‹ De Québec à VictoriaChapitre 30 sur 67 · RE À · texte numérisé non relu

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ses vagues, et déroulant à l'horizon ses’ innombrables . © collines, jaunes, vertes, émuillées de fleurs sauvages, ou ubireies par quelque incendie, Um Aussi loin que la vue peut s s'étondre-pas-an-boiquét .Varbres ne vient reposer le regard. C'est le désert. sans bornes, sans habitants, sans autre végétation que + des fleurs sauvages émaillant le foin follet des sables, où + -—le-foirphit der grèves.

meme 5

"7 majesté, ét dormant dans le même silence.

. Que cet'aspect des Prairies merappelle bien le Grand Désert africain! . SUR C’est le même horizon infini, le même inconnu sans

limites, brûlé par le même soleil, inpréuné cle là même

comme Je Désert, la Prairie a ses oasis, plus où moins nombreuses, suivant: que le sol y est plus où moins sillonné de cours d’eau. Du moment qu'uie rivière y

vient épançher ses ondes, des abres roissent sur ses

“rivages et donnent au voyagètr fatigué l'ombre et la

verdure ; mais il faut que ce soit une eat courante, ir

nulle végétation n'apparaît au bond des lacs et des

Pouce en — se

“étangs, où Tédn”est" “stagnânte,

Comme le Désert, la Prairie à ses populations nomades qui changent: de campements sans changer d'horizon, - qui marchent des jours et des nuits, et qui se retrouvent toujours au milien du même. cercle monotone, sans autres variations que celles du coloris, de la température et des réfractions. lumineuses. |

. Errants dans ces solitudes qu’ils ‘ont choisies pour … patrie, comme les: nuages dans le ciel immense, les |'Indiens ne se résignent pas à l- vie stationnaire, T oujours ils poursuivent e frecomrencent leurs migra= * tions, l'été vers le Nord, -etl l'hiver an Sud, comme des oiseaux de passage, sans avitres biens qué leurs chevaux.

leurs te: tentes et letrs arines; matches à de liberté et de . cette indolence rêveuse “qui és. pr éserŸe ‘de tout souci,

Ps No

+ Ainsi qu'au Désert, Y'horüiné se sent dans la Prairie comme écrasé par la inajesté de lTnfini. Il n’y à plus li ni foules humaines, ni murailles de” villes qui lui { cachent Dien. Sa souveraineté redoutable l'enveloppe.

--- et il méstiré ravéc “térreur toute l'étendue de la divine

“puissance, - Si, par malheur, il:ne connait pas de vrai Dieu, il se . tourne instinctivement vers le” ciel, et surtout vers vut astre d'où Jui viennent Ta chaleur et la lumière dont il DR besoin," et il Jui offre ses hommages comme à unv dE, | Aussi les ‘sauvages qui häbiteñt - les Prairies: “ont-ils le Cite di soleil. u | L roient-ils. vriltnent que ectastre ést Dieu liinénie ? : Le rewardent-ils seulerunt comine une image, ou ui symbole de la divinité, mn bign encore comme la tente Inmineuse ‘ue Dieu habite ? ?. Ne . Fo C'est un problème qu ‘il n'est guère facile d' ducider: car le “uTs croyances sont très vagues eb bseureies par de nombreuses superstitions. Mais il-est sûr qu A1S croient à un être surnäturel, qu'ils appellent Grand Esprit ow Grand Maitre de la Vie,.et. qui aurait son-habitation. dans les hauteurs des cieux. L L Qui suit s'ils n auraient pas raison 1 de croire que k Créateur dés mondes , qui est essentiellement lumière, : vie ct fécondité, a jluoé sa vésidence dans Je sai Le Prophète-Roi n’a-t-il pas dit en parlant de Jé éhovah.:

et ee

“in sole posuit tubernuculum suuri ? ”

— | CS Is croient. el outre qu'il y a un Esprit Bon ct un Esprit Mauvais et c'est le Mauvais qu'ils honorent davantage’ afin de l'apaiser, Tous les hommes sont ainsi

LL Cite: ils vhissent plutôt à à la crainte Au'à l'amour. Rien d'étonnant du ‘reste : à ce qu ils ‘sg -tournent , eneure vers le soleil, quand ils veulent inpoquer l Esprit Mauvais, Car c’est le même. astre qui, dans les Prairies, brûle et détruit: les innoinbrables germinations que ses

rayons ont fait naître. | a

‘La même chaleur quia fécondé les ermes et répandu, s kr vie partout, sème aussi dans kr prairie l"destruct 6m : et la mort.. C'est le même Soleil qui turit les riv ières ct | ls les, désséclié 1és yäzons gt les fleurs, et boit, le sang et les larmes de cette terre qui ue dernandyfut qu à 'oduire toujours des oraisuis nouvelles, ‘ -

Cependant, il ne faut rien ex agérer. A sécheresse ne nuit à la culturé à que dans quelques” parties’ élevées des Prairies. qui avoisinènt le, chemift de fer entre Suift Current et Ca algar y; et. daris ces. régions mêmes . l'élevage des bestiaux réussit :trés bien. De grands: ranches:y-sunt en pleine exploitations -et ja plaine: est | sillonnée par de nünibreux troupéaux : de” moutons, de bêtes à cornes et de chevaux, qui y trou v ent d'excellents paturages, et des lacs que le soléil ne peut dessécher.

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C ès. Prairi iv

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- quelle contient pins “de cent millions d'hectares. de . bonne terfe aable, et, quand, larmarée humaine qui envahit, y aur à jeté” ‘un nombre suffisant de eultivateuré, elle l'oura fournir des céréales au monde entier. ce eee a des siècles- et-des siècles qué 165 végétaux en Aéemnposition gt les ‘cendres des foins brûlés s'ageu- “mulent ici sur un fonds d'argile, et ÿ forment une couclu caisse de terréan noir dont la fécondité est inépuisable. Le"monde entier connaît anjourd’hni - la- provinée de Manitohu eomine pays agricole.

Mais les teritaires du Nord- Ouest au l'avoisinent sont moins cons, Beaucoup de gens croient, qu'une. fois lt fronticie Qu Manitoba . franchie, on-ne..rencontre

> PRESUE stéy IE jusqu ‘ans Montagnes Rocheuses.

C'est une grave erreur, Il ya “dans Jes territoires de

vastes étendurs très propres à la culture, surtout dans des régions que sillonnent les rivières; et elles sont nombreuses les rivières dephis ka Rouge, l'Assiniboine, - , da Souris et. les deux Saskatchewan jusqu'aux rivières de K Bie he, Bat: aille, de l'Are, Belley et Old-man. - Quant aux antres parties des territoires, moins faves risées pour Ja culture, elles sont encore très av antageuses "s puur lélev ue, ‘ . - :

5 Pansl a région que nous traversons il y a plusieurs pièces d'eau d'une étendue considérable ; ais la plupart sont des laes sans décharges. Fo -

Voici Je lac les: Viilles Fermes qui a a au moins vingt DA

milles de longueur et qui est fréquenté par un nombreux

gibier, ‘ Lu og ee

Plus loin, c’est + Rush Lake, belle nappe d'eau fraïche bordée de montagnes au Sud, et couverte de pélicans,

aan ne em

d'outardes et de canards de toute : espèce.

A Swift-Current, village naissant, ily a un campement de failles, SAUVAGES, Plusieurs femmes, euveloppées , dans” leurs couvertes, sont rangées sur. le quai de 2 gare, eb offrent en vente aux voyageurs des cornes-de :

* buflles ot divers objets de leur fibrication.- Ve

4 LA - Partout, la- prairie est'sillonnée des sentiers” creusés . f

par les buffles, et jonchée de leurs ossements/ qui sortent “les”foins cuiimé ‘des fleurg Blanches émaillant uu cime-

i 4 uère, EL os

Les sanvages ramassent aijourd” hui ces restes US | dt noble animal; ét: eù ‘éliärgoit dé IRIS à convois: qu is

vendent aux industriels, Est-il . beaucoup d hommes |

dont on puisse dre aprés leur mort, comme on le di,

des buffles : ils sopk(encore utiles! 4 : .

Après avoir Éépasd -Swift-Current nous touchons © vneore à pluieurs lacs blus ou moins étendus, Goose lle, ul te Crane- he dont les noms désignent

PAC { de stations, et nous. avons à à Maple créch.

” Be grarids -rancbes. avoisinnt la, petite ville, où cationne un détachement ( dela Police, À une petite distande. s'élève un village ‘de sAUVALES, de la ‘nation. des Cris. Encore deux ou tréis hedkes de chemin de: À AL ê . N °

set

‘fer, et nous passons ù Dünmore, point de jonction aveu le‘chemin de fer. de la ‘Compagnie Galt qui conduit à Lethbridge ; puis nous. arivons à Medicine- Hat, ville naissante qui paraît avoir de l'avenir, et” qui est joli” ment située au bord de la Saskatchewan du” Sud. IH y 2 toujours Leautoup de mouvement à la gare, et quelits familles de Pieds-Noirs cumpées dans le voisinage. A past de Medicine- Hat, la prairie s'éléveuradnelle-. " . ment, et de sapds troupeaix épars donnent de la vie. ni AUX monotones ns. sages. Toute cette partie de la: plaine” ‘Tepose. sûr deë honillères à immenses, dont l'étendue n'est pas € encore. très bien déforminée, et dans lesquelles se : développent de urandes quañtités de gaz.

"A “Langevin, un Jarge tube; plongé dans la terre,’ amet au" gaz de s'échapper, et forme un faisceau de llumies assez GUTIEUX à observer quand vient la nuit.

“11 était deux heures, an matin quand le silence ot Pinmobilité dé notre dortuir nous “avertirent-que notts étions “à Clgars. C'était la veille. de T Ascension, 22 mai 1892 ; ct nous étions heureux de pénsér.que nuus avions deux jours, d'arrêt dans la capitale de l'Alberta

pour nous-repioser Un peu des fatigues du voyage.

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