grand Constantin, Héraclius, S. Jérôme, Godefroi de As “ Bouillon, S. Louis, S. François d'Assise, S, Ignace de Loyola, de Fhu Napoléon 1er, presque tous ceux en un mot qui ont fait nue leur marque dans l’histoire par leur vertus, leur génie ou CRAN leur bravoure. FORIÈUe

: EUX $ Hu d'amon Ici les plus graves événements qui ont fait époqnes les par dans les annales du monde ont eu leur accomplissement ! el ne ; à AUS siècles | Ici, à mes pieds, Abraham le père des croyants, a tiré l'épée RAS 1: HÉES ER à ; : a été la ë pour faire à l'Eternel le sacrifice de son fils. Droit ne Ici l face, Salomon érigea un temple sans pareil, où Jéhovah lui- LA 1 (s stamme À même s’est plu à y manifester sa présence ; à ma droite je du vois le palais où le roi prophète, fit retentir, dans une ’ He ki poésie inimitable, les accents sublimes de son repentir et HODEE hi : : PME SRE confirm fi de son amour. À gauche, je vois le Grolgotha où fut ren- EE Ai: fermé le chef du premier homme sur lequel coula le ruis- dre | 4 { . , L : ° f seau de pardon qui s’échappa de la Croix ! !….. a. + LE , : oute ] Mais si Jérusalem est la ville des grandes gloires et édin 18 des grandes miséricordes, ces aussi la ville des grands toi réell châtiments et des grandes expiations, Assuérus, Nabuchodonozor, Titus, Chosroes viennent tour à tour exercer a la vengeance de Dieu contre la ville coupable ; ses il n'était murs sont renversés sur ses habitants, et les flammes @) 1

balayent ce que le fer a pu épargner. Lors du siége de de Josap

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Titus, l'an 70 do notre ère, pas moins de onze cent-mille âmes perdirent la vie dans le massacre ! Aussi on peut dire avec vérité que le sol de la ville sainte est littéralement pétri du sang de nombreux martyrs mélé à la cendre de coupables plus nombreux encore !

Sur les pas de Jésus vous mettrez votre trace,

Puis vous contemplerez les lieux, le ciel, l’espace

Que regardait Jésus, l'Enfant aux divins yeux,

Et votre lèvre avide en touchant la poussière,

Y trouvera peut-être, arôme dans la terre, Un peu de sang du roi des Cieux !

Les PèLerINS FRANÇAIS.

On nous montre dans le chœur des Grecs de la Basilique du S. Sépulcre, une rosace dans le marbre du pavé que les schismatiques disent être le centre du monde ; mais si physiquement il n’en peut être ainsi, ne peut-on pas dire avec vérité que moralement, c’est là un point incontestable ? Ici l'humanité a eu son berceau (1), comme y aura lieu aussi l'acte mémorable qui terminera les évolutions de son existence (2). Ici, un forfait tel que le soleil n’a pas voulu l'éclairer, a eu sa consommation, et un abyme sans fond d'amour et de miséricorde son accomplissement. De toutes les parties du monde, et jusqu’à la consommation des siècles, l'attention des hommes se portera sur ce rocher qui a été lavé du sang d’un Dieu !

Ici, plus qu’en tout autre endroit, le Ciel s’est constamment tenu en communication directe avec la terre, C’est un ange qui vient retenir le bras d'Abraham prêt a frapper son fils ; c’est la voix même de l'Eternel qui vient confirmer l’enseignement de son Verbe dans les parvis du temple, ce sont des anges qui se montrent à Grethsémanie, au NS, Sépulcre, à S. Pierre dans sa prison, c’est enfin la voute mêmc des Cieux qui s'ouvre pour recevoir dans son sein le Rédempteur du monde, Oui, nous nous sentons iciréellement rapprochés du Ciel !

() On prétend que le Paradis terrestre était tout près d’ici si toutefois il n’était pas à Jéru.1lem même,

(2) Une tradition constante et générale veut que ce soit dans la vallée de Josaphat que se fasse le jugement dernier.

Mais j'entends bruire la trompette du Frère Liévin, (1) c'est l'heure des visites qui est arrivée; je coupe donc court à mes douces réveries, et descends me réunir à mes autres compagnons pour les suivre.

11 convenait de commencer nos visites par celui-là même qui nous donnait l’hospitalité. C’est donc au Couvent de S, Sauveur, résidence des RR. PP. Franciscains, que nous portons d’abord nos pas, pour saluer leur supérieur, le Révérendissime Père Custode.

Au sortir de Casa Nova, nous prenons la gauche, puis à quelques pas seulement, nous tournons à droite pour entrer, en descendant quelques marches, dans ane rue couverte, simulant un porche, au rnilieu duquel s'ouvre à gauche la porte qui donne entrée dans le Gouvent. Nous montons un escalier pour suivre le corridor qui nous conduit au salon du Couvent, où le Révérendissime Père Custode fait ses réceptions,

C’est le Père Vicaire, le T. Rév. P. Frédéric de Ghyvelde (1) qui nous sert d’introducteur, J'étais bien éloigné de penser alors que j'aurais, quelques mois plus tard, le plaisir de rencontrer ce même Père en Canada, et bien plus, l'honneur de l’héberger dans mon humble demeure.

Le salon du Convent est à peu près disposé comme celui de Casa Nova, quoique un peu plus simple, C’est une grande salle rectangulaire, avec le milie" libre, et des divans disposés le long des murs. Le Custode, le Révme. P, Guido, est de haute stature, encore dans la force de l’âge, et de figure tout-à-fait avenante. Quoique Italien de naissance, il parle facilement et très correctement le français, Il m'a paru en tous points digne de la haute position qu’il occupe ; car bien que depuis quelques années il y ait un Patriarche latin à Jérusalem, seul le Supérieur des Franciscains est

(1) Le Frère Liévin, le conducteur des caravanes, porte constamment un sifflet ou petite trompette qu’il fait rétentir lorsqu'il veut réunir les pèlerins pour donner quelque avis ou quelques explications.

(1) Ghyvelde est une petite ville de France, sur les confins de la Belgique, où est né le Père Frédéric. Comme les noms de saints que prennent les franciscains en entrant en religion, pourraient, en se répétant, créer de la confusion lorsque ces religieux viennent à changer de couvent, on ajoute d'ordinaire le nom de leur lieu de naissance à celui qu’ils portent en religion.

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DE QUÉBEC A JÉRUSALUM 225

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Jonsul français, ils ont souvent à régler des affaires très difficiles et de la plus haute importance ; la France étant de droit, avant toute autre nation, la protectrice des Saints- Lieux. La conversation que nous entretenons pendant quelques minutes avec le Révdme Père, nous le montre homme très digne et de fort bon commerce, On ne manque pas de nous passer le petit verre de rafraîchissement qui est de rigueur dans toute réception en Orient.

Le Couvent de S. Sauveur est une très ancienne construction, très irrégulière et défectueuse en plus d’un endroit. Bien que les franciscains soient les religieux pauvres par excellence, leur résidence nous a paru excéder encure en plus d’un point les bornes de la simple pauvreté, Leur église, par exemple, qui est en même temps l’église paroissiale des latins de la ville Sainte, est reléguée dans un grenier, de dimensions bien trop restreintes, et qu’on a accommodée du mieux possible, mais qu'il n’y avait pas moyen de disposer d’une manière convenable pour sa destination, Les bons Pères attendent toujours avec confiance que le zèle généreux des fidèles de l'Occident leur permette de bâtir bientôt une église capable de répondre et aux besoins de la population et aux exigences des nombreux pèlerins qu'ils reçoivent.

C'est en 1619, que le Patriarche de la sainte pauvreté, le stigmatisé de l’Alverne, vint lui-même établir ses frères, auxquels il légua son nom, auprès des vénérables sanctuaires de la Palestine, et depuis lors, c’est-à-dire depuis plus de six siècles, ces enfants dévonés du pauvre d'Assise, sont constamment demeurés fidèles à leur poste, Noumis à des privations de tout genre, n'ayant d’autres ressources que les aumônes que leur envoyait la piété des fidèles d'Occident, persécutés, pourchassés par les divers gouvernements, décimés par la peste, en proie à toutes les vexations que la haine du christianisme sait inspirer aux infidèles et aux schismatiques, ils ont fourni plus de deux mille martyrs aux ennemis du crucifié du Golgotha ; mais sont toujours demeurés fermes à leur poste, Le cineterre du musulman, le glaive du schismatique, ou lu peste redou-

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table de l'Orient venaient-ils à éclaircir leurs rangs, de suite de nonveaux sujets, avides de si belles couronnes, s'offraient pour les remplacer. Toujours ils ont continué l’apostolat du martyr S. Jacques, cousin de N,N, et premier Evêque de la ville Sainte ; toujours ils ont pait, aux milieu de difficultés sans nombre, le troupeau de.la petite église de Jérusalem, qui toujours, comme au temps du Chrisi, n’a formé qu’une infime minorité au milieu d’infidèles et d’incroyants, mais toujours a su conserver sa foi, et a pu par sa piété résister à l'entrainement de la séduction et du mauvais exemple.

Les bons religieux sont ici an nombre de deux cents environ, car en outre d’une quarantaine de Frères à la tête de divers ateliers, tant pour les besoins de la mission que comme maîtres pour développer l’industrie chez les Arabes, c’est à S. Sauveur que se réunissent les chapelains des divers sanctuaires, les curés des paroisses du voisinage, les desservants des hôpitaux, écoles, orphelinats, etc. C’est aussi là que se recrutent et s’échangent tous les trois mois, les gardiens du S. Sépulcre qui, eux, sont obligés de se renfermer là pour leurs offices de nuit durant leur temps de garde, car les portes de la Basilique sont fermées tous les soirs par l'autorité Turque et ne s'ouvrent le matin que sur demande et moyennent finance.

Bien que la famille franciscaine soit partagée en trois branches, les Observants, les Capucins et les Conventuels, c'est aux Observants seuls, qui forment, on pourrait dire, la branche aînée ou du moins la branche principale de ia famille, qu'est dévolue la garde des Lieux-Saints. Les sujets sont recrutés ‘parmi les différentes nationalités de l'Occident, et ils viennent ici soit simples novices pour terminer leur noviciat, ou ayant déjà fait leurs vœux, pour leur temps d'office qui est ordinairement de six ans,

Le Discrétoire ou Conseil d'administration de la Custodie de Terre-Sainte, se compose de 20 membres, dont le Custode doit toujours être un Italien, le Vicaire un Français et le Procureur un Espagnol; les autres membres se partagent entre différentes nationalités, pourvu toutefois que les Français comptent au moins 4 des leurs dans ce Conseil.

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Remettant à un autre moment à faire la visite des différents ateliers que dirigent les frères de S. Sauveur, nous passons de là chez le Patriarche latin, Mgr. Viucent Bracco.

C’est à peu près ici le même cérémonial qu'à S. Sauveur, c'est-à-dire que nous nous rangeons sur les divans qui bordent la salle de réception, et le Patriarche vient se mettre au milieu, à l’une des extrémités ; le petit verre de rigueur fait aussi sa ronde, et la conversation roule particulièrement sur les divers incidents de notre voyage,

Sa Béatitude touche à peine à la cinquantaine, mais une santé délicate, un tempérament faible, et, ajoute-t-on, une grande austérité de vie, le donneraient facilement comme beaucoup plus âgé. Sa barbe peu fournie n'est encore que grise plutôt que blanche, et son teint pâle et ses traits amaigris nous présentent nne figure d’ascète qui n’exclue cependant pas la sérénité ni même la bonne-humeur. Elle parut particulièrement intéressée de la présence des deux Canadiens de la Caravane, et nous fit plus d'une question sur notre pays. Le palais qu’il habite avec sa cathédrale qui y est adjointe sont de construction toute récente, très propres et de fort bon goût.

Le Patriarcat lalin de Jérusalem, interrompu depuis des siècles, fut rétabli par Pie IX en 1846, dans la personne de Mgr Valerga, dont Mgr Bracco est le successeur immédiat. Cependant, comme je l'ai fait remarquer plus hant, le Patriarche n’est pas reconnu diplomatiquement comme tel, et dans toutes les affaires civiles, c’est au Rme P, Custode qu’il appartient de figurer.

Avant le rétablissement du Patriarcat, le Custode avait presque le rang d'évêque, il donnait la confirmation et les Ordres-Mineurs, consacrait les calices, officiait avec mitre et crosse etc. Maintenant il ne peut plus remplir ces différentes fonctions. Il peut encore cependant officier avec mitre et crosse, prêtre assistant etc., mais il doit à chaque fois s'entendre sur ce point avec le Patriarche.

Nous prenons congé dun Patriarche pour nous rendre chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, dont nous avons vu l'établissement en passant.

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C'est dans la partie N, O. de la ville, sur le mont Gareb, le point le plus élevé de la Cité Sainte, qu'est situé cet établissement. Aussi le Fre Evagre, le Supérieur, ne manqua pas de nous inviter à monter sur la terrasse qui nous offre le panorama le plus complet qu'on puisse avoir de Jérusalem.

Le bon Fre Evagre, esprit subtil, délicat, homme instruit et très perspicace, nous donna les renseignements les plus intéressants sur son établissement. Arabes chrétiens, juifs, musulmans, schismatiques, tous se confondent sur les bancs de son école, il n’y a pas jusqu'aux enfants mêmes du Pacha ‘Lurc qui ne viennent s’y ranger avec les autres, et tous reçoivent la même éducation, française avant tout, bien qu'on y enseigne aussi l’arabe, l'italien, etc. Et chose bien digne de remarque ; tandis que nos grands génies français ont peur d’un crucifix daus une école, ici les fanatiques sectateurs de Mahomet, non seulement ne redoutent en aucune façon l’image du Christ, mais ne s’offusquent pas même de sa doctrine, témoin ce file du Pacha qui dans un concours remportait le prix d'instruction religieuse. Quelqu'un ayant fait au père de l'enfant des observations à ce sujet ; —“ mais quoi dit-il, la morale est excellente, c’est le culte que nous devons rendre au Très-Haut ; quant à la manière de traduire ce culte, mon fils, lorsqu'il sera plus âgé, saura fort bien se rattacher à celle que suit sa famille et sa nation.” Allez donc, grands moralisateurs modernes, prendre des leçons de tolérance et de philosophie des mahométans Turcs |

Revenant sur nos pas, nous passons de nouveau le porche qui couvre l'entrée du couvent de $. Sauveur, et poursuivons cette rue qui descend en ligne droite du mont Acra, passons devant la Basilique du $S. Sépulcre, mais du côté apposé à son entrée, et tombons dans la Voie Douloureuse qui fait suite à celle que nous suivons, à l'endroit de la 8e station du chemin de la Croix, puis, tournant à gauche un peu plus loin, dans une rue se dirigeant au N. vers la porte de Damas, nous nous arrêtons en face du Consulat français. Nous pénétrons à l’intérieur où l’on nous introduit dans un somptueux salon qui sert au représentant de la

France pour ses réceptions officielles.

plus d’ encore Naturel très aim compat voyage.

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M. Patrimonio, le Consnl Français, dont on nous avait plus d'une fois vanté la piété et les bonnes dixpositions, est encore un jeune homme, dépassant à peine la quarantaine. Naturellement timide, il se montra cependant affable et très aimable, Il parut surtout enchanté de recevoir des compatriotes dans la personne de nos compagnons de voyage. Il va sans dire que le petit verre de rigueur fit aussi là la ronde,

Nous retournâmes de là sur nos pas en remontant la rue que nous venions de descendre, pour rentrer à Casa Nova, où l'heure du dîner aussi bien que la voix de nos estomacs, après ces courses avec un jeûne de carême, nous commandaient d'arrêter.

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