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on ou de Quant à la vénalité de la justice, elle est pour rantaine, ainsi dire générale; c'est en vain que quelques ire sortir fonctionnaires honorables luttent contre cette tentent sans A dance; les jurés sont complices. Lorsque l'argent , On leur Î ne peut servir, on met en usage l'intimidation; ou nal habile D bien les avocats, comme en Europe, font appel aux sprit de la l passions politiques. C’est un dire universel qu'avec u du plus D de l'argent et des amis l’on est presque sûr de l’im- 14 nombre punité aux États-Unis. Un exemple entre mille. Il y ork, et de a, à quelque distance d'ici, dans les bois, un colon ir-
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landais, nommé Bennet. En 1850, il habitait, avec toutun clan d’Irlandais du comté de Limerick, dans l'île de Beaver, sur le lac Michigan, près de Mackinac. Des Mormons vinrent s’y établir. Une nuit, sans aucune provocation, ils attaquèrent les Gentils (c'est ainsi qu’ils nomment les chrétiens). Ils tuèrent trois } hommes et en blessèrent d’autres, ainsi que des femmes et des enfants. Les malheureux Irlandais ne furent sauvés que par l’arrivée d’un bateau à vapeur, sur lequel ils se réfugièrent. Plusieurs de ces à monstres furent arrètés, et conduits à Détroit (chef- | lieu du comté de Wayne en Michigan‘), pour être, À jugés; mais ils étaient riches et puissants; plusieurs appartenaient aux francs-maçons, qui sont trèsinfluents dans cette ville; leurs victimes étaient
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1. Détroit était la capitale de l'Etat de Michigan jusqu’en décembre 1847; le siége du gouvernement fut alors transféré à Lansing, chef-lieu du comté d'Ingham.
pauvres et inconnues; le jury fut insensible, et les assassins furent acquittés.
Mais il y a bien d’autres choses bizarres dans les lois des États-Unis. À La Pointe, j'ai pu voir de près deux institutions du pays (style américain) : 1° les banques ; 2° les villes nouvelles.
Dans plusieurs des États de l’Union, tout commerçant peut établir une banque et émettre des billets. Quelques spéculateurs se réunissent, adoptent un nom pompeux, et font faire des billets extrèmement jolis : ils sont scandalisés (j'ai souvent entendu tenir ce propos) de l’extrème laideur de l’impression des bank-notes de la banque d'Angleterre. Ils placent facilement leur papier-monnaie, pourvu que ce ne soit pas dans le voisinage de leur établissement ; car, après la dextérité des Américains pour tromper, ce qui étonne le plus, c’est la facilité avec laquelle ils se laissent voler. Bientôt survient une crise commerciale, c'est une fièvre intermittente des Etats-Unis ; alors ces billets, si bien gravés, ne sont plus que des chiffons. Mais qu'importe à ces honnèêtes industriels? ils sont prêts à recommencer. Seulement, ils changent de localité; ils avaient une banque dans le Wisconsin, ils vont s'installer dans l’Arkansas. 11 y a une banque de La Pointe qui à pour 30 000 &@ollars (150 000 fr.) de billets en circulation dans l'Est. Mais, conformément au proverbe, les banques ne sont pas prophètes dans leur pays.
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On n’a jamais vu un de ces billets à La Pointe! Il ne serait certainement pas reçu. Il est vrai qu'il y a là une maison en bois, qui porte le nom de Banque; le caissier est une vieille indienne, un peu sourde, qui ne vient que si l’on frappe fort et longtemps; elle ne parle que le chippewa le plus pur.
On croirait qu'après la crise ces billets si bien gravés dont j'ai parlé ne seront bons, tout au plus, qu'à des usages domestiques. Il n’en est rien : un jeune hornme du Sud veut faire un voyage d'agrément dans le Nord, ou vice versa ; il se présente chez un’ commerçant auquel il en est beaucoup resté : «Donnez-moi 100 dollars de papier pour 5 d’argent, lui dit-il, je tâcherai de les passer.» Cet ingénieux touriste payera ainsi des voitures la nuit, donnera des pourboires généreux à de pauvres irlandais ignorants,
1 ou à des nègres qui n’oseront rien dire. Il revient,
son père est enchanté de lui: il fera son chemin; c'est un gaillard très-éveillé (very smart).
Assurément, je ne veux pas prêter à tous les Américains de pareils sentiments; j'ai déjà rencontré parmi eux bien des hommes probes et honorables. Mais ce que je soutiens, c'est que dans aucun pays d'Europe ce manque de probité n’est aussi commun. Les citoyens éclairés le reconnaissent, ils le déplorent: mais l'habitude de la glorification de Veiveleug:
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tellement sur ses gardes, qu’il ne veulent jamais en convenir avec les étrangers.
De même que tout négociant peut établir une banque, tout propriétaire peut fonder une ville nouvelle. Il lui suffit pour cela de faire un plan magnifique sur le papier, de le faire enregistrer, de diviser le terrain en lots, et de donner au projet une grande publicité : chose facile dans un pays qui a inventé toutes les excentricités de la réclame. Il choisit un nom plus ou moins prétentieux; et tâche de placer ces lots ; mais, comme les banquiers pour les billets, il s'adresse aussi loin que possible de la cité en question. Ces villes n'existent la plupart du temps que dans l'imagination fertile de leur inventeur. Néanmoins, le nombre de gens qui se laissent prendre à cette fraude assez grossière est vraiment inouï. On assure même qu'un des plus grands capitalistes d'Europe fut dupé de cette manière, et acheta la plus grande partie de la ville de Cairo, située dans une position qui serait magnifique, si elle n’était pas couverte d’eau pendant huit mois de l’année. On peut ne pas s’apitoyer beaucoup sur le sort de MM. de R...., mais on est indigné quand on songe que, trop souvent, parmi les victimes il y à de pauvres émigrants qui mettent dans ces achats leurs épargnes, font des voyages coûteux, et ne trouvent au bout que la déception, la pauvreté et la maladie. Charles Dickens, dans son ronran de Martin Chuzz-
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ferme, près de la ville nouvelle de Bayfield, j’entre Hans un fourré, pour ramasser un ramier que je Acnais d’abattre. Quelque chose de dur me heurte à la jambe ; je me penche, et à mon grand étonnement, je découvre une fiche de bois blanc, sur la-
quelle étaient écrits ces mots :