TN DS
30 DE QUÉB C A JÉRUSALEM
haies vives en certains endroits, et la plupart du temps les différentes propriétés ne se distinguent les unes des autres que par des cultures différentes. Toutes les habitations sont groupées en villages autour de l’église, et les campagnes offrent partout des cultures sans interruption, Peu après midi, nous entrons dans la gare de Rouen, la capitale de la Normandie. Comme il y a un autre train à 3 heures, nous laissons filer le nôtre pour avoir le temps de visiter un peu la ville,
Et tout d’abord nous portons nos pas vers la cathédrale S. Ouen, dont nous avions surtout remarqué le clocher qui est en fer et à jour, c’est la construction la plus haute qu'ait élevée la main des hommes, [l mesure quatre mètres de plus que les pyramides d'Egypte.
À 3 heures nous reprenons le nouveau train, et à 9 h. nous entrons dans la gare du Nord, à Paris De Rouen à Paris, nous suivons presque constamment la Neine, Nous la suivons sans cependant la côtoyer, car évitant ses contours, nous la coupons jusqu’à onze fois avant d'entrer dans Paris. La Seine, à rives fort basses, s’épanchait dans les champs voisins en plusieurs endroits. Partout nous avons vu Jes hommes aux travaux des champs, labourant, bé. chant, hersant, etc., les prés verts, et les animaux broutant l'herbe nouvelle,
Aussitôt descendus dans la gare, nous prenons une voiture pour nous conduire à l'hôtel S. Sulpice qu’on nous avait recommandé, Les cochers sont ici, comme partout ailleurs, fort avides d'emploi; jamais ils n’avoueront ne pas connaître l'endroit que vous vonlez atteindre, sauf à aller se renseigner plus sûrement quand il le faudra. L'hôtel NS, Sulpice, s'était probablement dit notre antomédon, doit se trouver près de l’église S. Sulpice, et traversant la ville en passant la Seine sur le Pont-neuf, il nons arrête à l’hôtel du Vatican, en face de la place NS. Snlpice, dans la rue du Vieux-Colombier.— Est-ce ici l'hôtel S. Sulpice, demandâmes-nous ?—[L'hôtel S. Sulpice ? il n’y en a pas de ce nom, nous répètent à la fois deux dames de Ja maison. C’est ici l'hôtel du Vatican où logent d'ordinaire les ecclésiastiques.
1! est pice, notre nous Const hôtel, saut
Notre demandai-] dit-11. Je encore la m vous pas v Comment !
quelque ch combien v donne 10 Et voila ce Amérique ; rien de plus manière que On dirait :
accommode dère comme il n'y a pas « trovention a
que le voyag dans les hôt.
le soir arrivé il faut vous.
pas encore tt de l'eau et
n'avez pas € Evidemment plus difficile
ménager un
l'étranger à
votre départ, de savon de chaque, ajon et vous voila au lieu de 4:
ce bien là vis
res, jter
rale qui v'ait
11 est 9 heures passées, nous sommes près de N, Sulpice, notre cocher n’en connait pas plus long que nous, nous consentons à descendre pour passe” la nuit à cet hôtel, sauf à nous mieux renseigner le lendemain.
Notre bagage déposé à l'hôtel du Vatican, combien 2 demandai-je au cocher? C'est deux francs, répondit-11. Je donne les deux francs, et mon homme tend encore la main. Mais est ce qu’il y aurait erreur ? N'avezvous pas vos deux francs? Oui; mais le pourboire. — Comment! le prix du tarif n’est pas suffisant ? Il vous fant quelque chose de plus ? C’est une véritable mendicité. Et combien vous fant-il ?— Ce que vous vondrez—Je Jui donne 10 sons de plus, et mon homme parait satisfait Et voila ce que c’est que ce pourboire qui est inconnu en Amérique ; une véritable mendicité sous une autre forme ; rien de plus désagréable. Et que n'élève-t-on les tarifs de manière que l'étranger en soit quitte pour le prix fixé? On dirait vraiment qu’en Europe on ne s’étudie pas à accommoder le visiteur, mais qu'au contraire on le considère comme une proie qu'on peut exploiter à merei, Car il n’y a pas que le pourboire des cochers qui soit en contravention avec les règles du confort et du commerce facile que le voyagenr trouve partout en Amérique. Voyez encore dans les hôtels. Vous payez tant pour la chambre, mais le soir arrivé, si vous ne voulez pas rester dans l'obscurité, il faut vous pourvoir vous-même de Inmière Et ce n'est pas encore tont ; vous êtes à votre toilette, vous avez bien de l'eau et nne serviette, mais de savon, point, si vous n'avez pas eu le soin de vous en pourvoir auparavant. Evidemment n'est-ce pas là rendre le séjour des hôtels plus difficile et désagréable ? Ou plutôt, n'est-ce pas là se ménager un prétexte, une occasion de pouvoir exploiter l'étranger à sa guise? Car venez-en au règlement avant votre départ, Pour une bougie d’un sou et nn morcean de savon de deux sous, on vous chargera 10 sous pour chaque, ajoutez à cela 2 à 8 francs de service par semaine,
et vous voila avec une pension de 7 à 10 francs par jour, au lieu de 4 à 5 francs qu’on vous avait fait entendre, ist. ce bien là viser à accommoder convenablement les voya-
32 DE QUÉBEO À JÉRUSALEM
geurs? Il arrive nême parfois qu’on ait fort à souffrir de cette coutume irrationnelle. J'arrive un soir vers les 11 heures à Turin, je loge à un superbe hôtel: un garçon monte mon bagage à ma chambre au 8e. J'ai besoin de faire un peu de toilette avant de me mettre au lit. Je vais pour me laver les mains, mais il n’y a point de savon; je sonne. Après un quart d'heure d'attente, se présente une servante, qui probablement sortait de son lit.— Ne pourrais-je avoir du savon pour me laver ?—Xl est trop tard, les magazins sont fermés ? — Mais n’en avez-vous point dans la maison ?—Nous n’en avons point; ie garçon ira vous en chercher demain matin.— Mais votre garçon ne sera sur pied que vers les 7 heures, et dès 54 heures il me faudra être rendu à l’église. Demain, dit la fille en refermant la porte, le garçon ira vous en chercher. 11 fallut me coucher ainsi sans me laver.
Le lendemain, peu après 5 heures, le garcon se présente avec un morceau de savon de 2 sous ; c’est 10 sous, dit-il, Je les lui paye de suite. Au moment de solder la note je trouve encore le susdit savon quoté à 10 sous. Biflez cet item, dis-je au comptable ; c'est assez d'avoir payé une fois 10 sous ce qui n’en vaut que deux, sans le voir figurer une deuxième fois dans votre note.
Dans tout notre parcours depuis la gare, nous n'avons va partout qu'une profusion de becs de gaz, tant dans les vitrines faisant briller mille objets divers, que dans les rues que des piétons sans nombre encombraient en certains endroits. Çà et là des lumières électriques s’ajoutaient aux becs de gaz pour faire de la nuit un véritable jour.
Paris, 5 mars. — Etant allés dire la messe à N, Sulpice ce matin, nous nous renselgnons sûrement sur l'hôtel que nous voulions trouver; c'est au No.7, rue Casimir-Delavigne ; cet hôtel est tenu par un M. Lebrun, homme très respectable et fort accommodant, qui a eu occasion de fuire connaissance avec plus d’un Canadien déjà. Aussitôt après notre déjeûner nous allons nous y installer, Nous convenons de payer 1.50 franc par jour pour la chambre, et ne prendrons les repas qu'à la carte. Mais un seul repes pris ainsi à table d'hôte a suffi pour nous dégoûter
out-à -fait bre, sont dé de divers e et très peu courage su ne durant qu'après c digestion s Définitivem plus nos re] plus à notre sufhrait po
De mé retour à vis après en av semble des affaires que nous rendo nos lettres d de Furstenb sion et paye:
rinage comp ples, Alexan routh et ler drie, etc., 13 débourser, s voulons la fa
Tout en jetés sur la À construction encore vue ; ticulièremen celles du Pa les bijouterie Tout ce que et ses vaisses et leurs stat jardins publ boulevards s
DE QUÉBFO A JÉRUSALEM 33
out-à-fait de ce mode; les hôtes, pour le plus grand nombre, sont des étudiants en médecine avec des jeunes filles de divers emplois, les uns et les autres à babil fort bruyant et très peu intéressant pour nous, Mais ce qui nous décourage surtont c'est la durée des repas, le diner à 6 h. ne durant pas moins d’une heure et demie, On dirait qu'après chaque plat, on attend qu'un commencement de digestion soit fait avant qu’on nous en présente un second. Définitivement nous arrêtâmes que nous ne prendrions plus nos repas que dans les restaurants, où nous aurions plus à notre goût et où un quart d'heure seulement nous suffirait pour notre réfection.
De même que pour Londres, nous remettons à notre retour à visiter Paris plus en détail, nous nous contentons, après en avoir étudié le plan, de prendre des vues d’ensemble des divers quartiers où nous appellent les quelques affaires que nous avons à traiter. Et tout d’abord nous nous rendons chez notre banquier retirer le montant de nos lettres de crédit, puis au bureau des pèlerinages, 6, rue de Furstenberw, pour régler définitivement notre admission et payer notre passage. Nous payons pour le pèlerinage complet de Marseille à Marseille, passant par Naples, Alexandrie, la Judte, la Galilée, la Syrie jusqu’à Beyrouth et le retour de cette dernière place par Jaffa, Alexandrie, etc., 1370 fr. pour chacun, sans avair rien de plus à débourser, sauf la visite au Caire et aux Pyramides si nous voulons la faire,
Tout en passant, nous admirons les magnifiques ponts jetés sur la Seine, les statues qui les décorent, l'immense construction du Louvre, la plus vaste que nous ayons encore vue ; les superbes vitrines de la rue de Rivoli, particulièrement celles des grands magazins du Louvre et celles du Palais-Royal, où brillent en immense profusion les bijouteries les plus riches et des plus variées etc. etc. Tout ce que nous voyons, la Seine avec ses ponts, ses quais et ses vaisseaux ; les places publiques avec leurs obélisques et leurs statues ; les fontaines avec leurs décorations; les jardins publice avec leurs bosquets et leurs parterres ; les boulevards sans fin avec les façades si ornementées de leurs
his IP SP
mm mm mm Ce en
34 DE QUÉBEO A JÉRUSALEM
demeures de 6 à 7 étages et toutes de même hauteur, simulant des blocs sans fin; les rues si soigneusement lavées chaque matin avec leurs nombrenx omnibus et leurs riches boutiques ; les églises, les théâtres, les cafés, les édifices publics, tout nous convainc du premier coup d'œil que Paris est sans contredit la plus belle ville du monde, celle qui offre la plus grande somme d’agréments au visiteur. La Neine qui la traverse presque en son milieu, ses nombreux boulevards avec leurs files d'arbres non interrompues, ses larges rues toujours si propres et si nettes, font que malgré la hauteur de ses constructions, l’air y circule toujours librement, et n’a rien de cette atmosphère lourde et nauséabonde de la plupart des autres villes ; et malgré ses vastes dimensions, les tramways, les omnibus, les voitures de place sont en si grand nombre, que le transport d’un point à un autre peut en tont temps s'opérer sans retard et pour quelques sous seulement, Aussi si Londres, en vue générale, parait surtout la villes des affaires et de l’industrie, Paris s'annonce comme étant particulièrement la ville des promeneurs et des touristes,
Dimanche 6 mars.—Quel coup d'œil se présente à nous ce matin dès notre sortie pour nous rendre à l’église ! Les boutiques sont partout ouvertes, les rues sont occupées par de lourds camions chargés de matériaux, et de nombreux ouvriers sont au travail et dans des constructions privées qu'on érige, et dans des rues qu'on répare. Ce spectacle nous révolte. Mais quoi, dis-je à mon compagnon, cette ville si belle, si riche, si élégante, cette capitale du monde civilisé croit pouvoir se passer de Dieu, et lui refuse l'hommage de ce repos qu'il a toujours si impérieusement exigé ? Elle en portera tôt on tard la peine. Le Maître de l'Univers saura bien encore, quand le moment en sera venu, trouver des Prussiens pour humilier et punir cette nation ingrate qui le méprise et foule aux pieds ses commandements. ANVisi Dominus cuslodierit civitalem, frustrà vigilat qui custodil eam. Si le Seigneur n’y met luimême la main, c’est en vain que veillent à la garde de la maison ceux à qui elle a été confiée. Si cependant l'oubli de Dieu, la violation du dimanche était le seul crime qu’on
eut à re] désespére et ses re:
par l’indif lui déclare pour titre ment lat} l'appelle, — par le cult fix es éco et on va le L'homme suit son év et quand Je vont se mê précédé; e ainsi à ne veut-on qu voyez déjà dage de la du pouvoir liberté mên Au nom d demeure et enfants pou de la pervei entravées 0 la guerre à est reconnt encore une nément de scélératesse quique secun pour nous d Mais la ne s’en trou facial bonum phète ? Déti pas encore 6
murées hes ices que elle eur.
omomque toule et ; ses ures d’un ‘d et vue dusville
nous Les par reux vées peCnon, e du ireuse Le ent unir S ses frusluine la ubli u’on
eut à reprocher à la France, on pourrait encore ne pas désespérer de son pardon, mais qu’on ouvre ses journaux et ses revues, qu'y voit-on ? Ce n'est plus seulement par l'indifférence qu'on se rend coupable envers Lieu ; on lui déclare ouvertement la guerre. Ni Dieu ni maître porte pour titre l’un de ses journaux, et l’un y prêche ouvertement l’athéisme, La religion, --la superstition comme on l'appelle, — a fait son temps, répète-t-on, il faut la remplacer par le culte de la raison. Et là dessus on enlève les crucifix des écoles, on les entasse pêle-méle dans une charette et on va les verser dans un coin d’une salle municipale. L'homme descendu du singe, dit un autre organe, poursuit son évolution comme tous les autres être de la nature, et quand le temps de sa dissolution est arrivé, ses éléments vont se mêler à la poudre de tous les autres êtres qui l'ont précédé; et, il n’en reste plus rien. Quand on en est rendu ainsi à ne craindre plus ni Dieu ni diable, quelle morale veut-on qui puisse retenir l’homme dans le devoir ? Aussi voyez déjà les fruits de cette irréligion, de ce dévergondage de la raison ! Des ambitions effrénées se sont emparé du pouvoir ; c’est au nom de la liverté qu'on opprime la liberté même ; la propriété particulière n’est plus respectée. Au nom de la légalité on vient vous arracher de votre demeure et vous jeter sur le pavé ; on vient vous ravir vos enfants pour leur montrer, dès l’âge le plus tendre, la voie de la perversité. Toutes les franchises honnêtes sont ou entravées ou supprimées, seule la license, la liberté de faire la guerre à Dieu, d’entraver le libre exercice de la religion, est reconnue et proclamée, Français, vous apprendrez encore une fois de plus qu’on ne se moque pas ainsi impunément de Dieu. Le Dieu qui voit vos iniquités et votre scélératesse rendra à chacun selon ses œuvres, reddel unicuiquique secundum opera ejus (Rom. 2, 5, 6 ); l’histoire es’ là pour nous donner mille fois la confirmation de cette vérité,
Mais la France at-elle oublié son Dieu à ce point qu'il ve s’en trouve plus chez elle qui fasse le bien, non est qui facial bonum, non est usque ad unum, comme disait le prophéte ? Détrompons-nous; la race des fils de S. Louis n’est pas encore éteinte ; la fille aînée de l'Eglise compte encore
IR RS TEEN
ie Me RE
to pm mm
36 DE QUÉBEO À JÉRUSALEM
des légions de ses enfants fidèles ; la nombreuse assistance que nous avons vue aux messes de S. Sulpice ce matin, bien plus encore la société d'élite qui se pressait cet après midi autour de la chaire Notre-Dame pour entendre le P, Montsabré et suivre la procession réparatrice qui venait ensuite, nous est une garantie que la foi, je dirai pius, que la piété même n’a pas encore déserté le pays de nos ancêtres. Si l’ivraie parait l'emporter sur le bon grain en plus d’un endroit, la moisson n’est pas encore désespérément perdue,
Cette procession réparatrice qui se fait à Notre-Dame le premier dimanche de chaqgne mois, est une amende ho- |. norable pour ies nombreux outrages à la divinité durant la grande révolution de 1798, auxquels on joint sans doute aujourd'hui les horreurs non moins révoltantes de la Commune de 1871.
Aboyne Balmoral =
Braema - "Ballater
Brechin Si R, er
a, Bannor
(y Dunkelû
2e 1e LS CE Ü
ta ]
{ilmarnock nd < ilns ,
Darlington
irby Stephen Z
Leyburm
Ripon/ À Pateley Bridge town ASS HE mn Settle Duunr OZ Ÿ st EE \ Harrogaie®
He .
oye3s (fl rte
180 he
wreypuniy er