DE RES
tive ainette
ns à nes, a de e de plus nce, bien
s par
excellence ; c’est le type qui a relevé de faction le grognard de la vieille garde, celui dont la moustache s’est grisée sous tous les soleils de la terre, lorsqu’il inscrivait sur la hampe hachée de son drapeau, les noms glorieux d’Algérie, de Crimée, d'Italie, de Cochinchine et du Mexique. Il est par droit d’aînesse comme par droit de conquête un des premiers soldats du monde ; son cadet, c’est le conscrit de France. Ce dernier, il est vrai, l’a suivi sur tous les champs de bataille, souvent il l’y a égalé, mais ce n’est pas ce vieux troupier dans toute l’acception du mot, qui se fait une patrie de son drapeau, une famille de son régiment. Fréquemment dans les corps de France, le soldat s'engage volontairement, mais rarement il fait plus que ses sept années de service, tandis qu’il arrive tous les jours de rencontrer parmi les régiments d'Afrique de vieilles cartouches qui ont leurs trois chevrons équivalant à vingt-et-un ans de pain de munition. L'un se fait soldat pour dire : j'ai servi ; l’autre, pour dire : je sers. D'où il n’est pas difficile de conclure que la silhouette du troupier d'Afrique demeurera, comme est resté le type des vieux de la vieille.
Les troupes d’Afrique sont divisées en zouaves, turcos, zéphirs, légion étrangère, spahis et chasseurs d'Afrique. Ces corps ont été plus ou moins représentés dans l’armée d’occupation, mais à leur tête brillaient toujours comme partout, les zouaves, ces nobles enfants de La Moricière, dignes en tous points du magnifique éloge qu’en faisait
Be NT Re ES een le mp un
| f ñ ë LE j ; :
(se MES ES
Mgr. Dupanloup, sous les voûtes en deuil de la cathédrale de Nantes.
‘€ Vrais lions dans les combats ; toujours au feu au premier rang ; n’attendant jamais l’ennemi, l’abordant à la pointe de leur baïonnette ; dans ces guerres étranges, usant de toutes les manœuvres et de tous les stratagèmes ; tantôt se couchant à plat ventre, grimpant dans les broussailles et sur les pentes escarpées ; tantôt bondissant comme des panthères ; non moins ingénieux dans le camp que braves et intelligents sur le terrain, pleins d’entrain, de verve, de gaieté militaire ; chansonnant volontiers dans leurs refrains du bivouac la casquette du maréchal ; trouvant partout moyen de vivre et de chanter ; rachetant par tant de oualités héroïques et guerrières leur amour un peu trop v.® de la razzia et leur humeur plus faite pour la poésie des batailles que pour les travaux des quartiers d'hiver et des campements ; préférant encore au chant du bivouac les sons de la charge et du clairon ; sachant pourtant manier la pioche comme la baïonnette et se couvrir de boue comme se couvrir de sang ; construire des redoutes, porter au besoin dans leurs mâles poitrines un cœur tendre ct bon comme en ont les héros. ”?
A côté de ce tableau qu'Horace Vernet n'aurait eu qu'à transporter sur toiie, pour ajouter un chefd'œuvre à sa galerie, vient se placer une figure pour le moins aussi bronzée et aussi énergique, dont Ja vaillance et la bravoure ont fait sur l’armée juariste le même effet que l’ombre du roi Richard sur
les Sarrasins, et à laquelle son audace et ses terribles moulinets, ont fait mériter l’épithète lugubre de ‘ bouchers bleus ?” — /os carniceros de azul. — Beaux cavaliers, infatigables sabreurs, les chasseurs d'Afrique, malheureusement pour un grand nombre, n’ont que trop mérité ce surnom sanglant. Autant l’azur et les précieuses fourrures de leur dolman font de jaloux et de caprices sur un champ de parade, sur le terrain de manœuvre, autant leurs formidables coups de pointe fauchent et clairsément les rangs de l’ennemi, lorsque le sol s’ébranle sous le galop de charge de leurs escadrons. Il faut alors voir les bras se disloquer, les têtes s’entrouvrir, les chevaux se cabrer sous la pression de cet avalanche, de cette trornbe humaine. Leurs premiers maîtres d'escrime ont été les Bédouins, les Kabyles et les Arabes ; dans ces rencontres de yatagans à yatagans ils ont appris de terribles tierces, des quartes à couper en deux une lame de Damas, et contre eux le poignard et le wachete mexicain étaient impuissants. Aussi le savaient-ils, et de l’état de la Vera- Cruz jusque dans le Sinaloa, le shako d’un simple chasseur d’Afrique entrevu au bas d’un sentier ou du haut d’un morne était plus que suffisant pour donner la chair de poule au bandit qui guettait et attendait dans un taillis ou au fond d’un hallier. A ce corps revient une partie des plus beaux engagements de cavalerie qui aient eu lieu pendant la campagne mexicaine, et l’armée s'était tellement habituée à ses prouesses, à ses incroyables faits de guerre, que
lorsqu’arriva à Mexico la nouvelle de l’éclatante défaite que le lieutenant Achille Cibot avait infligée, avec un peloton de vingt-cinq cavaliers, à Corona, à Martinez et à sa bande forte de plusieurs centaines d'hommes, au combat de las Narangas, ce fait d'armes passa dans nos cercles militaires comme la chose la plus natureile du monde.
Avec les spahis, les chasseurs d'Afrique forment les escadrons de la cavalerie algérienne. Au dire des militaires français que j’ai rencontrés, car je n’ai pu en juger — le ministère de la guerre n’ayant pas fait entrer de spahis dans la formation du corps expéditionnaire — ces derniers sont dignes en tout point de la funèbre réputation de leurs camarades.
On ne peut s” faire une bonne idée de l’armée d'Afrique sans avoir vu sa plus grande curiosité, son noyau, sa quintessence, le turco ou tirailleur algérien. Arabe jusqu’au bout des ongles, portant avec lui partout où il va son Coran et son kouscoussou, dans une vieille estampe de la guerre, il représenterait facilement la figure toute bouleversée de plaisir ou de vengeance du gaulois ou du franc ayant du sang depuis le taillant de sa framée jusqu’au bout de ses sandales.
C’est une doubiure du zouave, mais du zouave sectateur de Mahomet, du zouave qui ne fait jamais de quartier, qui ne connaît qu'une chose : donner ou recevoir la mort. Aussi, malheur à l'ennemi dont le pied glisse dans la mêlée, dont le sabre saute sous un
coup de crosse du turco; il est tombé pour mourir. A Mexico les autrichiens ne pouvaient revoir sans frémir cet uniforme bleu qui leur avait fait tant de mal en Italie, et entre nous soit dit, les chasses sans merci qu'ils ont faites aux guérilleros n’ont pas peu contribué à donner à l’ennemi une tranquillité rassurante sur leurs dispositions pacifiques. Pourtant, en garnison cela ne les empêche pas d’être aimés de tous, grâce à leur sobriété et à la sévérité de leur discipline.
— Toi, trouves muy curieux, mon capitaine, me disait un jour un de leurs sous-officiers, en patois moitié français, moitié arabe, que le Turco beseff aimé, macash mauvais garçon, kiff kiff que le zouzou : taper dur dans la bataille et pioncer bono dans la caserne.
— Tu dois trouver bien curieux, mon capitaine, que le turco soit beaucoup aimé ; ïl n’est pas mauvais garçon ; il est la même chose que le zouave ; — il tape dur au jour de la bataille et dort bien dans la caserne.
. Une fois lancé, le zouave ne s'arrête que lorsque son ennemi lui crie ‘ grâce ’” à deux genoux. Le turco, lui, se ferme les yeux et frappe jusqu’au moment où le clairon sonne la retraite. Alors il essuie soigneusement ses armes toutes maculées de cheveux et de sang, et rentre tranquillement au quartier ou sous sa tente, pour aller y pratiquer ses ablutions ou écoutsr .:: verset du livre sacré que lui
ee
PR ne et Le
ER Lis di.