‹ De Québec à VictoriaChapitre 8 sur 67 · LD · texte numérisé non relu

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car le steamer Alberta est au quai, tout près du train: ët ne parait pas dispoë à à-nous attendre. Il chauffe eb

sifile comme ur enragé.. = ous nous jembarquons dont,

et vogue la galère. - LT a Mais <'est une belle galère que > V'Alber ta, EH j jauge” . 2000: tonneaux, mesure près de 300. pieds;-et-estéclaié — . à la lumière électrique, Ses cabines soné plus spacieuses | ijue celles des des steamers océaniques, et sont rangées sur | le pont de ch chaque côté du Salon et de la sälle à dîner. ‘ Rien n’est plus confortable ni plus commode, : à table est d'äillenrs excellente et-bien servie, æ qui ñe pâte rien, M one . L’Alberta est de plus un steamner rapide, et déroute sous nos regards des paysages variés, ‘À gauche, ce sont des. promontoires, des iles, des ‘îlets auxquels. de ‘ grands bois donnent un aspect sauvage. La plupart paraissent d'ailleurs inhabités. | | À droite, c'est la.terre ferme qui s "éloigne, qui: devient " bientôt une large barre bleue, et qui s’efface graduelle- “ment, Mais ‘oici qu'elle reparaït et s’approche. Seùlement, ce n’est plus la terre ferme, c’est la Grände île Manitouline que nous côtoy ons sans nous y arrêter. \ La nuit est venue, et le temps est splendide. La \ , pleine lue éparpille sur les flots bleus ses. innombrables |

sequins d'argent, comme un joueur prodigue jette ses Pièces d'or sur le tapis vert des cisinos. Quelques îles

Fo ,

sombres défilent à nôs côtés comme dé grands monstres

à là nage. : Le -

+ … . Je ne suis pas de opinion de de | Max 0’ el qui aime . mieux les hommes que le naturé, Moi, je préfère la

‘“uature. Mais il se fait 'târd, Pair devient humide, et. —HOUS TENTONS ŒU Bilon, rempli d’ une centaine de pas | L .Sägers. où :

| L'observation de quelques. ty pes rù 'intér esse et m'amuse. | | Voici déux"couples . de nouveaux mariés véyägeantt . ensemble. L'une'des mariées est une ‘jeune femme qui | paraît avoir à peine dix-huit ans ; l'autre.est sa mère,

‘ ‘que le tableau des amours de sa fille à rajeunie et qui, * ne pouvant résister aux charmes d'un Manitoban très:

” fortement charpenté, a-convolé ef secondes noces. Elle | ‘laisse voir au plus quarante ans, “mais . jer ne sâurais dire conibien elle en cache. Ce qui me senible piquant, et en.même temps ! très naturel, c'est que le vieux couple : à l'ait-beaucoup plus amoureux que le jeune.

. Je fais ‘a!eonnäissance d’uge femme distinguée qui est venuë de Liverpool à Québec à bord du. Surdinian, eb qui est en route pour le Japon. Son mari appartient à la marine ‘anglaise. 1] commande en ce

. moment une frégate à Yokohama, et c'est là qu'elle va le rejoindre, laissant quatre eifants derrière elle, en Angleterre. Pauvres femmes d'officiers de marine, que je les plains! Loin de leur mari où loin de feurs enfants,

: telle est l'alternative cruelle qui. partage les à années de

leur” vie! ro L'an I —

Celle-ci suivra mdintenant son mari de Yokohama à

Horgtonget après’ d'autres courses plus ou moins .

prolèngées ils-æeviendront embrasser leurs enfants. Elle

{ts

‘ pleurait-à chaudes larmes, n

: Nous avons la bonne- fortune d'avoir au nombre des passagers, M: Bengough, le’ spirituel caricature du- Grip.+ Avec üne féraite bonne grâce il s'est prêté à l'amusement, des Voyageurs en carfcatürant les officiers.

et les garçons de bord avec brio et une dextérité de

ray on qui lui ont valu de chalenreixa plndissements.

: L'un des garcons ressemble beaucoup em ..

cet

sir John A. Magdonakts l'artiste fit ressértir rvantage,

avec avantage, ct. plaga Sir Johfi en face. de lui, Je pointant de l'index et lui disant : -Voù’ve. got my ose,

ce Sr ' .

" M. Bengouh n 'est pas seulement: un dessinateur

étonnant, il à © auséi uu talent -mimique plein d'entrain,

et ila parolté les chanteurs avec une verve cimique qût

nous a'fait rive ‘aux larmes, Le tenor amateurs duunt. ni voyagc. en Italie, et le même, upres son voyage, Sont les plus amusantes satires qw'on puisse’ entendre. Grâce

ie A. Bengough, la soirée à bord a été fort gaie. Au matin, nous entrions dans des chenanx étroits, eb

ta

Le

- est très “bonrie voyageuse, et elle aime beaucoup : à ire ; x mais quand j je l'ai trouvée ‘écrivant à ses enfants elle -

Le 49 = —, “le steamer décrivait ‘ent détours” au milieu d'îles et di lots qui ge comptent par milliers. Un. soleil chaud

caressait de ses rayons et péignait de couleurs variées

| “torites: ces jatdinières flottantes dont les feuillages verts |

trempaient dans l’eau.

:Nous allions à petité vitesse, et parfois même nous

- étions ‘forcés de. nous arrêter pour laisser passer ‘de nombreux steameñs et de grands bateaux à voiles, qui descendaient la rivière Sainte-Marie pendant que nous la remontions. Car dans cette rivière ,qui sert de © déchargé au lac Supérieur, l'eau est peu profonde et le

chenal est étroit. : Mais- rien n est plus ravissant que ke |

paysage, ét nulle’ pièce d'eau aux rives. solitaires 2 est.

“plus mouvementée Dans l'espace d’une heure: nous y

avons rencontré au moins une dizaine de steameïs, et

quinze à vingt grands. bateaux. plats. - D'où viennent

tous ces navires, qui ont des formes étranges ?: La

plupart sont américains . et viennent de Duluth, de

"Marquette et du: littoräl des lacs Michigan et Supérieur, Enfin, nous’ arrivons aù. Sault Sainte-Marie qui

révéille bien des souvenirs historiques, COTE ‘Dès 1634, Jean Nicolet, qui était au service de

|‘ Champlain a cotoyé ces rivages, et ‘Champlain lui-

même y est venu en remontant la rivière des Outaouais.

et la. rivière Mattawan, traversant le lac Nipissing et

‘rejoignant le lac Huron par la rivière des Français. » -

toi 4 me

“Les Pères Jogues et Raymbault y'ont évangélisé les :

Chippewas, et les premiers établissements remontent à

1640. : | ; . Aujourd’hui Sault Sainte- Marié ést du côté américain

. une ville florissanté, quoiqu’elle ‘nè comptât encore’

\ a'U une vingtaine de maisons en 1820. La ville cana- + dienne est plus modeste, mais elle-grandit rapidement. Les deux.jeunes cités, reliées ensemble par un immense

ponten fer qui rattache le Pacifique aux chemins de

fer: ‘américaine, présentent le plus joli. coup d'œil et se,

moquent-unintenant du rapide, qüi multiplie en vain

‘ ses tourbillons pour les séparer.

: Il est midi, quard nous arrivons x entrée di canal, .

, ensé sur le côté américain: Des CaseTnes ‘s'avancent

ve

‘jusqneéur le quai; la “trompette militaire sonne, et la

petite cuisse bat le rappel. : Plusieurs canons allorigent

leurs cols noirs vers le rive ve canadignne : que nous veu-

‘ lent- ils? - Le LS Lore

.: En. sortant du canal Sainte Marie, nous ; fentrons

dans les eaux du'laé Supérieur. Le ciel est pur, le soleil chant et Ja fice du lc à peine ride par k

. brise.

Les rivages fuient Quelques îles surgissent à notre

gauche, novs montrent les belles forêts qui les ombra-.

gent et disparaissent bientôt à l'horizon: Au bout: ‘de

“quelques héures nous sommes, où plutôt, nous- croyons

être en pleine mer. De tous côtés, le ‘ciel et l'eau se

ren

confondent, et nous sommes comme perdus entre deux infinis, ‘ | La soirée a ressemblé à celle d'hier, avec cette diffé-

rence que l'intimité cornmençait À s'établir entre les.

passagers, et que chacun se- prêta plus volontiers à,

l'amusement des” autres. On fit de la musique et du chant. M. Bengough esquissa de nouvelles caricatures, prenant cette fois ses sujets non plus seulement dans - le personnel du bateau, mais aussi parmi les passagers.

“Iyav rait P bord un médecin qui plaisait tout parti-*

' culièrement aux dames. Ila dû-être très beau, et

quoiqu'il dépasse Ja cinquantaine, il‘est encore très :

galant. : Un pareil type ne pouvait échapyer à l'œil :

‘perspicäce du caricaturiste, et il le représenta faisant des niches à une toute jeune fille. Le dessin eut un succès “d'autant plus g grand qu’en ce moment- là même le galart docteur faisait un bout de cour une jolie voyageuse. Un: Irlandais très : spirituel et gai, nommé French, .

qui présidait la performance, fut admirablement dessiné.

“sous ce titre : The Irish Frenchnin .J e n’échappai pas moi-même au crayon de l'artiste, mais il fut. miséricordieuxfet ne me. poigoit pas plus id que je ne suis. nl me représenta assis, en face d’un scélérat. paraissant aussi. stupide que ‘méchant, et lui disant: “ {Six months impr isonmént with hard labort” Au- dessous artiste avait écrits Quebec Bench.

2 M. Bengough notis “chat aussi quelques cônplets .

y ° D fantaisistes, avec sa mimique amusante, et, comme dit *°

{a chanson, nu ‘ Chacun s’en fût coucher. ‘:.-: u

- om n 1.

Le lendemain matin là température et l'aspect du:

lac avaient bien changé. Le vent n’était pas précisément À Sd . .

violént, et la vague. n’était pas très forte; mais, le ciel

était couvert de nuages et l'horizon fermé par de: grandes

les boisées sur notre gauche, Le cap: Tonnerre

échappa à nos regards. : <

Vers onzè héures du matin nous entrions dans le

hâvre de Port-Arthur, Le gouvermemént:y fait cons-.

truire di immenses jetées, qui-sont. presque términées et

qui font un port spacieux et'sûr. Port-Arthur n’est -

encore qu'une très petite ville ; mais il grandit, et les

Ta terrains s'y vendent déjà très cher, ! OO

Cr F

1— Cela était écrit en 1880. Mais depuis lors les choses ont bien changé. Port-Arthur a été victime des vicissitudes de la roue de Fortune,-et' Fort-William qui n'était, rien est en ‘voie de devenir une grande ville de par la grâce et la puissance . de la compagnie du Pacifique.

ss S Ep 9, : ".

rss

FN

LES BOURGEOIS DU NORD-OUEST SA sr. | \ CE. des découvertes. — Les Français et les Anglais dans le Far- West. Prise de possession sous le règne de Louis M 2 XIV..— Varennes de la Vérandrye. — La Compagnie du Nord-Ouest et la Compagnie de la. Buie d'Hudson. — Rivälités et luttes. — Les Bourgedis illustres. — Fusion . des deux compagnies. Le Ÿ

La route des lies que nous venons de décrire était autrefois la seule suivie, avec cette différence qu'au lieu de remonter le fleuve, Saint-Laurent, on avait. généralemént adopté une ligne plus courte pour atteindre le lac-Huüron. C'était la ligne que suit aujourd'hi le chemin de fer du ‘Pacifique jusqu'aû lac Nipissing — c'est-à- dire, qu'on: remontait la rivière des Outaouais : jusqu’à Mattavwa ; ; de "R on se dirigeait vers le lac Nipissing par les petites rivières et les lacs que j'ai

| indiqués déjà, et après avoir parcouru le lac Nipissing

. dans toute sa longueur, on rejoignait le lac Huron par . la rivière des F rançais. De la baie Georgienne jusqu” au fond du lac Supérieur, à Fort-William, fx navigation ne

re

— | ce

rencontrait plus d’ autre inter uption quële sault Sainte

Marie. | Il va sans dire que ce long trajet de Montréal à Fort-

William se faisait en canot d’écorce, et nécessitait de

nombreux et diffiales portages. : Le voyage durait

généralement six semaines.

C’est la route que suivirent pendäTt nt plus d’un siècle ‘les découvreurs, les traiteuis de pelleteries, les Bourgeois

des Compagnies du Nord-Ouest'etde la Baie d'Hudson,

et les missionnaires.

Pour que ce ivre voit plus complet, il nous semble :

nécessaire d'esquisser ‘ici à grands traits les “faits historiques les plus importants des origines du Nord- Ouest Canadien, .

L'ère des voyages et des, découvertes qui remonte au quinzième siècle n’est pas encore, à proprement ‘parler, définitivement close. Mais il ne reste plus guère de terres ni de mers à découvrir, ét nous commencons à trouver notre planète trop petite.

Il est curieux de voir comment les peuples se sont

successivement engagés dans cette voie ouverte à

l'activité humaine, et y ont laissé desstraces plus ou moins profondes.

Les Portugais ont été les premiers, et les Espagnols

les ont suivis, © Au seizième et-au dix-septième siècle les Français se sont faits voyageurs et découvreurs; et les Anglais ont marché sur leurs traces. Tous étaient

poussés dans la mème direction — vers l'Ouest, Tous, depuis Christophe Colomb, cherchaient un passage vers les Indes et la Chine, et tous venaient se heurter aux côtes de l'Amérique, jetée comme une immense barrière d’un pôle à l’autre, |

Mais alors il fallait franchir ce vaste continent, dont on ignorait l'étendue, et l’on espérait y parvenir en remontant les fleuves qui. venaient se jeter dans l’Atlan- : tique,

La Salle croyait si bien trouver le passage tant cherché en remontañt le fleuve Saint-Laurent que le nom de Lachine : ae donné à son, point de départ; et pendant que les F rançais s ‘avançaient dans cette direction à travers les terrès, les Anglais tentaient de s'ouvrir une issue par le Nord; set les Hudson, les Davis, les Baffin, les James, les Frobisher faisaient d'importantes découvertes dans l'Océan Glacial. |

Mais le Far-West avait des dimensions bien plus étendues qu'on ne le” soupconnait, et l’on avait beau “Elargir le champ des découvertes, l'on n’arrivait pas à

" la Chine, ni mêmé à l'Océan Pacifique.

‘ Dans l'Amérique du Nord, la France a précédé l'Angleterre presque partout dans la prise de possession de ces immenses - contrées qui s'étendent de la Baie d'Hudson au golfe du Mexique. |

C’est-par des F rantais que le Mississipi fut découvert

et exploré ; et quand le prince Rupert se fit concéder

“aux bords de la Baie d'Hudson le territoire qui porte son nom, il y avait-plus d’un demi-siècle que la Compagnie de 1 Nouvelle-France avait obtenu du roi Louis XIII la concession des mêmes terres.

En 1671, l’Intendant de la Nouvelle-France y envoyait un délégué, M. Daumont de Saint-Lusson, pour prendre solennellement possession des immènses pays du Far-West, et la cérémonie s’y fit au Sault Sainte- Marie avec une grande pompe.

L'ér minent/tuteur des Canadiens de l'Ouest, M. le sénateur Jos. Tassé, en cite Îe- procès-verbal. qui est une pièce curieuse. Plus de deux mille sauvages “ tous habitants des terres du Nord et proches de la mer ? s’y étaient rassemblés. pour attester leur allégeance au roi de France. Après avoir planté une croix et arboré les armes de la France, le délégué déclara par trois fois, à haute voix, «u nom du trè8-haut, ti ès-puissant et très rédouté : monarque Louis Y TVème du nom, très chrétien, 0 0y de. France et de Navarre, prendre possession de toutes les: terres et rivières et des lacs et fleuves de ce pays, qui se borne d'un côté aux mers du Nord et de l'Ouest et” de l'autre côté à la mer duc Sud, tevant à chaque fois wn gazon de terre, en criant “ Vive le Roy”, cf le Juisunt crier à toute l'assemblée tant Française que sauvage. F

‘En 1731, Gauthier Varennes de La Vérandrye. allait explorer cette région tourmentée ct presque inaccessible

fo,

qui s'étend au nord du lac Supérieur ; et en quelques années il jetait les fondements de nombreux forts, échelonnés aux ras des lacs et des rivières, depuis les lacs Nepigon et Supérieur jusqu'aux prairies baignées par l'Assiniboine, la Saskatchewan, et les grands lacs Mani- : toba et Winnipeg. ‘ = 7 De son côté, la Compagnie de la Baie d'Hudson avait établi ses comptoirs au fond de la Baie Jamés, et elle prétendait bien accaparer le cominerce des pelleteries de l'Ouest, Les deux puissances marchaïent ainsi à la conquête de ce que nous appelons aujourd’hui le Manitoba et les territoires du Nord-Ouest, les Français, par la voie des grands Lacs, et les Anglais prie mer du Nord. Mais Ja cession du Canada à l’Angletérre vint porter un coup. “mortel aux agrandissements des fondations françaises . dans l'Ouest. Fo | SO à .: # La conquête, dit M. Masson dans son bel ouvrage “ Les Bourgeois de la Compagnie du Nord-Ouest: ”. devait nécessairementramener de gränds changements dans la traite dei bu ys-d'en-Haut. Les privilèges, les. moñépoles, incofipatibles : avec les idées nouvelles, dis- - . parurent graduellement ; les postes militaires et de: | trafic furent abandonnés, et les anciens Bourgeois ou commandants ruinés Jaissèrent le pays. Les traiteurs. anglais, qui voulurent. marcher sur leurs traces, ne connaissaient ni le pays, ni les indigènes, qui leur

étaient antipathiques ; et ces derniers, ne trouvant plus de débouchés du côté du Canada pour leurs pelleteries, se dirigèrent vers la Baie d'Hudson.

Un grand nombre de coureurs de bois, qui regrettaient la bonhomie ‘et la familiarité de leurs anciens

“maitres, et ne pouvaient se faire aux manières. plus:

rudes et'aux idées plus sévères et plus pratiques ‘des

nouveaux venus, les y suivirent ou se dispersèrent ‘parmi les différentes tribus. Les relations avec le

* Canada furent interrompues ; et, après quelques anuées

il ne resta plus dans le ‘Nord-Ouest que de rares vestiges de l'influence eivilisatrice de l'añcien récime.”

Cependant la traite :des velleterics était un champ trop avantageux our être abflnué, et bientôt un Angläs, qui est devenu. &lèbté, M. Henry, s'aventura sur les traces qu ‘avaient laishées les voyageurs francais. Il éprouva d'abord bien des revers et des mésaventures. Mais il forma ensuite avec un Canadien-Français — J. B. Cadotte — une société qui prospéra remarquable ient,

Les frères Frobisher et Peter Pond devinrent plus —<ard leurs associés, et de nouveaux succès couronnèrent leurs efforts.

Ils étendirent leur commerce jusqu'aux postes’ les plus éloignés que les Français avaient fondés sous l'ancien régime, et atteignirent enfin la fameuse région d'Athabaska, qui fut l’emporium-du-N ord-Ouest. -

C'est ainsi qu'ils devinrent, en 1784, les organisa-

teurs de la Compagniie du Nord-Ouest,-qui a été très

| puissante, et qui a compté parmi ses membres. des

hommes remarquables. Puisque nous allons. traverser

le théâtre de leurs‘exploits, il convient de e rappeler i ici leur souvenir, ° «

Un des plus celèbres Bourgeois du Nord- Ouest fut

Alexandre MacKenzie. Jeune encore, mais. plein de

courage, et d’un caractère àvéntureux, il avait la passion |

des voyages et des découvertes. Dès son arrivée dans les Pays-d’en-Huut, il avait faitle rêve de découvrir ce fameux passage du Nord que l’on cherchait depuis longtemps et-d’atteindre l'Océan Glacial.

C'était un projet des plus audacienx, et dont il était

possible de prévoir toutes les difficultés et les dangers.

- Les sauvages, "qui prétendaient connaître le pays, assuraient que plusieurs hivers passeraient avant qu'il pât atteindre l'Océan, et qu'à son retour ses cheveux auraient blanchi, Ils ajoutaient qu'aux bords d’une grande rivière qui coulait vers le Nord, il rencontrerait une race d’enthropophages pour lesquels il serait un mets succulent.

Le froid, la. faim, des navigations pleines de périls, des

solitudes immenses, des forêts presque impénétrables, et mille autres dangers étaient à redouter.

Mais rien ne put arrêter le hardi voyageur et ses

| intrépides compagnons, dont quatre étaient Canadiens-

français et un Allemand. Leur expédition ne dura

" dre

: guère plus”de trois mois, eë fut couronnée d'un plein 7 -éuccès. Ils découvrirent le grand fleuve qui porte aujourd'hui à nom de son. découvreur, et le parcoururent jusqu'à l'Océan Glaciak C'étaiten 1789, D Ce préntier succès ne put satisfaire les aspirations de l’ambitieux Bourgeois, etc'est lOcéan Pacifique qu'il L - voulait maintenant atteindre, La nouvelle entreprise était: : plus difticile encore et son organisation fut pleine d’embarras, ais l'énergique volonté de Mackenzie triompha de tous les obstables, et le 9 mai 1793 il s’embarquait sur la rivière à la Paix, en route; pour la Mer d'Ivoire, I] avait avec lui six voyageurs Cahadiens-français, deux ‘sauvages et ur Anglais Après des périls et des fatigues sans nombre, dans les. Montagnes Rocheuses; ils durent .

abandonner leur canot, et s'aventurer à pied au milieu

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