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Northbay.— Sturgeon’s Falls. — Le lac Timaganmii paradis
des sportmen. — Sudbury. — Chapleau. — Les bords du”
lac Supérieur. — Tunnels, baies et promontoires. — Gais . propos, — Nepigon. T.
Le site de North-Bay est vraiment joli, et plein de
-promesses pour l'avenir. En avant, le lac qui est magni- L P q
avec “différentes villes maissantes. En arrière, de bounes terres à cultiver-et. des Aorèts à exploiter.
© LE CANADA INCONNO
fique, et qui lui donne des .communications par eau
Mise en communication directe avec les villes de .
—VEst et de l'Ouest par le chemin de fer du Pacifique, . ville naissante est reliée à Toronto, par un .embranchemént du Grand Tronc. ,
‘Sa population. dépasse 5000 âmes, dont près dun |
.. quart sont de raëe canailienne-frandaise, et ÿ possèdent :
: une école et une: ‘chapelle. DE
ya North- Bay une our de District | et une
prison, une belle gare, de grandes usines, deux. -scierics,
plusieurs hôtels, et quelque> églises. ne
ru
— 32 ee C'est un excellent marché pour les colons des cantons voisins, :
À partir de cette e station, Ja voie ferrée suit encore les ". bords du lac Nipissing pendant quelque temps, et nous arrivons bientôt à Sturgeon’s Falls, Cest. un village florissant contenant plus de 400 familles, dont près de
la moitié sont canadiennes-françaises:
La jolie a ee se décharge dans le lac Nipi se précipite ici entre deux rochers, et Lie ne à belle chute qui fait mouvoir plusieurs.
EN
moulins, >, LA
.… Mais d’où vient donc cette rivière, et où va-t-elle . puiser l'énorme volume d’eau qu'elle verse dans le lac
| Nipissing ? Si vous remontiez ui peu son COUTS, VOUS", découvririez qu ’eRle sert de décharge à un autre lac très , vasté et presque inconnu, qui se nomme Timagami, et . que les Anglais appellent Tamagamangs—
On assure que ce lac meëtré trois cents milles de circonférence, et que plus de treize cents îles y ont été.
jetées par la Main de Dieu comme autant de feursflottantes sur le cristal de ses-eaux.
Que de pointes! Que de baies! Que .de rochers couverts de mousses! Que de collines ombragées de beaux arbres ! Que d'horizons qui Fouvrent et se refer-
ment comme les plis ondoyants de riches tentures! Quelle variété dans les paysages et les décors! Quel paradis. pour les pêcheurs et les chasseurs que cette.
En #7, Ses
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imfënse oasis sauvage où surabondent les poissons et
le gibier! | |
Mais qu “ls se bâtent-les sportmen qui veulent profiter ”
-du bon temps ! Car l’agriculture et l’industrie menacent :
” d’envahir ce beau pays de chasse et de pêche, et dans.
. quelques années les chemins de fer en chasseront le
.Chevreuil et l orignal, la marte et le vison. L'ours lui-
| même s'enfuir devant Ja locomotive, et cherchera plug au Nord quelque retraite plus paisible.
Et pourquoi laisserait-on en possession , des bêtes.
fauves un sol qui, dans certains endroits peut produire.
du blé, et qui ailleurs contient de l'or, de l'argent et du
nickel ? LL 2 E Fo - Le Sans doute, il y a des frdustriels qui sont des. sporémen ; mais V'intérêt de l'industrie prime le sport, Ve ce ne sera :pas ceci qui tuera cela. Aussi parle- -t-on | “dÿ de deux chemins de fer qui relieraient, le lac Timag, ni, l'un à Norih- -Bay, etd'autre à Sudbury. Le raie du lac Timagami a; dit-on, une superficie
d'environ d cents milles carrés et un climat, comme
celui de Montréal. Le gouvernement d'Ontario ; ÿ a fait erpenter 68 cantohs, et en offre les lots au prix de 50. céntins’par acre. Ve colons qui'se dirigent de ce. côté: - sont en grandè majorité des Canadiens-français, et c’est Je R. P. Paradis qui a trouvé à : un vaste Li 5 2 d'activité, ——. et Cu
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"A dix milles de l'Eturgeon, nous traversons une petite colonie de Canadiens-français dont plusieurs viennent - des Etats-Unis. C'est la station de Verner, Le sol: et; Le
le climat y sont excellents. | DIT Puis, nous entrons dans une contrée encor sauvagel, accidentée de rochers, de lacs” ‘et de forêts, et: nous arTi-
vons à Sudbury. « ‘ ue La plüpart. ‘de ces établissements datent &. la con. : struction du chenin de: fer, et sont des” Frétions de R° Compagnie du Pacifique. : D ne y a trois ans, Sudbury n'était encère qu’ un petit village ; «mais c'est: aujourd” hui une ville qui prend - : beaucoup d'extension, g grâce aux mines de cuivreêt de ‘ nickel que lon 4 À découvertes dans l'intérieur des cantoïs voisins, : et dont. Fexploitation promet des résultats magnifiques. | M | Une ligne du chemin de fer relie Sudbury à au “Sault : Hate Dis et le trafic 4 | prend des déelppésents h étonnants. Ju En constrüisant cetté ligne, qui a une. longueur de LR de 200 milles, la Coinpagnie du Pacifique æouvert . à la côlonisation, le magnifique territoire, d’Algoma, et. . fourni aux “villes du Canäda-Est une nouvelle voie de . Cémmunication avec “Duluth, Saint. Paul et Minneapolis, Plus nous aFAnÇODs vers l'Oiest, plus la nature se. . “Fait Sauvâge ef plus ‘la solitude grandit. - Cependant, ‘
N Re se 7 à f a v
hayon
nous rencontrôns encore quelques stations où la colonie * sation commence à s'implanter — entre autres Cartier, ! . Biscotasing et Chapleau.… ns D ‘ La nuit est- -venué lorsque nous -faisons halte à cette ldernière; mais! J'y suis passé” dé j jour. en 1891, et. jai : ju constater au il ya ici beaucoup de. mouvement * et | d'activité. 7.
cu “Chaplenn est déjà un grand village, agréablement situé aux;bords du lac Kinogama, et ; deviendra bientôt “une ville: florissante. ‘ Une pémière journée en chemin de: fer est toujours fatiguante) et j je trouve mon lit si bon que je m'y suis : endormi instantanément ; et quand. je me suis levé, le : 18 mai, il n'était pas loin de8 heures. :
. Tout en dormant nous avons fait une course de trois cents milles ;-et si nous ne “regardons qu'à droite, nous L’avons pas changé d'horizon. C’ est toujours la” solitude, la nature sauvage, un enfassement de rochers, des arbres: | räbougris sur des sommets ravagés par le few. des : montagnes tantôt boisées et tantôt nues, entrecoupées de petits lacs et de torrents.” . Mais/$i nous jetons les regards à gauche, l'aspect est tout autre, et le contraste tire l'œil. .
: Ce sout de larges échappées de vue sur une “véritable . mer intérieure, des promontoires escutpés, des. îles “boisées en forme de, cônes, de pyramides êt de châteauxforts. Ce sont des baies ravissantes où des flots clairs”
laissent voir de grandes roches d'aëur,- et des lits de
, sable rougeâtre. Qu’ il ferait bon s ’ÿ baigner, semble-t-
ii? Mais gare aux crampes! Car il paraitique cette eau
est absolument glacée. + Dans ma chère Malbaie, où les bains sont'aussi exces-
sivement froids; on raconte-qu’une de nos plus loquaces
baïgneuses a été prise d’un tel frisson, après un bain au
Cap-à-l'Aigle, qu'elle en est devenue muette, Depuis
lors,un grand. nombre de maris, y- mênent teurs { femnies, - À "2
dit-on. . . , La côte nord-est du Lac Supérieur offrirait sans doute
‘ les mêmes chances, et les touristes mariés y viendront |
plus tard ; mais aujourd’hui les seuls touristes qui
fréquentent ces rivages déserts sont les goëlands et les poissons — ceux- Gi mangés par ceux-là. à ï
Nous cireulons au milieu d’énor es, blocs. de granit” rouge et as, décrivant des arcs, des S, des courbes. en . tout sens. Nous courons sur. le versant des monts, les rayons du soleil matinal ; nous ‘descendons au fond. des anses pour estendre chanter les flots sombres, bordés
| d’écume blanche ; püis, nous remontons sur les cimes
pour découvrir les horizons infinis du grand lac. Iü un immense viaduc nous fait traverser des ravins à plus de .cent pieds audessüs- du sof; là nous perçons les.
- rochers, et nous nous enfonçons dans des tunnels tèñé. | breux ; “plus loin nous faisons halte aù fond d'une rade
sauvage où vivent quelques hommes aussi sauvages |
qu elle. dans des’ huttes en bois- rond Ce sont des | pêcheurs sans doute, et leur existence isolée n'est pas
-sans charme quant vient k belle saison. Du ne
Ces rives de notre mer intérieure |: me appellent beaucoup celles de la Méditerrannée, et Je chemin de la Corniche, avec cette différence qu'ici la civilisation n'a , Pas encore transformé la tature. Mais elle y. viendra, et déjà l'œuvre de transformation est commencée,
Voici Schrieber, ville naissante, que la Compagnie du Pacifique’ a jetée ici en pleine sauvagerie, “et qui-sera peut-être nne grande ville dans vingt ans. Déjà. elle
, empiète sur- de forêt, . et elle ouvre des routes vers
. l'intérieur. Dé “plusieurs clochers : dominent, se.
boutiques, ses ateliers, ses cottages; êt sur une petite colline: isolée je vois s'élever «une chapelle en bois. à 3
. desservie par un Ji ésuite. 2 a C’est ainsi qu'on retrouve : païtout la religion, au |
| couronnement: comme à la base de toute fondation.
- Après Schrieber, où nous ‘avons- déjeüné, bout le: monde est disposé à causer, et les gais propos vont leur train — un train de chemin de fer.
a excellent chanoine, dont la santé est florissante ét joviale,. contribue à l'amusement par ses histoires et ses chansons. “Mais. hier soir il était indisposé, et vu sûn embonpoint et.ses belles couleurs * personne n'en avait: | “pitié. : . ‘ Li | Ses : amis intimes cherchaïent la cause e de sa, 8 maladie,
et Fattribuaient les uns aux. émotions violentes du départ, les autres à ses jeûnes et privations, ‘d’autres encore à la consommation qu'il faif du tabac à priser.
Quoiqu'il en soit, tout le monde s'intéressait à son sort, et pour augmenter encore l'intérêt qu’on pâraissait , lui porter le malin chanoine parla de faire son testament, LT 7. | © Nous fûmes bientôt üné ‘dininé aufour de son Hit sollicitant dès legs particüliers. Quant au R. Pa |Kacomtie il disait : “ Moi, je suis habitué à vivre dé peu, je me contenterai d'être légataire universel ! ”
Pour ma part, je tenais. à quelques agneaux et ta certaines génisses dont-il m'avait parlé avec tendresse, et” ‘ ‘que j'aurais expédiés dans mon ranche de Pincher : Creek. "
— “En tout cas, lui disais-je, comme chroniqueur de. lexcursion ilme faudrait quelques incidents dramatiques; et je vous serais obligé si vous vouliez bienmourrir un peu tragiquement.” …
— Je comprends cela, me répondait-il, et je vais faire . ‘en sorte que vous-soyez content de moi. |
Tous les légataires en expectative se. sont retirés cents Mais, ce matin, notre gei chanoine $ est levé plus gras et plus rose que jamais, et tous - -n08 rêves de “fortune sont dévenus des rêves de ‘Perrette ! . :
. Notre convoi roule toujours sans se lasser, et nous faisons le tour de à. baie Nepigon, Encore quelques
ne T8 tours de roues, et nous traversons, sur un beau pont € en fer, la rivière du même nom, profonde comme un abtme,
‘rapide comme un torrent, Quel regret dè ne pouvoir s'arrêter ici, et remonter la rivière j jusqu'au lac N epigonp -
qu'ont fréquenté jadis les Bourgeoi du Nord-Ouest et 105 missionnaires } Quelles émotions j'aurais. À descendre en: canot cette rivière aussi pittoresque que le Saguenay, avec mes anciens camarades Montagnais, Tienniche eb Thomachiche ! !
"Hélas! | je-n'ai ni les loisirs ni les dollars des sport- .
‘men millionnaires, et dans. tous mes voyages je ne fais qu ’effleurer du regard maints endroits ravissants, où je . voudrais dresser ma tente !
Toutefois, je ne me plains pas trop. de mon sort. ‘La vie est ‘trop couite pour qu'on puisse oir “toutes les
“beautés de Ja terre, si petite qu ‘elle soit, et il faut savoir. - en: sacrifier un grand nombre.
En laissant derrière vous N epigon, ous pouvons | d'ailleurs contempler les ‘superbes points de vue de la
FrsBaie du Tonnerre au fond de laquelle s'élève en smphy-
théâtre la jolie ville de Port-Arthur.
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LA ROUTE DES LACS De Montréal à Toronto.—La capitale d'Oritario. — Owen
Sound... AÀ bord de l’47berta. — Bengough et'ses caricatures. — Sault Sainte-Marie. — Sur le Lac Supérieur.
Quand je suis venu ici pour la première fois, en 1889, Port-Arthur portait bien son nôm : c'était un port véritable, non pas précisément fait par la nature, mais
. con ifictionné par le gouvernement du Canada. Une L - immense jetée construite à grands frais ÿ protége, contre les grandes vagues du large, la baie trop ouverte, au bord de laquelle s'est élevée la. nouvelle ville.
Mais ce port artificiel: parait avoir été abandonné, au. | moins par les steamers de la compagnie du Pacifique, ” et. c'est maintenant Fort-William qui est devenu le * terminus de la navigation des lacs. ce | C'est donc ici, aux quais de Port-Arthur, que les | voyageurs qui avaient suivi la route des lacs, venaient, . en,1889,: ‘rejoindre les trains du- Pacifique en destination | de. l'Ouest, n
* Cette route des grands lacs est sans contredit l‘plus variée, la plus intéressante et en.même temps la plus agréable — quand il fait beau.
Je nai pas oublié pour ma part le charmant voyageque j'ai fait en 1889, de Montréal à Port-Arthur, parla . route des Lacs, et je demande la permission de reproduire ici les i impressions que j'ai notées et publiées : 8lors.
“dans les ; journaux. .
Mon récit de voyage en deviendra plus: “complet puisqu'il féra connaître à la fois les deux routes, par le chemin de fer et par les Lacs.
. De Montréal à Toronto, le chemin de fer anPacifue, ou lé Cipiar comme l'appelle un écrivain francais, ‘ traverse un pays peu intéressant, Après Sainte-Anne di
* Bont-de- l'Ile et Vaudreuil, il n’y à pas un paysage’ qui mérite l'attention, sûf Sharbot Lake qui offre de- beaux point dé vue, et Peterborough, jee ville qui progresse” rapidement: [7
Les trains du Pacifique sont d’une exactitude. exemplaire, et jai remaïqué qu ‘ils arrivaient ses à à l'heure fixée,
On peut avoir à bord un lunch excellent ; “mais en
outre il y à un buffet à certaines gares ; seulement ces. buffets sont très peu garnis, et je ne recommandé pas leurs menus aux dyspeptiques. Ce sont des comptoirs
- en hémicycle autour desquels les convives doivent se.
tenir debout et jouer des coudes pour se faire une place,
Loge
| et deux piastres en argent.
ar s
ou pour défendre celle qu'ils ont pu se procurer. C'est 2 un struggle for life, et si vous avez un: voisin de grand | appétit, je vous-plains, Non seulement il prend tout; © mais il se fait Servir. par vous, et vous passez les dix minutes d’ arrêt à lui procurer le sel, le sucre, le lait, un couteau, une fourchette, etc., etc. |
J'ai trouvé T oronto considératilement agrandi. C’est vraiment une belle ‘ville, et les rues King Queen et . Yonge menacent d'é clipser les rues Srint-Jacqnes sk.
Notre-Dame de. Montréal. .
On ést émerveillé quand on se rappelle que cette ville n'a qu'un siècle d'existence, : ° | © En:1798, Ja forêt couvrait encore ces rues spacienses que sillonnent aujourd'hui les tramways, et ses grands . arbres n ombrageaient que les wigwaïus’-de ‘deux [ sauvages de la tribu des Mississaga. - Tout de terrain sur dequel la grande ville est maintenant assise fat alors | acheté de ces premiers propriétaires du sol. pour un peu de whisky, quelques verroteries, une paire de couvertes
Le site était. bien choisi, et la position géographique des plus avantageuses pour l'avenir. e
: Cependant, se8 coininencements furent Join” d'être rapides, et en 1815 cette ville ne contenait encore que ‘2,500 habitants.
En réalité, ce n'est que depuis V'Union des deux. . Canadas. que Toronto — qui se nommait York. à son .