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Tacubaya est un fort joli faubourg, situé à deux lieues de Mexico. On 5e rend par la voie ferrée aux belles résidences d’été que la fashion y a bâties, loin de l'atteinte mortelle des fièvres typhoïdes qui désolent la cité pendant toute l’année.
Outre ces fièvres causées par la malaria des lagunes de Texcoco, de Chalco et de Cochimilco, les maladies de cœur, principalement l’hypertrophie, sont excessivement communes à Mexico.
A moitié chemin, sur la route impériale de Chapultepec, s'élève le château de ce nom, ancienne école militaire de la république. M. Arthur Taschereau lui trouve, avec raison, un faux air des casernes du marché de Québec. Le parc qui l’entoure est d’une magniicence indescriptible. On y voit des cyprès qui ont, d’après M. de Candolle, plus de cinq mille ans d'existence.
Je n’ai pas besoin d’ajouter combien l’homme se sent petit, même devant les feuilles mortes qui tombent en brüuissant doucement, le long de l’énorme barbe grise toute moussue qui recouvre ces tioncs forts et noueux, sur la sève desquels quarante siècles n’ont rien fait.
À quelque distance de la ronte de Tacubaya le voyageur rencontre l’arbre où Fernand Cortès, défait et jeté en retraite, passa cette fameuse nuit du rer juillet 1520, connue dans l'histoire espagnole sous le nom de la nuit triste, /a moche friste.
Malgré le grand nombre de touristes qui viennent en disséquer les branches pour les emporter comme reliques historiques, ce colosse, né en même temps que ses frères du parc, semble être aussi vivace qu'eux.
J'ai fait comme bien d’autres: j'ai glissé une de ses branches dans mon carnet de voyage, et aujourd’hui
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elle orne modestement une des pages de l'album de ma sœur aînée, en souvenir des larmes amètes versées sous leur ombrage séculaire par le farouche ronquérant.
Si chaque sanglot poussé sous l’aiguillon de la douleur ou de la souffrance était devenu aussi célèbre que ceux-là, que de beaux herbiers de nos salons seraient tapissés de feuilles mortes avant le temps, d'herbes jaunies et flétries sur des tombeaux, de fleurs fanées sur des cœurs morts !
Le sanctuaire de Notre-Dame de Guadaloupe, la patronne attitrée du Mexique, forme sans contredit ce qu’il y a de plis curieux à voir, comme échantillon d’art religieux, dans les environs de la ville.
Dans cette chapelle que M. Girard trouvait ce qu’il avait vu de plus ravissant en fit d’architecture, pendant son voyage en Amérique, la munificence des princes européens et les largesses des Mexicains ont entassé des richesses et des trésors incalculables.
— ‘‘ Elle est construite, écrit le savant voyageur, audessus de la source miraculeuse de Notre-Dame. Son architecture est très-originale ; eile ne ressemble à rien de connu. C’est bien une sorte de renaissance, mais d’un goût particulier, arabe et mexicain, trèsélégant et très-étrange. Des zigzags blancs et noirs surmontent les fenêtres en étoiles, autour desquelles des anges déroulent des légendes empruntées aux litanies de la sainte Vierge, en langue espagnole. Lec colonnes sont à demi-grecques, mais d’un grec de fantaisie. La porte est mauresque et les fenêtres le
sont, pour la plupart, aussi. Tout cela semble devoir être très-incohérent, mais cependant ne l’est point : la disposition de l’ensemble fait de ce caprice architectüral quelque chose d’harmonieux. ?’ —
Plus d’un mois s’était écoulé depuis le jour de mon
arrivée à Mexico. L'Empereur terminait un voyage
qu’il avait entrepris dans l’intérieur de l’empire ; le général Bazaine se reposait de la joie que lui avait causée la réception méritée de son bâton de maréchal de France, en niûrissant le plan de la longue et difficile expédition d’Oajaca, et le marquis de Montholon s’occupait du prochain mariage de sa fille avec M. le capitaine d'état-major Garcin.
Pendant tout ce temps, je me croyais oublié et je commençais déjà à me répéter, plus d’une fois, cet alexandrin célèbre :
Quand je vois l'étranger, je pleure mon pays,
lorsqu'un bon matin, je fus éveillé par le bruit sec et métallique des éperons d’un chasseur d'Afrique.
Il arrivait au triple galop, m’apportant, de la part du colonel d’état-major général, M. Osmont, (1) l’ordre de me rendre à son bureau le soir même, pour y passer un examen.
Un comité, composé des généraux de brigade de Lascours et l’Hérillier, sous la présidence du général de division de Castagny, m'y attendait.
(1) Auguste Adolphe Osmont, grand officier de la légion d'honneur, aujourd’hui général de division commandant Ja division d'Oran.
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J'eus la bonne fortune de mériter l’approbation de mes examinateurs et d’être attaché, comme capitaine, au quatrième tirailleur mexicain.
Le lendemain, je recevais la lettre de service pi suivante, en réponse à la requête que le comité m'avait fait dresser, pour être annexée à son rapport :
Mexico, le 27 Novembre 1864.
‘ Corps expéditionnaire du Mexique.
‘“ Etat-Major Général.
‘“ No. 8830.
‘« Capitaine, ( J'ai l'honneur de vous informer que j'ai reçu la demande ue vous m'avez faite de vous joindre à l’expédition d'Oajaca. J Ï À]
‘“ J'accepte vos offres de service, et vous autorise à partir quand vous le jugerez convenable.
“ Le maréchal commandant-en-chef,
‘ Par ordre, « Le colonel chef d’état-major-général,