INTRODUCTION
Il pourrait paraître osé de vouloir parler encore de l’appendicite. Cependant, la « grande maladie abdominmale » de Dieulafoy, garde toujours un intérêt pratique considérable pour de multiples raisons :
1° sa fréquence ;
2° le grand nombre et la gravité possible de ses complications ;
3° les difficultés parfois sérieuses de son diagnostic
4° l'importance de son diagnostic pour l’application de son seul traitement : l'intervention chirurgicale.
En outre, les quelques observations personnelles que nous voulons présenter nous semblent intéressantes. Il s’agit, en effet, d'anomalies, et l'étude des anomalies est toujours intéressante. Leur connaissance peut rendre service aux cliniciens qui ont souvent de grandes difficultés à mettre au point certains diagnostics. C’est dans ce sens, que notre étude ne nous semble pas devoir être inutile. Les formes cliniques de l’appendicite sont nombreuses. Beaucoup
sont déjà bien connues : pelviennes, rétro-cœcales, sous-hépatiques (Celles dont nous voulons parler représentent de véritables anomalies du siège de la douleur, sans anomalies anatomiques. Dès maintenant, nous les classerons en :
a) Iliaques gauches ;
b) Epigastriques ;
c) Herniaires, que nous ne ferons que citer; leur diagnostic étant invariablement de hernie étranglée, et le contenu du sac ne pouvant être que découverte opératoire.
«De l’ombilic au fond du Douglas, d’une épine iliaque à l’autre, l’appendice peut être partout.» {Mondor.)
Bien que la situation anatomique de l’appendice et du cœcum n’ait rien d’anormal dans notre étude, la localisation primitive ou permanente des signes douloureux, coïncidant avec l’indolence de la fosse iliaque droite, peut conduire à des erreurs de diagnostic, en tous cas à des hésitations qui, dans de trop nombreuses circonstances, peuvent être préjudiciables aux malades.
Un jeune homme de 23 ans, vu par Routier, ne souffrit que du côté gauche, dans l’hypocondre gauche ; l’exploration du côté droit était toujours négative. Jamais on ne pensa à l’appendicite ; il mourut de péritonite généralisée par perforation appendiculaire vérifiée à l’autopsie. :
C’est aussi l’autopsie qui instruisit Fowler de la cause de la mort d’une jeune femme de 25 ans ; la
douleur à gauche avait fait dire : colique. L’appendice était situé à gauche de la ligne médiane et perforé.
Après un court rappel anatomique, suivi d’un chapitre sur le diagnostic différentiel, nous présenterons des faits cliniques, dont nous essaierons de tirer
quelques conclusions pratiques.
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