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Jérusalem ; son site ; sa fondation ; ses dominateurs : David, Nabuchodo. nozor, Cyrus, Alexandre, Assuérus, les Macchabées, Pompée, Titus, Chosroes, Héraclius, Omar, Godefroi de Bouillon, L'iidin, Sélim IL. —Sa population ; religions.—Catholiques ; schismatiques arméniens, grecs, protestants.—Musulmans.—kRues ; passants ; commerce.
Les quelques courses que nous venions de faire à travers la ville me permirent d’en mieux saisir la distribution, et en multipliant mes visites sur la terrasse de notre hospice, je pus en assez peu de temps, me rendre un compte exact de £a situation,
Jérusalem est située à environ 15 lieues de la Méditerranée, au milieu de la chaîne des montagnes de la Tudée qui court de l'Est à l'Ouest, lille est au 31°46’ de luuitude Nord, et au 83e de longitude Est de Paris, Le plateau sur lequel elle repose est à 2610 pieds au-dessus de la Méditerrannée, et cette altitude lui assure, malgré sa iatitude, une température bien supportable en toute saison de l’année, L'hiver qui commence en décembre pour se terminer avec février, est assujéti à des pluis fréquentes. Le thermomètre y descend souvent au-dessous de zéro, et le givie, la glace et même la neige, sans y persévérer, sy montrent assez fréquemment. D'ordinaire il ne tombe jamais un grain pluie du 15 avril au 15 cctobre, et le tonnerre s’y fait rarement entendre,
En portant nn renard attentif sur la ville, ilne sera pas difficile de reconnaître qu’eile repose sur une doui. chaîne de collines que le torrent de Cédron et celui de
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Gihon ou d'Hinnom circonscrivent de trois côtés. Le torrent de Cédron, qui coule au milieu de la vallée de Josa-
phat, la borde sur tout son côté Est, en la séparant du | mont ces Oliviers, et le même torrent la contournant au 4 Sud, la sé;ire là du Mont du Scandale, où Salomon È avait érigé les idoles de ses femmes idolâtres et sur le ü flanc duquel se voit le village de Siloan. Le Cédron, arrivé à l'angle Sud-Ouest de la ville, reçoit là, le torrent de la À Géhenne ou d'Hinnom qui porte plus haut le nom de j Gihon et qui longe la ville à l'Ouest en séparant le mont | Sion de celui du Mauvais-Conseil, pour prendre une direc- ‘abuchodo. tion Sud-Ouest en se dirigeant directement vers la mer | pée. Titus, Morte. La ville se trouve ainsi isolée de trois côtés par | Paladin ces torrents ; il n’y a que son côté Nord qui se trouve de Vu D plein pied avec la plaine, ou plutôt avec la hauteur des | moutagnes sur lesquelles elle est assise, Ë \ Si maintenant, du haut de la terrasse de Casa Nova, | àtravers nous portons nos regards au Nord et suivons l'étendue de on,et en la ville, nous reconnaîtrons sans peine la dépression qui spice, je sépare | s deux bandes de collines sur lesquelles elle repose ; ; exact de cette dépression est la vallée du Tyropéon, qui était beau- \ coup plus accentuée autrefois qu’elle ne l’est aujourd’hui, 1 a Médi- puisqu'elle nécessitait des ponts en certains endroits pour | la Judée communiquer d’une partie à l’autre. La ville, ravagée et lacitude détruite plusieurs fois, a été reconstruite sur les débris de | teau sur ses anciens édifices, et les dépressions en partie comblées L la Médi. M par les décombres qui s’y étaient accumulés. ! iatitude, Si maintenant nous examinons bien les deux collines de l'an- parallèles qui portent la ville en se dirigeant vers le Ué- Le termi- dron au Sud, il ne nous sera pas difficile de constater que tes, Le ces deux élévations sont elles-mêmes coupées nar deux } ro, et le autres dépressions transversales, ce qui partage la ville ! rer, sy entière en six points culminants, qui forment autant de e tombe quartiers, savoir: sur la colline de l'Est en commençant au t le ton- N.: 1° le Mont Bézétha, qui comprend les portes de
Damas et d'Hérode au N, et celle de Nt Etienne ou des brebis à l'E. ; le Bézétha n’est mentionné nulle part dans la Ste Ecriture, cependant Hérode-Agrippa le renferma dans la nouvelle enceinte qu'il donna à la ville ; 2° le
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Mont Moriah qui porte la Mosquée d'Omar sur lemplace. ment du temple de Salomon, et où se trouve la porte Dorée, qui est aujourd’hui murée, parce que les musulmans tien. nent qu’un dominateur de la ville doit un jour entrer par cette porte ; 3° le mont Ophel qui s'ouvre sur le Cédron au S. par la porte des Maugrabins. Prenant maintenant la colline de l'Ouest, nous avons au N.: 1° le mont Gareb cù se trouve le patriarcat latin, $S. Sauveur et l’hospice que nous occupons ; 2° le mont Acra qui porte le Calvaire et la Basilique du S. Sépulcre (1) ; et 8° i: mont Sion, qui porte la tour de David, le S. Cénacle, la maison de Caïphe et s'ouvre au S, par la porte de Sion et à l'Ouest par celle de Jaffa.
De ces six collines, Sion est après Gareb la plus élevée, mais celle-ci n’a pas toujours fait partie de la ville, aussi Sion a-t-il toujours été considéré comme le point eulminant.
On attribue la fondation de Jérnsulem à Melchisédech, prêtre et roi, contemporain d'Abraham (1669 avant J. OC), qui construisit sur le mont Acra une forteresse portant le nom de Salem. Cinquante ans après sa foudat'on, Salem tomba au pouvoir des Jébuséens, descendants de Jébus, qui bâtirent sur le Mont Sion une furteresse à Jaquelle ils donnèrent le nom de Jébus, leur père, (C’est de ces deux noms réunis qu'on forma Jérusalem, qui signifie : vision de la paix. Les Israélites en entrant dans la terre promise s’emparèrent de Jérusalem, et mirent à mort son roi Adonisédech ; cependant les Jébuséens continuèrent encore à occuper le mont Sion, Ce ne fut que sous le règne de David que la ville fut entièrement soumise (1047 av. J.C). Ce grand roi en fit la capitale de son royaume, et de ce moment le mont Sion prit le nom de cité de David,
Salomon fils et successeur de David contribua puis samment à l'agrandissement de la ville, surtout par la cons truction sur le mont Moriah du fameux temple qui fut une merveille des temps anciens, et pour l'érection du-
(1) Le Golgotha n’était qu’un point culminant du mont Aera.
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que David son père avait accumuté des richesses inca «lb :,
En 599 av, J. C., Nabuchodonozor, roi de Babylone, prit et détruisit Jérusalem; le temple fut renversé et le roi impie convertit à son propre usage les nombreux vases d’or et d'argent qui servaient aux sacrifices. Il ne resta de la ville qu’un mas de décombres sur lesquels le prophète Jérémie exhaia ses si touchantes lamentations. Tous les habitants avec leur roi Sédécias furent emmenés captifs à Babylone.
Après 70 ans de captivité, Cyrus roi des Perses, rendit la liberté aux Israélites, qui revinrent sous la conduite de Zorobabel reconstruire leur viile et réédifier le temple.
Prise plus tard par Antiochns ri d: Syrie, elle fut rendue par les Macchabées à l'indépendance (160 av. J, C.), qu'elle conserva jusqn'a l'an 63 av. J. C, où Pompée en fit la conquête pour les Roiins.
L'an 70 de notre ère, Titus fils de Vespasien, vint dompter les Juifs qui s'étaient révoltés contre l'autorité de Rome ; il mit le siège devant la ville, la réduisit à nne misère extiême, en fit enfin le sac, massacra onze cent mille de ses habitants, renversa le temple reconstruit par Hérode sur celui de Zorobubel, et ne laissa de tout Jérusalem qu’un monceau de décombres.
L'an 132 de notre ère, Adrien éleva sur les ruines de Jérusalem une nouvelle ville qu'il nomma Æ/ia-Capitolina. Mais Constantin, en 826 s'étant soumis à la Croix, vintavec Ste Hélène sa mère restituer à la ville son ancien nom, et rendre à la vénération des fidèles les lieux rendus à jamais mémorables par les souffrances de l’homme-Dieu,
En 614, Chosroes roi des Perses, s'empare de la ville et emporte dans son pays la vraie Croix et les principales reliques de la Passion du Sauveur, Quelques années plus tard, Héraclius, empereur chrétien de Constantinople, reconquiert sur les Perses les précieuses reliques, et les replace avec honneur dans leurs sanctuaires de la Ville Sainte,
En 638, Omar la soumet aux Arabes pour le compte