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Je me plaisais à me répéter : oui! jai ici, à mes pieds, l'endroit le plus saint de la terre. L’éternel s’est montré sur le Sinaï; il s’est aussi montré ici sur le propitiatoire. Dieu a parlé sur le Sinaï ; il a aussi parlé ici : “ Celui-ci est mon fils bien aimé, écoutez le! ” Il me semblait l'entendre cette parole échappée du Ciel, répercutée par les parvis pierreux qu'elle a frappés, et j'étais tenté d'aller scruter la surface de ces à dalles pour reconnaître s’il n'en restait pas quelques traces.
ne vois l'oreille
Ovit plus qu’en tout autre lien, le Ciel a été ici en com- Pot munication directe avec la terre. J: me plaisais à me figurer l'atmosphère de consistance plus ferme que celle de l'air in. saisissable qui nous environne, et je la voyais sillonuée ici de tee mille canaux qui ont servi aux communications céle.tes, Ii, :
Hi : NEA vous ai c'est l'ange qui descen 1 du Ciel pour retenir le bras d'Abraham étranger prêt à frapper son fils Isaac ; c’est l'Eternel lui même qui rend aidonné sa présence sensible dans la nuée qui reconvrait l'Oracle; c’est àämonn un ange qui vient annoncer à Zicharie que son épouse Kliza.
enfants,
tous les beth mettra au monde un fils qui sera grand devant les stdérée i ‘À veage: € "ni c 4 sr Msn hommes et qui préparera la voie au Réd:mpteur d'Israël, gté: déve
Un autre messager céleste vient renverser là la pierre qui fer.
D'où vie mait le sépulcre du Sauveur, et s'usseyant dessus, il annonce
muison ?
aux saintes femmes la résurrertion de leur maître. Un de tous « ange vient aussi dans la grotte de Gethsémani soutenir le Sau. Dieu qui veur prèt à défaillir à la vue des tourimnents qui l’attendent, des dieux C'est la voix de l'Eternel qui perce la nue e‘ avec l'éclat du th: tonnerre prociame le fils de Marie son fiis bienaimé. Eufn, Hgnént:
c'est Jésus-Carisr lui-même qui, après avoir donné sa dernière dé Dieu il bénédiction à ses apôtres et à ses disciples, s'ouvre un passage dit Hi 1} à travers cette atmosphère pour retourner vers son Père, Ses ve | 1l : | Quelques années plus tard, Etienne, le premier des mar. cependan il tyrs, verra encore cette atmosphère s'entrouvrir pour lui per: pêche qu' jh mettre de porter son regard jusque sur le trône de Dieu, où il C'est le c: Îl verra le Christ assis à la droite de sou Père. Marie, la Sainte et qui fai ïÉ Mère de Dieu, bientôt après, enlevée par les anges, se fiayera vivre pou aussi un passage à travers cette atmosphère pour voler dans tous les a les bras de celui qu’elle a eu le bouhaur de porter dans sou encore pl -ein et partager en quelque sorte la divinité avec lui. tiens com Mais où sont-ils, Ô Jérusalem, ces jours de ta splendeur? comme le où sont-elles tes fêtes où l’immolation de milliers de victimes Lors
enivrait le peuple de joie et te rendait le Ciel favorable ? Où sms
sont-elles tes solennitès qui couvraient tes parvis de foules (1) LT]
1es pieds, outré sur . Dieua mon fils te parole qu'elle a e de ces traces.
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née ici de tes. Ici, Abraham qui rend acle; c’est use Eliza.
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DE QUÉBEO A JÉRUSALEM 296
empressées, solennités que des rois venaient de loin admirer dans l’étonnement ? Hélas ! j’éteuds sur toi mes regards, et je ne vois partout que ruines, tristesse et désolation. Je prête l'oreille,et j'entends les lamentations du prophète sur ton délaissement, Sion comme une veuve dans les larmes est enveloppée dans le deuil! Ses rues sont désertes, ses parvis sont sans adorateurs! Comment l'or pur a:t il pu ainsi perdre son éclat ? comment s'est-il changé en un vil métal ?
J'ouvre le livre des oracles sacrés, et j'y lis la parole de Dieu mème : ‘“ Que si vous vous détournez de moi, vous et vos enfants, dit le Seigneur à Salomon, si vous cessez de me suivre et de garder mes préceptes et les cérémonies que je vous ai prescrites, et que vous alliez servir et adorer des dieux étrangers, j'exterminerai les Israélites de la terre que je leur ai donnée, je rejetterai loin de moi ce t-mple que j'ai consacré à mon nom, Israël deviendra la fable et l'objet des railleries de tous les peuples ; et cette maison, réluite en cendre, sera considérée comme un exemple de ma justice, et quiconque passera devant sera frappé d'étonnement, et Lui insultera en disant : D'où vient que le Seigneur a traité ainsi cette terre et cette maison ? Et on lui répondra: Le S igneur à frappé ces peuples de tous ces maux, parce qu'ils ont abandonné le Seigneur leur Dieu qui avait tiré leurs pères de l'Egypte, et qu'ils ont suivi des dieux étrangers, et les ont adorés et servis.” (1).
Jamais oracle n’eut d’accomplissement plus parfait et plus frappant que celui-ci. Où est-il aujourd’hui ce peuple chéri de Dieu, ce peuple d'Israël ? Il est partout, et il ne se retrouve nulle part. Ici mème, dans son propre pays, on le chaeiche en vain. Ses rois, ses pontifes, ses tribuns, ses autels, tout a disparu. Et cependant il porte sur son front un caractère indélébile qui empêche qu’on ne le confonde nulle part avec les antres nations. C'est Le caractère de l’anathème qu'il a demandé au Calvaire et qui fait qu’il ne peut disparaître parce que toujours il doit vivre pour être l’opprobre de toutes les nations, le rebut de tous les autres peuples. Ses restes sont hounis ici peut être encore plus que partout ailleurs. Condamnés par les chrétiens comme déicides, ils sont exévrés par les musulmans comme les bourreaux d’un grand prophète !
Lors de la visite du P. de Damas aux Lieux-Saints en 1868,
(1) LI Livre des Rois IX, Ge et suivauts.
296 DE QUÉBBO À JÉRUSALEM
peu s’en est fallu qu’il n’y eut une émeute sanglante au S Sépulcre, le jeudi-saint, parce que tout à coup se répandit le bruit qu’un juif se trouvait dans l'assemblée. Les schisma. tiques Grecs et Arméniens s'accusant réciproquement de protéger l’intrus. On fut obligé d’avoir recours à la force turque qui fit fermer la porte et ne rétablit l’ordre qu'après avoir cons. taté que la rumeur était dénuée de fondement.
Ce ne fut qu'après avoir roulé toutes ces pensées dans mon esprit que je laissai avec regret mon lieu d'observation, pour aller retrouver mes comipagnons que je voyais réunis autour d’une espèce de tombeau vers la partie N. de l’esplanade.
Ce monument porte le nom de trône de Salomon, parce que les musulmans prétendent que Salomon fut là trouvé mort sur son trône. Ce tombeau est à dos d’âne et simule ces caves à légumes que nous voyons ici, en Canada, en beaucoup d'en. droits. Il est fermé devant par un grillage auquel on voit accroché un grand nombre de petites pièces d’étoffes ; les musulmans en agissent ainsi pour obtenir des faveurs du grand roi, prétendent-ils.
Vers l’angle N. de l’esplanade on trouve la porte Babel Asbate par laquelle nous frauchissons le mur de la ville pour rentrer à 70 pas plus loin par celle de St Etienne ou Sitti-Mariam, comme l’appellent les musulmans. Nous nous engageons dans la rue qui fait face à la porte et qui n’est que la continuation de la Voie Douloureuse que nous avions déjà visitée. À une centaine de pas environ nous nous arrêtons à droite à la demeure des Pères d'Afrique, qui déservent l'Eglise de Ste Anne bâtie sur l'emplacement de la maison de la mère de la Ste Vierge, dans laquelle celle-ci fut concue et vint au monde.
Les opinions sont partagées sur le lieu de la naissance de la bienheureuse Vierge. Les uns veulent que ce soit à Séphoris en Galilée, où S. Joachim avait une maison ; d’autres la placent à Nazareth dans la maison actuellemet à Lorette; d'autres veulent que ce soit à Bethléem ; et d’autres enfin à dé: rusalem, dans la maison qu'y possédaient Joachim et Anne, Cette dernière opinion a été, de tout temps, la plus accrédités en Orient, et on peut dire qu'aujourd'hui elle est généralement partout admise. Notre S. P. le Pape Léon XIII n’a pas hésité à accorder en 1880, le privilège de La célébration quotidienne de la messe votive de la Nativité de la Ste Vierge, ou de celle de l’Immaculée Conception, dans la crypte de l’église actuelle de Ste Anne, donnant par là la confirmation à la croyance
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orientale sur le lieu de la naissance de Marie, La tradition d'ailleurs a été constante pour vénérer à ce titre La maison de Ste Anne.
+ Dès le 4e siècle, une église était érigée en ce lieu. Détruite, abandonnée, reconstruite, usurpée par les musulmans, cette église a suivi le sort et les vicissitudes de la Ville-Sainte. Elle était depuis longtemps abandonnée et en partie détruite, lorsqu’après la guerre de Crimée, en 1859, la France exigea de la Turquie cette restitution. (C'était demander bien peu pour les frais d’une guerre qui n'avait pas coûté à la France moins de 50,000 vies et plus de 100,000,000 de francs. Si la France eut été, encore à cette époque, animée de l'esprit de foi comme autrefois, il lui aurait été facile d'obtenir dix fois plus. Que n'a-telle demandé, par exemple, la restitution du S. Cénacle, où, à force d'empiètements on en est venu à évincer complète. ment les latins des droits qu'ils avaient à ce sanctuaire.
L'église a été restaurée aux frais de la France, et confiée à la garde des missionnaires d’Alge”. Ce sont deux de ces missionnaires, au costume de laine blanche, que nous avons encore en cette province, sollicitant des aumênes pour leurs mis. sions d'Afrique. Ces bons Pères sont seulemeut trois actuelle. ment à Jérusalem, et nous font avec beaucoup de cordialité les honneurs de leur sanctuaire,
Les missionnaires ont leur résidence attenante à la rue, mais l’église se trouve située à l'extrémité d’une vaste place ou cour qu'on a commencé à cultiver en parterre.
L'église, sans avoir rien d’extraordinaire dans sa décoration, est cependant très propre et offre un joli coup d'œil. Elle est partagée en trois nefs par d'énormes piliers en pierre du pays. A l'extrémité de la nef latérale de droite, s'ouvre un large escalier en pierre qui conduit à la crypte ou grotte de l'Immaculée Conception, qui est taillée dans ie roe même. Nul doute que cette grotte fuisait partie de l'habitation qui se trouvait au devant. C’est dans ceite crypte que se trouvent les deux autels privilégiés, car c'est là qu'a été conçue et qu'est venue au monde l'Immaculée Vierge, la mère du Sauveur.
C'est à la partie ouest du parterre qui précède l’église que se trouve l'emplacement de la Piscine Probatique qui est aujourd’hui comblée, mals que les Pères se proposent de faire déblayer si leurs ressources peuvent le leur permettre,
On sait que la Piscine Probatique avait plusieurs portiques
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