‹ De quelques anomalies du siège de la douleur dans les appendicitesChapitre 14 sur 27 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(René Bloch, Presse Médicale, mars 1927)

Marcel M, 27 ans, est vu le 16 juillet 1925, pour une crise abdominale aiguë.

Son médecin le soigne depuis 48 heures par la diète et la glace sur le ventre. Le sujet, jusque-là bien portant, n’a pas d’autre antécédent intéressant qu’une crise analogue mais passagère, 2 mois plus tôt et pour laquelle il n’a pas consulté.

Il y a trois jours, il a été pris d’une douleur intense de la fosse iliaque gauche, avec vomissements alimentaires et bilieux, et poussée thermique à 39°.

24 heures après, il appelle son médecin: à ce moment, la palpation n’est pas très douloureuse, le maximum est dans la fosse iliaque gauche. La glace fait disparaître ces phénomènes, mais le troisième jour, survient une nouvelle crise douloureuse avec 38°3.

C’est alors que nous voyons le malade.

A l’examen, la fosse iliaque droite est absolument indolore et dépressible, tandis qu’à gauche existe une douleur très nette à la palpation, douleur dont le maximum siège au-dessous et en-dedans du milieu de la fosse

els à nn iliaque. De plus, le long de l’arcade crurale, on sent le côlon iléo-pelvien distendu. Pas d’empâtement, le pouls est à 90 et le malade nauséeux a une selle bien moulée.

Nous pensons à une sigmoïdite aiguë, mais la réaction manifeste du péritoine nous incite à une intervention pratiquée le lendemain matin.

Après une incision médiane sous-ombilicale, nous portant à gauche, nous trouvons un côlon sigmoïde distendu et rosé dont le méso est plissé et ridé.

En relevant la partie terminale de l’anse qui recouvre le Douglas, on voit un appendice transversal très long, dont la pointe rouge et renflée en massue adhère à la partie supéro-gauche du rectum et d’où rayonnent les brides du méso-côlon pelvien.

L’appendice est réséqué ; il a une longueur démesurée ; sa pointe seule est malade.

Guérison.

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