‹ De Quelques Cas d'Anesthésie Généralisée Dans l'HystérieChapitre 12 sur 17 · C. Le · texte numérisé non relu

C. Le

Pre recte ne soit venu établir la chose,que la muqueuse stomacale a perdu la sensibilité spéciale qu'elle possède normalement. Cette sensibilité obtuse et cependant existante, est sans doute une sensibilité de contact et traduit la plénitude ou la vacuité de l'estomac. Nos malades mangent peu et sont tous anorexiques. Or, dans les deux cas où la mort à été le terme ultime de la maladie, l’autopsie faite, en même temps qu’elle révélait l'absence absolue de lésions nerveuses tant centrales que périphériques, constatait une anémie profonde de tous les organes et des ‘roubles d’inanition. Peul-être à côté des causes générales de la déchéance de l’organisme, faut-il donner une grande importance à cette insensibilité des muqueuses linguale, buccale, pharyngienne et stomacale ; et si la dénutrition est si active, n’y a-t-il pas lieu de rattacher surtout l’inappétence des malades, leur oubli de la faim et de la soif à ce fait que le boire et le manger ne s’accompagnent plus pour eux d’aucune sensation agréable, ou seulement organique et vitale ?

L'anesthésie, avons-nous dit, a gagné toutes les muqueuses ; 1] nous faut cependant restreindre un peu la généralité trop absolue de cette règle ; nous avons vu, en effet (Obs. VI), que la conjonctive seule ne perdait pas toujours sa sensibilité, alors que chez ce même malade de l’obs. VI, le canal de l’urèthre reste insensible au passage de la sonde. | Par contre, dans presque tous les cas observés,

nous avons pu relater une lésion, d'un genre un peu différent, quoique de même nature: {ous nos sujets ont de l’amaurose unilatérale ; observation précieuse par le renseignement qu’elle nous donne sur l’état de sensibilité de la rétine.

Ce n’est pas ici le lieu de nous étendre longuement sur les autres (troubles de la fonction visuelle que nous avons constatés chez la plupart des malades. Tous ont à un degré divers de la dyschromatopsie, de la polyopie monoculaire, de la mieromegalopsie. Ces lésions, comme d’ailleurs l’amaurose, rentrent dans la grande classe des stigmates hystériques, et ne nous intéressent ici que d’une facon secondaire.

Tout différemment, comme nous l'avons fait pour l’amaurose, nous croyons pouvoir avec quelque raison rattacher à l’anesthésie sensorielle les troubles olfactifs dont chacun de nos sujets est atteint ; les uns n’ont qu’une diminution notable de l’odorat : chez les autres, l’anosmie est complète. Nous en dirons autant de l’ouie: dans certains cas le sens audilif persiste aux deux oreilles, mais nettement émoussé ; dans d’autres, il y a hémisurdité.

B) Troubles moteurs. — Les troubles moteurs ne sont pas moins intenses. Le sens musculaire est aboli et presque toujours totalement. La conscience du muscle qui se contracte, qui se déplace

HET ER ou qui résiste, n’exisle plus. Il n’y a pas paralysie toutefois, et les mouvements volontaires sont toujours possibles ; mais ils sont mal assurés, et il leur faut le contrôle de la vue ou de l'oreille pour permettre leur coordination ou leur adaplation au but proposé. La malade de M. Raymond (0bs. V) peut écrire encore, mais il faut qu’elle contrôle avec ses yeux la position précise de ses doigts, et elle ne se rend compte que par la sensation visuelle de la ligne tracée, du moment où la plume touche le papier : tel autre pour marcher (Obs. IT) est obligé de s'assurer par la vue de la position de ses pieds et du mouvement de ses jambes. Pour d’autres actes mécaniques, c’est l'oreille seule qui est devenue la régulatrice et la dispensatrice des mouvements nécessaires ; ce que la vue fait pour les muscles placés sous son contrôle immédiat, l'oreille le fait pour les organes qui peuvent êlre surveillés par elle: on disait au malade de Heyne de compter tout haut 1, 2, 8, etc. à chaque inclinaison de lête faite devant lui, il complait normalement et distinctement; mais si, au nombre 5 par exemple, on lui bouchait les oreilles, 11 s’arrêlait et ne ‘proférait plus de sons perceplib'es, croyant cependant qu'il continuait à compter. En effet, quand on lui débouchait les oreilles à la 10° inclinaison de tête, il recommençait à compter à voix haute 11, 12, 13, etc.

Les exemples que nous avons choisis sont, nous

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l'espérons, assez caractéristiques, pour laisser voir de quelle façon grave et profonde l’anesthésie généralisée compron et les fonctions de relation du sujet atteint. Car, comme l'ont fait nos maîtres, nous ratlacherons tous ces troubles de la motilité à l’anesthésie profonde, dont nous les considérons comme une manifestation. Et ceci nous permettra de les disunguer d’autres troubles moteurs que nous avons observés aussi chez nos malades, tels que les tremblements parliels, les paralysies parüelles et les parésies. Parmi ceux-ci nous rangerons le cas, unique d’ailleurs, d’aphonie complète que nous avons relevé dans l'observation IV : l’examen laryngoscopique en a montré la cause : elle était due à une incomplète juxtaposition des cordes vocales dans les efforts de phonation. Nous n'avons pas à discuter ici la nature de ces symptômes ; comme les troubles mentaux, amnésie, aboulie, hébétude, etc., que présentent les malades à des degrés divers, ils rentrent dans la symptomatologie banale de l’hystérie ; et nous sortirions des limites de notre cadre en nous y arrêtant plus longuement.

ETIOLOGIE

Le petit nombre des cas observés fait que l’étiologie dé l'affection est confuse. Nous ne pouvons sœuère que la résumer dans le tableau suivant :

A) Etiologie générale :

Fréquence : rare (8 cas).

Age : variable (7 adultes, un adolescent de 15 ans).

Sexe : masculin 6 fois ; féminin 2 fois.

B) Eüologie spéciale :

Causes prédisposantes : toutes celles qui prédisposent à l’hystérie ; hérédité nerveuse ; antécédents nerveux familiaux ou personnels. Maladies infecticuses : paludisme (Obs. IT), fièvre typhoïde (Obs. IT et VD, grossesses répétées (Obs. IV), grands chagrins et intoxication saturnine (Observation VIIT.

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Causes déterminantes : l’anesthésie généralisée apparaît soit seule et subitement (Obs. VIF), soit lentement et en même temps que d’autres symptômes hystériques ; mais nous ne savons rien sur la nature ou la qualité de l'agent provocateur qui donne ce caractère spécial à la forme par laquelle se manifeste la grande névrose.

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