‹ De Québec à VictoriaChapitre 29 sur 67 · LA PRAIRIE · texte numérisé non relu

LA PRAIRIE

‘Regina. __ Chezle lieutenantt- -gouverneur, M. Royal. — L'aspect . général des prairies. — Le dieu- Soleil. — Les plaines fertiles. — Laes « et t gibiers. — Moosejavr, Maple-creek, 2 Mede- -. cine- Hat. .. Be

Quand nous arrivâmes à Regina il faisait nuit, èe qui nous empêcha de visiter la ville, Mais, au retour, j'ai eu Je plaisir d'y recevoir l’aimable hospitalité du. lieutenant - gouver neur, et. jy ai passé deux jours fort. agréables. ‘

L'Assemblée législative des Territores était en pleine session, et j'eus l'avantage de faire la connaissance des | députés dans un somptueux diner d'Etat. La réunion fut pleine d'entrain.et de gaité, et J'étais loin de penser, eu vuyant la bonne humeur de tous, qu'une crise ministérielle était à la veille d éclater.

L'hunorable M. R oyal, habite une résidence magni- ‘tique; bâtie et entreten enue par le gouvernenrent fédéral et il en fait-les honneurs, je dirais ro yalement, si j'aimais

1 i, les calembouïes. Tous mes compatriotes savent, Qu reste, Lu é'est un homme du monde plein de verve et d'esprit, 3, quijoint un beau talent littéraire à de vastes connais- Ÿ gnees. politiques et autres. . ‘La maison d du gouverneur est. en-- déhors-de-e-ville; T 7: ixolée, en pleine prairie, Un peu au delà s'élèvent les casernes de la Police Montée et leurs dépendances — ce

qui forme tout un village, au bôrd de la petite rivière

W uscunt., - - Elle n'a bien étinné cette Wuscana, quand je ai traversée pour me rendre aux Casernes : nous étions ant mois d'août, la sécheresse était désolanfe, toutes les … autres. rivières. manquaient ‘d’éu; et la Wascana débordait.

— Que sisnilie cette abondance, demandai-je an gonverneur, ? |

à cu de

— Elle est toujours pleine d’eau comme ca. à — Alors elle est éclusée ? or Vons l'avez deviné. Mais, tout de même, il ne fant- pas rire de notre Wascana, ajouta le gouverneur: en riant lui-même. C’est une rivière qui va se jeter . ‘ans la mer; pas immédiatement, c’est vrai, mais en passant par Ja Qu'Appelle, la Säskatchewan, le lac Winnipeg, et une série de rivières, de lacs et de fleuves. Les caseïnes sont. bien installées, et la police qui v,

___stjourne forme-un-eerps-de-cavaterie de belle apparence.

La ville elle-même n’a rien de bien intéressant, et les

T'äuront besoin de boire toutes les eaux de Fi Wascaia,

“aussi matinal que lui, je ne résistai pas à la tentation

arbres y font défaut comme dans presque toutes les villes des prairies, * Il y a cependant auprès de la gare un jardin public où--verdissent quelques plantations

« . . . FN récentes ; mais les-pauvres. petits arbres que j'y ai Vus

s'ils veulent égaler les cèdres et les pins .de la Colombie.

Il y avait longtemps que nous reposions tranquillement dans notre char-dortoir quand le train régulier en destination de l'Ouest vint noùs remorquer. Îl'était à peine quatre heures du matin, et le soleil: &llait bientôt -

’selever, Maïs comme je ne süis. pas payé pour être

de me rendormir. .

- Quand je m'éveillai, nous étions à Modsejaw, traduc-

tion fort abrégée d’un nom indien que Ve serais bien

- embarrassé d'écrire, et qui signifie “la petite rivière où

un homme Blane « “réparé une churrett avee Une müchoire* de bison” Ma foi je. ne ble pas "les Anglais d'avoir abrégé un pareil nom. Îleut été incommode dans la langue des affaires, pour des. sens plus

-pressés que les Sauvages. - ‘

La voie monte graduellement et nous dépassons

plusieurs stations sans importance,

Etrange : pays, en vérité ! M

Il y a des jours et des nuits que nous courons à toute vitesse dans un train rapide, et quand nous regardons

«ux fenêtres de notre char-palais, nous pourrions croire

re on

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que nous sommes toujours au même endroit, car l'horizon est toujours le même. C’est toujours la Prairie étendant à l'infini, dans toutes les directions, ses vastes solitudes, invndées de lumière.

ncommensin'abté tps, “tt vert, tant “jaunâtre et brûlé par le soleil, tantôt plaqué d'immenses taches noires. où Je feu à passé, lei ajpaaissent dé petits lacs desséchés, dont le lit “couvert d'urë couché dé4el toute” crevassée, est blanc * eonune neige. Là sourient, comme des champs de fleurs | touges, des bas-fonds dont lés eaux saturées d’alcali ai rougi les herbes. Plus loin brillent, comme de larges

plaques d'argent; de” vais “lacs” dormants, - oùs"6 “ébattent

LT

des milliers de canards'et d'oies Sauvages. TT

Etla Prairie s’allonge toujours, solitaire, imonotone, silencieuse. .

- Le sol n’est pas tourmenté, muis dégérenent inéual,

Lussué, snduleux, multipliant ses plis comme l'Océan

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