‹ De Québec à VictoriaChapitre 18 sur 67 · A WINNIPEG · texte numérisé non relu

A WINNIPEG

‘Chez Mgr Tachë: — Au collége des Jésuites. — Ecole industrielle des Sauvages. — Une belle soirée dèadémique chez les Sœurs de la Charité. — Visité au Lieutenant-Gouver- ‘neur, — Au couvent des Saints Noms de Jésus et Marie. — Cérémonie imposante à l'église de Sainte- Marie. — Honneurs conférés à M. Barrett, — Diner,

.— Une foule énorme nous attend N la gare, et des”

‘ acclamations saluent notre arrivée. Des voitures sont

mises à notre disposition, et nous traversons toute la.

ville pour nous rendre à l’archevêché de Saïint-Boniface.

Tous les édifices publies et plusieurs résidences privées sont pavoisés, À Saint-Doniface, flottent des drapeaux ‘

anglais et français An faîte de presque toutes les mai-

SON, "? "ee

Monseigneur aché, nous acqueilie” avec cette affabi- :

lité et.cette distinction de manières qui, l'ont rendu si

populaire dans toute la piésarice du Canada, Tout le:

moside est heureux de le trouver si bien por tant, si gai,

“si plein d'entr in. Ta un. bon not pour chaenp, un.

sourire pour tous. Il se multiplie, il s'empresse autour de ses hôtes, il va audevant de leurs désirs, il se prodi- “gue pour les satisfaire, Æn un mot, nous recevons chez

lui cette hospitalité cordiale et généreuse qui n'ouvre

pas seulement sa maison mais son cœur.

mi

ET us est grande: pu “rt missionnaires de l'Ouest La

des souvenirs à se rappeler. Aussi, quelle tordiales

"poignées de mains ils échangent ! Quels baisers de . paix ils se doxinent ! ! Quelles causeries intarissables se succèdent! ‘

Bientôt le: déjeuner — qui est plutôt un diner est a servi, et nous nous rangeons autour d'une table somptueuse, Les appétits sont AUSSI OU erts que les cœurs, -” elles esprits aussi alertes: que les fonrchettes. +

Mais notre hôte se plaint toujours que; nqus ne faisons pas honneur à son menu, et il semle croire . qu'en arrivant dans la région. des prairies nos gétomacs out dû prendre les dimensions de ses immenses houizons.

A1xé ès le diner, et unes” minutes » chine ! à la .

ont qui est sous la direction des RR. PP. Jésuites.

Le BE, P. Drummond, qui est un des hurumes les plus

À distingués. de la Compagnie de “Jésus, et un orateur anglais et francais ‘de grande envergure, y souhaite la

Lienvenueaux évêques et à leurs compagnons de voyage,

en auélques “phrases . très. “Lieu cprropriées à à ‘la cir-

‘constance. ", : oct Los,

Une adresse est lue paru un ‘des élèr es, et est suivie : d'une petite comédie, où pin. d'un . simple, lever de rideau. "i ot . Mgr l'Archevêque d Ottaya doit, répondre à l'adresse

“des élèves, et, il le fait très. brièvement en passant le.

‘giteau à son voisin Mgr l'évêque des Trois-Rivières.

. N'est-ce’ pas en effet À celui-ci, ancien missionnaire,

de Ja Rivière® Rouge, qu'il appartient de parler dans cette circonstance? = «

” On sait quel, orateur vraiment remaiquéble est Mar

Lafèche, Ce-n'est pas un classique, et il na pas’ Télocit- . tion brillante, - châtice, harmonieuse de l’éloquence -. académique. Maïs s'il n'a pas l'éloquénce des‘mots il a *.

. l'éloquence des idées, et il ne parle jamais. pour ne rien ,

. dire. | ,

. cieuse chez un peñseur comme lui, qu’on appelle l’ima-

Il possède: même à un, haut degré cette faculté, yré-

gination, et qui revêt les idées d'une forme sensible gt

saisissante. US . L I] e vise pas à l'effet, mais il ya mrive. Ce u est pas” le cœur qu ils ’efforce .de toucher, mäis c'est l ésprit qu AL tâche de convaincre; et l'auditeur est. forcé d'admirer : à la fois l'enchaînement plein ‘de Jogique, de symétrie: et de cléïté, de ses “idées, les termes” de comparaison qu'il :. éhoisit pôur les rendre plus frappantés, les rapproche

en ET . ‘

ee D. . 80 Don # ;

‘ Calgary, et dans la Colombie, réussissent vraiment très

bien, ét ñous avons été charmés de les entendre, On assure ‘en même. temps que “cette étude exerce uüe heureuse influence sur les caractères. ‘

Le soir, ‘séance des plus intéressantes à l'Académie Qriuée par jes Dames Religieuses de la Charité, en -présence d'un noinbreux auditoire composé d'Anglais et de Francais. Parmi cs S derniers nous avons remarqué T'Hon. jagé Dubue, les Hon, MM. Preñdergast et Ber-

\., nier, MM. Pradhomnie, Bertrand, Monchamp, # Auger

- Lecomte, ete. éte., ‘éte. se

Trois .petites pièces dramatiques furent "très. bien jouées par les élèves, et la partie musicale du pro- -grâmme ne fut pas moins goutée,.

: Une cantate de Lienvenue composée pour - l'occasionfut parfaitement. chantée par un chœur nombreux d'élèves ; et six jeunes filles vinrent ensuite offrir des bouquets aux six évêques présents.

Le maire de Saint-Boniface, l'Hon. M. Prendergast monta alors sur l’estrade, et lut au nom ge “citoyens une ‘adresse de bienvenue aux év éques’ ét. à leurs compagnons de voyage. Nous regrettons: Leaudonp ‘de m'avoir pu nous procufer le texte de cette œuvre littéraire vraiment remarquable, Il est très difficile de faire ” sortir des cartons de M. Prendergast les jolies ‘choses qu'à y tient cachées, 7

Mer l'Archevêque d'Ottawa répondit en quelques mots bien ‘appropriés à la circonstance ; et Mer. Lafièche Jui succèda, . <,

L'II fit ressortir le contraste! entré ce qu'il voyait aujour:

:d'ui.et l'aspect que préséntait le pays quandÿt le vit

poûr : la première. fois illya48 ans. Il ‘encourage a les atholiques et la race française à à avoir confiance dans

l'éveni, et comme gage d’ espérance : il leur rappela cette

grande parole : Si Deus pro nobis quis contra nos,

“Dieu"est pour nous qui ser contre nous ?

Le lendemain, 20° mai, nouvellés réceptions et nauvelles fêtes. |

Dès 9 heures du matin, ‘grande réunion à l’Académie dès Sœurs des Saints Noms . de- Jésus -et-de- Marie. GHaniusique, adresse et réponses, tout contribua à nous donner le spectacle de la réception la plus agréable. et la plus distinguée. ‘ | FOTO

Au sortir de ce ‘convent qu est très bien tenu, le Lieutenant-Gouvemeur nous attendait, entouré de son

état-major. Il a une belle résidence, et il nous reçut

. avec beaucoup de dignité. mais’'aussi avec une grande

cordialité, Madame Shultzet madame Dubuc rivalisèrent en même temps de grâce et d'amabilité pour + augmenter. le charme de cette réception.

La jolie: église de Sainte-Marie nous ouvrit ensuite

“Ses portes pour une réception quasi-académique: .

L’orgue nous accueillit d'abord pompeusement ; puis

mademoiselle Barrett, qui a” une très belle voix, nous

chanta un Ave Mari pathétique et suave:

toba Free Press, s

Nous étions toùs rangés dans le chœur de léglisé,

formant un hémicyele, le dos tourné. à l'autel don on”

avait enlevé le Saint-Sacrement, et la foule des citoÿeus

a re '

remplissait la nef. NN æ".

Alors M. J. K. Barrett, Téminent éaivain du Mani-

sanctuaire et lut au nom des catholiques de Winnipek,

‘une Adresse vibrante d'émotion.

I rappela que les premiers missionnaires venus dans cette région. du Canada’ Y valent été envoyés par l'évê êque de” Québec, alors -que le diocèse de ce nom

“s'étendait de l'Atlantique au Pacifique.

Il paya un juste tribut d’éloges à à lun des plus intrépides de cs apôtres d'autrefois, Mer l'évêque des Trois-

s'ayançä. jusqu'au. pied -des-gradins du

Rivières, dont les |glorieuses Anfirmités témoignent -

encore de son zèle et des misères endurées dans ses inissions, - . — ei

I exprima toute l'affection et la reconnaissance de ses concitoyens pour les RR. PP. Oblats de Marie

Jinmaculée et leurs infatigables labeurs, et pour l’arche-

vêque illustre qui les dirige.

Enfin il Houva des paroles émues de alias ÿ Dour

ls symuthies et l'appui, moral que. les catholiques-de-—

la province de Québec, ont toujours -donnés à leurs

| -Nfrères du Manitoba dans leurs épreuves, et spécialement, - dans leur lutte récente sur lé terrain des écoles séparées. ‘Mgr l’Archevêque d'Ottawa répondit en Anglais, et

‘ ile fit avec une vraie éloquence. J'ai entendu dans

diffiren circonstances. d'excellents discours de Mgr Duhamel. Il parle avec une rare correction l'anglais et E le français. s, il est toujours prêt, L toujours digne, jamais ‘inférieur "la. circonstance." Il

sait çe qu’il convient de dire, etiln

se «

vent de

. étaient fers de ui.

* Ecoutez ces accents dignes des grands oratetts

- “Catholiques de Winnipeg, vous avez suivi la direction de l'Eglise, notre mère, et vous avez droit à mes | ‘loges. Vous avez suivi les règles qu’elle trace en

‘matière d'éducation, et. vous méritez l'admiration nc

seulement de vos frères catholiques qui viennent : LVoUS }

visiter, mais de ceux mêmes qui ne partagent “pès vos | etayances, pour peu qu'ils aient du cœur et Jamour de |

leurs enfants. / ‘ . nr

“ On peut fairé des lois” contraires à la justice ; mais . ts lois ne prouvent qu'une chose : c’est. qu’ ya des huinmes qui ne comprennent pas les véritables intérêts.

du pays dans lequel ils vivent,

7 :% On peut faire des: «dois injustes et tyfanniques à lg ard de ce grand corps Feligieux qui: est accoufumé à” la persécution ; mais ces lois ne diminueront pas le nombre des adorateurs au pied des autels de noire sainte religion. Le # On peut faire des lois qui rendront plus difficileaux . catholiques l'accomplissement de ce devoir sacré qui les oblige à donner une éducation catholique à leurs enfants; mais ces lois seront ‘impuissantes à supprimer cut! euséignement indispensable, S'il leur faut payer à la fois une taxe pour le soutien des écoles publiques et un autre taxe pour.le maintien de leurs écoles catholiques, ils auront assez de zèle et de défonement pour le faire. ue à FL LT

“ Mais quahd la constitution leur donne le droit de ne payer qu’ une seule taxe et d'avoir leurs écoles séparées, ils sauront combattré comme des hommes, avec. di... tenacité- -des vrais chrétiens, et ils poursuivront Ra Jutte aussi loin et aussi longtemps qu'il sera nécessaire pour remporter la victoire.

“D y a ne foule de gens qui ne comprennent as le véritable esprit qui anime les catholiques. Ds s’imaginent.que nets-devons être satisfaits, du moment qu’ils nous permettent de bâtir ds églises pour y adorer

.Jésus-Christ et y prêcher sa doctrine. Mais non, il est d’autres temples, qui ne sont pas composés de pierres et de briques et que Dieu veut posséder sur cette terre :

naitre le mérite exceptionnel de M. Barrett.

es EE 99 =

temylés - ‘vivants qui hi appartiennent ct qui ne sont. - autres que nous-niêmes.

“Voilà surtout les temples que nous sommes tenus - d'édifier, et Aue- nous avons à cœur de défendre. Que

les ennemis de hotie foi nous enlèvent le droit de bâtir des églises, qu’ils démolissent celles que nous avons construites, et nous n'en continuerons pas moins de-

faire de nos enfants, par. Yéducation. chrétienne que: ”

nou leur proeurons, des temples vivants du Très-

Haut 1...” - … Nous ne pouvons reproduire tout ce discoûrs qui fut

prononcé d’une voix chaude et vibrante,

. Pour reconnaître les généreux efforts des catholiques

de Winnipeg, et leur courageuse: résistance dans la

question des écoles; l'orateur ajoûta én terminant qu'il

voulhit-spécialement honorer dans cette. circonstance celui qui avait été leur. organe, et qui depuis longtemps

défendait si vaillammont leurs droits dans la presse.

Tous les yeux se fixèrent sur M. Barrett, et Mgr l'archevêque. d'Ottawa, faisant un pas vers lui déclara solennellement en sa qualité de chancelier apostolique

: de l'Université d'Ottawa qu’il lui conférait le titre de

Docteur en Droit de cette université.

Des applaudissements universels accueillirent cette

voix au Nord-Ouest, et dans tout Je Canada, pour recon-

St u

déclaration et la remise du diplôme. Car il ny a qu'une

. C'est un polémiste des plus remarquables, un écrivain. de grande allure “et d’üne verve inépuisable, À mon avis, son journal-peut avoir des égaux, mais n'a pas de supérieur dans toute la Puissance du Canada. .

Cette imposante cérémonie fut suivie d’un diner somptueux chez le Recteur. de l'église de Sainte-Marie, le R. P. Fox, de la congiégation des Oblats. |

Les appétits. étaient aussi ouverts que-les.cœurs,-le | mena, préparé à l'hotel Clarendon, était délicieux, et le service avait un charme paitieulier, puisqu'il Ctait fait par des Dames de-la ville. F

Vers les 3 heures P. M. nous étions tous de retour À la gare, et nous nous séparions à regret des hôtes sym-

-pathiques qui nous avaient donné unessi large et si

cordiale hospitalité, . sg | . . ‘.

ur

ae LÉ GRENIER DU CANADA

Joli mot d'un Irlandais. — Octrois gratuits de terres. Qualité du sol. Colonisation dit Manitoba. — Une grande - faute des Canadiens- F rançais.

.- On raconte à Winnipeg l’anecdote suivante. Un colon irlandais venait d'y arriver dans l'intention de se fixerau Manitoba. Malgré la pluie qui tombait depuis deux jours notre homme avait dû eirculer ‘un

peu dans’ la ville, 6 quand il revint à da gare du Pacifique il ressemblait aux marcheurs en raquettes, tant ses bottes avaient pris des. dimensions démesurées. Ceux qui connaissent la boue de Winnipeg n'en seront pas étonnés : c'est une véritable glue qui vous tient -par es pieds, et qui semble--avoir le dessein de vous” ” “empêcher d'aller plus loin. C’est peut-être à cela'que Winnipeg-doit son accroissement rapide de population. — Well, Pat, lui demanda un de ses amis, whut

news àn town ?

SE S oo, L F NN. 5

—— Good news indeed ! T have ready « homesteat in oùe foot and a pre-emption im/the other 1-—

S'il est incontestable que le sol de Winnipeg s rattache. ainsi fortement aux pieds du colon, il est également certain que le colon sérieux et qui entend son métier

s'attache bien vite aussi À ce sol plantureux qui ne° demande qu'à produire et dont la. fécondité < est inépuisable, ‘

On sait que par hoïnesteud il faut entendre Poctroi gratuit d’un lut de terre mesurant cent soixante acres, et par pre-emption, le droit d’être préféré à tout autre acheteur, au prix offert par ce deruier, pour un autre lot choisi et retenu par le colon, propriétaire d’un

hoinesteuc.

L Il va sans dire que ces avantages ne sont accordés au colon qu'à certaines conditions d'habitation et d’exyploitation” efféctive ; car Je but du gouvernement est d'encourager là colonisation, et non la spéculation. : Mais aujourd'hui nous croyons ‘que dans la prov ince le Mañitoba. il ne reste guère de terres avantageuse ment situées, qui puissént être octroyées gratuitement. Sans üute, il y en a encore dans les endroits éloignés des centres et. des. chemins de fer; et ces terres sont tout aussi bonnes que celles qui sont en exploitation ; mais la difficulté des . communications et-Féloignement en diminuent la valeur, ct il vaut mieux, quand on à

quelque argent, acheter une terre dans le voisinage des entres on des chemins de fer,

Car ilest encore possible d'acquérir à bon marché des terres très bien situées dans le Manitoba, ët la fertilité de ces terres ne peut plus être misèen doute.

: Est-ce à dire qu’il n’y ait ici aucun avenir pour celui ” qui n'à aucun capital ? Une telle conclusion serait une grave erreur,

L'émigrant laborieux êt actif trouvera facilement de l'emploi, et des gages plus élevés ici que dans les provinces de l'Est. . S'il veut travailler et s’il est économe,

il pourra prendre un homestead, et travailler chez ses voisins pour gagner l'argent nécessaire à son installation. un D emmenés

Naturellement, .dans ce cas, les débuts seront Jents et difficiles ; maïs enfin, avec du courage, de la persévérance et du temps cet émigrant finira par devenir: . propriétaire d’une terre qu'il n'aurait jamais eu les moyens d'acquérir dans l'Est.

On me dira peut-être qu’il pourrait tout aussi bien obtenir un Lomesteud, et s’y établir dans les provinces

le P'Est. . Mais il y a ces deux différences : 1° qu'ici le salaire qu’il recevra sera -plus-élevé ;-21-que dans PEst-il lui faudra défricher sa terte, tandis qu'il la trouvera ièi toute prête. à. la. culture. -Mème-après un: premier Tabour— qn'on appelle ici le cassage de la” prairie — il pourra ensemencer avec avantage; et après deux

labours sa terre sera aussi bien préparée à récevoir la semence que dans les terres cultivées depuis longtenips. Ce que noùs disons ici de l'émigrant qui vient des

proÿinces de l'Est s'applique a fortiori à celui qui . vient d'Europe, 6ù la terre coûte”très “cher et où” les impôts sont très lourds. | |

L'éloge du Manitoba comme pays agricole n'est plus à faire. Les chifires toujours croissants de ses ctou-

T “tie. Person €n'ignore que sa’ récolte de -blé cn 1891 s’est élevée à vingt-cinq millions de minots.

Aussi cette province est-elle entrée dans une voie de prospérité sans exemple. Déjà les”chemins de fer la. sillunnent en<tous ‘sens pour transporter ses céréales, et des villes” Surgissent partout autour de vastes £n -ifeurs. | .

Outre les villes échelonnées sur-les voies ferrées, il ya ai Manitoba un grand nombre de paroisses dans lesquelles s'est distribuée Ja population de race française, Le colon de là province de Québec y retrouve, un centre anologue à celui qu'il a quitté, un groupé d'agriculteurs possédant une église et des écoles.

Saint-N orbert, Saint-Léon, Saïnt-Alphonse,. . Saint... | Laurent, Louides; Sainte-Anne, le Lac des Chêne, Saint- Malo, La Grande Clairière, et plusieurs: autres centres sont peuplés de Français, de Belges, de Canadiens- Français et de Métis francäis. *

. D'après les rapports officiels du Manitoba, environ -. 20, 000 colons y seraient arrivés en 1892, sans compter CEUX qui “font, allés s'établir dans les Territoires ; et l'agence du Pacifique à Winnipeg aurait vendu dans cette année seulement (1892) 390, 000 aéres de terre, à des prix divers formant un total de #1,300,000. a

Malheureusement: pour notre race, elle ne compte presque pas dans ce large flot d’émigration. L'immense majorité des émigrants est anglaise. .

Le Canadien- Français ést pourtant. le meilkeur colon «n monde, et nous sommes convaincus qu'il aurait pu. fonder des-colonies florissantes dans cette terre promise

‘ du cultivateur,

Je dirai franchement mon opinion ; nous, habitants de la Province de Québec, avons eu bien tort de ne pas | grendre il a dix ans et plus, tous les.moyens possibles :

pour diriger de ce côté.un fort courant d'émigration de nos compatriotes. Ïl y a certainement ici un pays très

- riche et d'un grand avenir dont nous aurions pu nous Squparer au grand avantage de notre race et de ses futures destinées sur ce continent. », ‘

Il sera toujours temps pour-r nous de coloniser le ‘nord de notre province, qui n’est Win bjet de convoitise ni pour les Anglais ni pour les Américains. Mais il était extrêmement important au point de vue national. de verser ici, au cœur de la Confédération, une forte pro- :

portion de sang français,

UT, — 106 — Le

SE nos ‘compätriôtes qui ont émigré aux Etats- Unis “depuis quinze ans avaient pris la route du Manitoba, is seraient aujourd’hui dans cette province ‘une puis-. sance avec laquelle il faudrait compter, et qui serait . peut-être maîtresse de l'avenir! On ny verrait certaine- ° ment pag se produire cette espèce ‘de. persécution. qui.

-inenace-aujourd’ hui l'élément francais.

Nous-avons eu tort-au point de-vue national, ét nous, avons cu tort'au point de. vue des avantages matérielf. Grice à notre apathie, et à notrè courte vue, les autres , rigines ont dé l aGCApaTÉ ce qu'il y.a de meilleur et de “plus avantageux ici. Süivant notre habitude, nous |

." ttiverons, trop tard, et il nous faudra bien des années j * pour acquérir ici la. position que nous devrions F occuper, el que nous aurions pu facilement prendre.

Cependant, ce qui est difficile n’est pas perdu, etié ” eTOIS que nous devrions, sans plus tarder, nous mette : tôus à V'unvre, Sans doute jl faudrait agir avec discrétion, intelligence.et mesure, mais il faudrait agir.

| C'est ? à la classe dirigeante qu'il ‘appartient de‘ crécer

mouvement, Evêques, prêtres, hommes politiques, et tous ceux qui exercent quelqu? influence sur l’ opinion devraient se’concerter sur les moyens à prendre pour: diriger versle Manitéba (sans négliger les intérêts de- - Ja province de Québec) un courant d'é érñigranté appartenant à notre race. . -

Un tel mou vement opéré dans téutes les conditions

J Vo au au

ve ; , ° \

fe sécurité que la prudence devra suggérer me semble éminemment désirable, et’ses résultats dans l'avenir

seraieht précieux.

Je n’insiste pas d'avantage pour le moment, et je ne: ‘lis pas tout ce qu'il y. aurait à dire afin de n’éveiller

= anenne “susceptibilité. "Mais je caresse encore un rêve, quisne semble pas irréalisable :- c’est qu'un jour les :

campagnes du Manitoba, et peut-être quelques petités

villes, seront françaises, et se relieront à à la province de : { Juébec par une zone de même race occupant le nord de la province d'Ontario. =.” e

- Qu'on me comprenne bien ! Il ne peut êtie question

de créer ce mouvement migratoire parmi ceux qui.

réussissent à gagner.leur vie dans notre province. Mais il faudrait l’organiser de manière à diriger à la fois vers l'Ouest, canadien ceux qui s’en vont aux Etats-Unis, et ceux qui y sont déjà depuis snelques années et qui n’y

‘ réussissent pas. - à

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